Arbres et arbustes

  • A propos du Houx (Ilex aquifolium) ...

    Parmi les plantes évoquant à nos yeux les fêtes de fin d'année, le Houx figure en bonne place à côté du gui (Viscum album), du "sapin", qui est en fait l'épicéa commun (Picea abies), et, aujourd'hui, du sapin de Nordmann (Abies nordmanniana), originaire des montagnes du Caucase. Son emploi fréquent dans les parcs et jardins comme plante ornementale (différentes variétés sont cultivées) fait oublier que cette espèce vit à l'état indigène dans nos régions où elle est apparue au Tertiaire (1) !

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, Novembre 2011.

     

    Le Houx, relique d'une flore thermophile du Tertiaire.

    Sur le territoire qui forme aujourd'hui l'Europe occidentale, la végétation de l'Eocène (2) (plus ou moins 50 millions d'années) a un caractère tropical. Le climat y est à la fois chaud et humide. Mais, la présence de restes fossiles de Juglandacée (Famille de notre noyer) et de Fagacée (Famille de nos hêtres et chênes) dans les shistes bitumeux de Messel, dans la région de Darmstadt (Allemagne), amène à nuancer le caractère tropical de cette époque. Il faut donc supposer l'existence probable de saisons bien marquées (J.-Cl. Gall, 1994). De plus en plus apparaissent les ancêtres de nos forêts actuelles alors mélangées à tout un cortège de plantes tropicales. C'est l'apogée de la forêt européenne qui ne retrouvera jamais une telle densité ni une telle luxuriance. Au Miocène (3) (plus ou moins 25 millions d'années) s'amorce un refroidissement général de l'hémisphère boréal. Les espèces tropicales abandonnent notre aire européenne et descendent vers le sud où elles resteront. Certaines espèces appartenant à des Familles vivant aujourd'hui dans les régions chaudes n'ont cependant pas émigré: c'est le cas notamment du houx. Dans un livre magnifique consacré aux plantes fossiles d'Australie, Mary E. White nous indique que le premier pollen fossile d'Angiosperme recensé jusqu'à maintenant sur ce continent est celui du Genre Ilex, membre des Aquifoliacées (Famille des Houx) du Crétacé (4), soit plus ou moins 66 millions d'années !

    (1) L'ère Tertiaire ou Cénozoïque, d'une durée de 65 millions d'années environ, précède l'ère Quaternaire. Elle est subdivisée en Paléocène, Eocène, Oligocène, Miocène et Pliocène. C'est l'Age des mammifères, avec l'expansion des primates et des singes dans les milieux forestiers tropicaux. Cette ère se termine avec les Ages glaciaires qui réduisent la biodiversité de nombreuses lignées.

    (2) L'Eocène, système de l'ère Tertiaire, est marqué par la diversification des mammifères et le début de la formation des Alpes.

     

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    Notharctus, primate arboricole de l'Eocène.

    Photo: Fr. Hela, Institut Royal des Sciences Naturelles à Bruxelles, Novembre 2010.

    (3) Le Miocène, troisième système de l'ère Tertiaire, entre l'Oligocène et le Pliocène, voit l'apparition des mammifères évolués (singes, ruminants, mastodontes, ...)

    (4) Le Crétacé, système de l'ère Secondaire ou Mézozoïque, s'étend de 135 à 65 millions d'années. Ce système est nommé ainsi d'après le latin creta, "craie", se référant aux vastes dépôts crayeux marins datant de cette époque et présents en grande quantité dans certains  sous-sols de l'Europe. C'est à cette période que se développent, entre autres, les plantes à fleurs (Angiospermes). Datant de cette époque, les fossiles les plus célèbres, trouvés chez nous, sont les Iguanodons de Bernissart ainsi que deux reptiles marins: le Hainausure du bassin de Mons et le Mosasaure de Hesbaye. Le Crétacé se termine avec la disparition des dinosaures et de nombreuses formes de vie.

     

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    Tête d'un iguanodon de Bernissart (Iguanodon bernissartensis) datant du Crétacé inférieur (110 à 135 millions d'années).

    Photo: Fr. Hela, Institut Royal des Sciences Naturelles à Bruxelles, Novembre 2010.

     

    Un peu d'étymologie

    Quelle est la signification du nom scientifique de houx ? "Ilex" est le nom latin de l'Yeuse ou chêne vert (Quercus ilex), espèce méridionale dont les feuilles sont aussi coriaces, brillantes, persistantes et dentées.

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    Feuilles et fruits du Chêne vert ou Yeuse (Quercus ilex)

     

    Le terme "aquifolium" vient du latin "acus", aiguille et de "folium", feuille, c'est-à-dire à feuilles piquantes. Quant au mot "houx", il proviendrait du francique "hulis" et, d'après Jacques Brosse, il a donné le verbe houspiller (maltraiter, tourmenter), primitivement "houspigner" signifiant peigner avec un rameau de houx. Selon Michel Carmanne, son nom: "hu", puis "hou" et enfin "houx", vient également du francique, langue des Francs, occupants de la Gaule où le houx ("kelen") était connu et utilisé depuis longtemps. En wallon, toujours suivant cet auteur, on le nomme "hou" à Liège, "hu" à Verviers et à Spa, "heû" à Jalhay et "heûz'rê" à Sart ou Solwaster. Le terme "heûzi" de la région de stavelot  a donné "Heusy" qui, originellement  devait  compter de nombreux houx. En serait-il ainsi pour Houx-sur-Meuse ?

     

    Répartition du Houx en Belgique et écologie

    Le houx est une espèce de type océanique qui recherche des conditions d'humidité atmosphériques favorables. Il résiste plutôt mal aux fortes gelées tardives, ce qui explique son absence dans la partie orientale de l'Ardenne. Il croît en forêt, dans les hêtraies et chênaies, mais aussi dans les clairières semi-ombragées et les haies, sur des sols généralement acides. Dans la Forêt domaniale de Tricointe (Yvoir), on peut trouver de beaux sujets en sous-bois. En Belgique, sa distribution est plus importante au sud du sillon Sambre et Meuse.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Forêt domaniale de Tricointe), Mars 2011.

     

    Caractéristiques de l'espèce

    De l'Ordre des Celastrales, avec les Fusains (Célastracées), le houx fait partie des Aquifoliacées, Famille qui comprend environ 450 espèces dans le monde. Dans nos régions, il est l'unique espèce indigène. C'est un arbuste à croissance lente d'environ dix centimètres par an. Néanmoins, il atteint parfois la taille respectable d'une dizaine de mètres et dépasse rarement l'âge de trois cents ans. Ses feuilles persistent durant deux ans, tombent le plus souvent en début d'été de leur troisième année, ce qui permet à la plante de réaliser une économie énergétique non négligeable. Souvent, les branches inférieures portent des feuilles très épineuses tandis que plus haut, celles-ci perdent progressivement leurs dents piquantes au profit d'un limbe au bord lisse. 

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Octobre 2010.

    Ce phénomène appelé "hétérophyllie" est probablement une adaptation de défense contre les herbivores, les feuilles étant piquantes et rébarbatives dans la partie de la plante accessible aux animaux.

    Les fleurs, apparaissant en mai ou juin, sont petites, parfumées, de couleur blanc rosé, groupées en petits bouquets.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Juin 2011.

    En les observant, on remarque que les étamines sont stériles ou que le pistil est atrophié dans toutes les fleurs d'un même pied.

     

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    B: Fleurs unisexuées du houx. En haut, fleur femelle dont le pistil est fonctionnel et dont les étamines sont atrophiées et non fonctionnelles. En bas, fleur mâle dont les étamines sont fonctionnelles. Le pistil est vestigial et non fonctionnel.

    Illustration extraite de l'ouvrage intitulé "La botanique redécouverte" par Aline Raynal-Roques, Ed. Belin 1994.

     

    Cette constatation amène à considérer le houx comme une plante dioïque (fleurs mâles et femelles sont distinctes sur des pieds différents. Le fruit est une drupe à quatre noyaux (contenant généralement une seule graine), rouge écarlate et mûrissant à la fin de l'automne.

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, Novembre 2011.

    Lors d'hiver doux, les fruits persistent jusqu'au printemps suivant. Ils peuvent tomber si l'hiver est trop rude ou être avalés par les oiseaux qui apprécient leur pulpe charnue et favorisent ainsi la dispersion de l'espèce.

     

    Le bois du Houx et son utilisation

    Le bois du houx est homogène avec des cernes peu visibles. Il a une couleur blanc nacré et est assez lourd. Les tourneurs et sculpteurs de "petits bois" l'ont toujours recherché. Les marqueteries, les jeux d'échecs sont des exemples de son utilisation. D'après certains auteurs, on en faisait les cannes, les manches d'outils, les barreaux d'échelles et, de ses baguettes tressées, des battoirs à linge. Ces baguettes, les "houssines" servirent aussi de fouets à chevaux. Dès le XVe siècle, les brosses à balayer de houx se nommaient "houssoirs". De là, naquit l'expression "houspigner" (peigner avec un balais) qui devint "houspiller". Le cambium et le liber entraient dans la préparation de la glu. L'ilixanthine présente dans l'écorce fournissait une belle teinture jaune. Pour éviter les maléfices des sorcières, à qui le bois de houx fait le plus grand mal, les charretiers ne manquaient jamais, lors de la construction d'un char, de réserver une broche ou un rai qui était taillé en bois de houx et protégeait l'attelage.

     

    Traditions

    Il y a longtemps que le houx est associé aux fêtes, qu'elles soient religieuses ou païennes. Le feuillage et les fruits du Houx, nous dit Jacques Brosse, ont depuis la plus haute Antiquité symbolisé la persistance de la vie végétale au coeur même de l'hiver. Pour les Romains, il était associé aux Saturnales qui avait lieu en janvier. Les tribus germaniques célébraient les esprits sylvestres, à l'entrée de l'hiver, en parant leurs habitations de branches de houx. Cet usage a persisté particulièrement dans les pays anglo-saxons, le houx y jouant un rôle important dans la décoration de Noël. Au Moyen âge déjà, comme de nos jours, les tables des logis en fête étaient agrémentées de couronnes et de guirlandes aux fruits vermeils. nfin, jusqu'à la fin du XIXe siècle, dans diverses régions, on reconnaissait, paraît-il, un estaminet au bouquet de houx pendu à son enseigne.

     

    Autres utilisations et plante médicinale

    D'après Michel Carmanne, au XIXe siècle, lorsque le café était à la fois fort prisé et très cher, on torréfia les feuilles de houx pour en obtenir un breuvage qui n'eut qu'un succès fort relatif... L'inspiration venait peut-être du Paraguay. En effet, les feuilles d'un houx du Paraguay ou maté (Ilex paraguariensis), contenant de la caféine, fournissent une infusion, le maté, très apprécié dans tous les pays d'Amérique latine. Cette espèce de houx croît également au Brésil et en Argentine.

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    Le maté (Ilex paraguariensis)

    Les fruits du houx sont violemment purgatifs et peuvent même provoquer des nausées et des vomissements. On se servait autrefois de ses feuilles, qui contiennent un principe actif amer, l'ilicine, car elles étaient diurétiques, fébrifuges et résolutives contre la bronchite chronique, les rhumatismes et l'arthrite. De plus, la théobromine, présente aussi dans les feuilles, a une action sur le coeur.

     

    Incroyable ce que l'on peut raconter à propos de cette espèce et nous n'avons sûrement pas fait le tour de la question ! En tous cas, le houx est, dans la haie, le sous-bois, un milieu de vie à privilégier. Ses fleurs sont nectarifères; il attire bon nombre d'insectes butineurs et particulièrement les abeilles. Ses drupes, toxiques pour l'homme, constituent une alimentation recherchée par le merle noir, les grives et autres frugivores. Au printemps, les oiseaux sont bien à l'abri dans son feuillage impénétrable et, plus tard, il demeure un refuge de choix pour les hivernants. Les paysans "d'avant les barbelés" plantaient le houx dans les haies pour les rendre plus efficaces, plus dissuasives. Une haie, avec quelques houx, au feuillage vert brillant portant des fruits écarlates, est une véritable merveille. Qu'on se le dise !

     

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    Ouvrages consultés pour la réalisation de cette note.

    Brosse J., "Larousse des arbres et arbustes", Ed. Larousse 2001.

    Brosse J., "Les arbres de France", Ed. Christian De Bartillat 1990.

    Brosse J., "Mythologie des arbres", Ed. Payot et Rivages 1993.

    Carmanne M., "Petites histoires des arbres et arbustes de chez nous", Ed. nos r'prindans rècène 1993.

    Couplan Fr., "Dictionnaire étymologique de botanique", Ed. Delachaux&Niestlé 2000.

    Gall J.-Cl., "Paléoécologie: paysages et environnements disparus" Ed. Masson 1994.

    Lambinon J., Delvosalle L. et Duvigneaud J., "Nouvelle Flore de la Belgique, du Grand-Duché de Luxembourg, du Nord de la France et des régions voisines", Ed. Patrimoine du Jardin botanique national de Belgique Cinquième édition 2004.

    Noirfalise A., "Forêts et stations forestières en Belgique", Ed. Les presses agronomiques de Gembloux 1984.

    Rameau J.-C. etal., "Flore forestière française" Tome 1. Plaines et Collines, Ed. Institut pour le développement forestier 1989.

    White Mary E., "L'odyssée des plantes: du Gondwana à l'Australie, 400 millions d'années d'évolution", Ed. Flammariuon 1988.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Le Néflier (Mespilus germanica), un arbuste qui n'est pas si rare dans notre région.

    Dans le texte, les chiffres entre parenthèses invitent le lecteur à prendre connaissance des informations complémentaires, en fin de note.

     

    Le néflier (1) se rencontre çà et là dans les haies, les fourrés et en lisière, souvent bien exposée, de certaines zones boisées. Parfois, on le trouve aussi près des villages, à l'emplacement d'anciens vergers. C'est une espèce méditerranéo-atlantique. Il serait réparti naturellement dans les Balkans ainsi qu'au Proche-Orient. Il est présent en Europe méridionale et orientale ainsi que dans le Sud-Ouest de l'Asie. En Europe occidentale et médiane, il est considéré, par certains auteurs, comme une relique d'anciennes cultures.

     

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, 17 Novembre 2011.

     

    Pour A. Noirfalise (1984), le néflier est lié à la chênaie sessiflore à luzule blanche (Luzulo-Quercetum) avec climat atlantique marqué (ph du sol compris entre 4,5 et 5,7). Un sol sec ou à drainage ralenti peut lui convenir. Il supporte un faible ombrage. Dans notre région, la chênaie sessiflore à luzule blanche peut constituer, par endroits, la forêt semi-naturelle sur les terrains gréseux ou gréso-schisteux, sur des sols superficiels, caillouteux et secs. Cette formation forestière est assez répandue dans les forêts rurales et communales du grand Yvoir. Le chêne rouvre ou sessile (Quercus petraea) y est souvent l'essence dominante. Le chêne pédonculé (Quercus robur)  y est irrégulièrement représenté. Celui-ci est plus abondant dans des stations plus humides, où coexistent souvent des populations hybrides des deux chênes (Quercus xrosacea). C'est aux endroits les plus lumineux ou en lisière de ces forêts qu'on a le plus de chance de rencontrer le néflier et le pommier sauvage (Malus sylvestris subsp. sylvestris). D'autres essences accompagnatrices y croissent, comme le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), le peuplier tremble (Populus tremula) ou la bourdaine (Rhamnus frangula).

     

    Arbuste à feuilles caduques, de taille modeste (2 à 4 m), le néflier croît sur des sols plus ou moins acides. Son tronc est souvent peu marqué et ses branches sont tordues, étalées, portant des épines (2). Ses grandes feuilles alternes elliptiques sont entières et duveteuses à la face inférieure. Elles ont une teinte s'approchant du vert mat.

     

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    Photo: Fr. Hela, Profondeville, Mai 2010.

     

    En mai et juin, l'extrémité de ses rameaux courts arbore de grandes et jolies fleurs blanches (3-4 cm de diamètre) à cinq pétales.

     

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    Photo: Fr. Hela, Annevoie-Rouillon, Juin 2011.

     

    Les fruits toniques et astringents, appelés nèfles, couronnés par le calice persistant, sont comestibles. Les nèfles se récoltent blettent, après les premières gelées (3).

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe: Forêt domaniale), Octobre 2011.

     

    De nos jours, on mange de moins en moins de nèfles, même à la campagne, et on ne cultive plus guère le néflier qui avait pourtant le mérite de fournir en hiver des fruits riches en tanins, mucilages et matières grasses, ainsi qu'en acide citrique et malique. Ils étaient utilisés jadis, en raison de leur astringence, pour combattre les diarrhées. On  préparait des décoctions de feuilles pour soigner les aphtes et les inflammations de la gorge (J. Brosse, 2001). Le mot nèfle, anciennement nesfle, s'écrivit d'abord mesple ou mesle selon l'étymologie. A Evrehailles, il paraît qu'il y a un lieu nommé  "terre au mespelier" ou "mesplier" (G.H. Parent,2003). Le néflier y poussait-il dans le temps ou le cultivait-on?

     

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, 29 Octobre 2011.

     

    (1) Le néflier fait partie de la Famille des Malacées (Malaceae) comme les pommiers, les poiriers, les aubépines, les sorbiers ... Les Malacées sont parfois réunies aux Rosacées (Rosaceae) avec rang de Sous-Famille.

    (2) Certains néfliers cultivés aux fruits plus gros sont inermes, c'est-à-dire sans épines.

    (3) Jadis, le néflier était cultivé pour ses fruits. On en faisait des gelées, des confitures, des pâtes de fruits, du sirop et même une petite boisson légèrement alcoolisée.

     

     

     

     

     

  • Merveille de la nature: les fruits du fusain (Euonymus europaeus)

    Rouge orangé, rouge vermillon, noir luisant ou bleutés, les fruits sauvages parent à l'arrière saison, les haies et buissons de nos campagnes et lisières forestières. La profusion cette année de prunelles, mûres, cenelles des aubépines, sorbes du sorbier des oiseleurs, drupes des sureaux ou cornouilles, ... attirent le regard du promeneur. Avant de fermer notre porte et d'allumer notre feu, allons encore par les sentiers et le long des haies de notre entité pour y cueillir quelques impressions colorées de fin d'été ou d'automne. Voici les fruits du fusain nommé aussi "bonnet carré", "bonnet de prêtre ou d'évêque" et encore "bois carré", ... les petites fleurs régulières blanc verdâtre d'un centimètre de diamètre de ces arbustes sont passées inaperçues en avril et mai, mais les fruits à la curieuse allure surprennent à la fin de la belle saison. Sur les rameaux aux feuilles jaunissantes, on peut voir des lanternes carrées en grand nombre qui sont à l'origine du nom populaire évocateur de "bonnet de prêtre", du temps où nos ecclésiastiques portaient la barrette ! Ce sont, en fait, de petites capsules à quatre loges rose carmin qui éclatent en automne dégageant de magnifiques graines orangées luisantes, véritables merveilles de la nature.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 3 Septembre 2011.

     

    Le fusain, de la Famille des Célastracées, est souvent un arbuste de 3 à 5 mètres de haut. Les tiges sont relativement dressées, ramifiées et d'un vert mat. Elles sont presque quadrangulaires (souvent marquées de quatre crêtes blanchâtres plus ou moins liégeuses). Les rameaux d'un vert franc sont assez rigides et opposés. Les petits bourgeons verts sont appliqués contre les rameaux. Les feuilles opposées d'un vert mat sur le dessus possède un court pétiole. Le limbe de celles-ci est lancéolé (4 à 6 cm) et finement denticulé. Les petites fleurs régulières blanc verdâtre apparaissent aux mois de mai et juin.

     

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    Photo Fr. Hela, Yvoir, Juin 2011.

     

    Il s'agit d'un arbuste qui croît dans les bois, les taillis et les haies, surtout sur des sols riches mais pas exclusivement et sur un substrat contenant du calcaire (espèce calcarifère). Il préfère la pleine lumière ou des expositions moyennement ombragées. A Yvoir, il indique souvent la présence de roches clacaires dans le sous-sol, avec l'érable champêtre (Acer campestre), le cornouiller mâle (Cornus mas), le troène commun (Ligustrum vulgare), la viorne mancienne (Viburnum lantana) et le nerprun purgatif (Rhamnus cathartica).

    D'autres fusains sont cultivés pour l'ornement. C'est le cas notamment d'espèces à feuilles persistantes, originaire du Japon: Euonymus japonicus et fortunei. Une autre espèce, aux feuilles plus grandes (limbe de 8 à 16 cm) et dont les capsules sont ailées aux angles, est plantée dans les parcs et jardins ou parfois dans des haies, en alternance avec des arbustes indigènes. Il s'agit du fusain à larges feuilles (Euonymus latifolius), d'Europe méridionale et du sud-ouest de l'Asie.

     

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, Septembre 2011.

     

    Les fruits toxiques des fusains contiennent diverses substances colorantes. Les graines renferment un hétéroside cardiotonique. En Amérique du Nord, l'écorce des racines du fusain pourpre noir (Euonymus atropurpureus) est douée de propriétés purgatives et cholagogues dues à un complexe résineux peu connu dénommé l'évonymine (P. Moens, 1991).

    Carbonisé en vase clos, le bois du fusain donne un charbon de bois ferme (le fusain) très apprécié des dessinateurs. Le bois très homogène à grain extrêmement fin, jaune clair à soufré, veiné de brun au coeur, ressemble à celui du buis (Buxus sempervirens) quoique moins dense et moins dur. Celui-ci est tendre et facile à travailler: fuseaux (le mot "fusain" indique que le bois servait à tourner des fuseaux), navettes, aiguilles, marqueterie. 

     

     

     

     

     

     

  • Du jaune sur nos versants, dans nos haies et broussailles sauvages !

    Vous avez sûrement remarqué que des buissons se parent de jaune, dans la vallée de la Meuse ou ailleurs dans notre belle région. Le printemps n'est pas loin !

    Depuis le début de février, les chatons pendants de fleurs mâles des noisetiers ou coudriers (Corylus avellana) donnent une touche de jaune à nos taillis, friches, haies et coteaux rocailleux. Ceux-ci, formés en automne et passant l'hiver, bien protégés par des écailles serrées, s'ouvrent et répandent leurs pollens à tout vent.

     

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      Corylus avellana: Fleurs mâles -Photo: Fr. Hela, Yvoir, Février 2011.

     

    Les fleurs femelles, plus discrètes, présentent des inflorescences denses en forme de bourgeons d'où émergent les stigmates rouges. Il faudra pratiquement huit mois pour que,  celles-ci se transforment en noisettes bien mûres.

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    Corylus avellana: Fleur femelle, Yvoir, Février 2011 - Photo: Fr. Hela.

     

    Le noisetier est une espèce monoïque. Il porte des fleurs mâles et femelles séparées.  

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    Corylus avellana : Fruits, Yvoir, Septembre 2010 - Photo: Fr. Hela.

     

    Depuis peu, le jaune s'accentue à certains endroits, sur les versants rocheux des vallées de la Meuse et du Bocq, là où le calcaire affleure.

    Frileux, le cornouiller mâle (Cornus mas) aime les coteaux bien exposés. Très précoces, ses centaines de petites fleurs jaunes, en ombelles, apparaissent sur les rameaux encore dépourvus de feuilles.

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    Cornus mas en fleurs, Yvoir, Février 2011 - Photo: Fr. Hela.

     

    Dans les prochaines semaines, arrêtez-vous à Houx-sur-Meuse ! Contemplez alors la zone rocheuse piquetée d'arbustes surplombant le village et dominée par les ruines de Poilvache ! De haut en bas, vous découvrirez cette espèce lumineuse.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Fonds d'Ahinvaux), Mars 2010.

     

    Certains arbustes sont visibles de près et, plus particulièrement, non loin du cimetière de Houx. Des cornouillers mâles croissent aussi de part et d'autre de la carrière St Roch (Rue du Blacet et du Redeau), sur les pentes rocheuses partiellement boisées et bien exposées.

    Le cornouiller mâle aime également les haies, les bois clairs et les broussailles de notre région, généralement sur des sols riches en calcaire.

    Le choix des mots "mâle" et "mas" pour désigner cette espèce en français et en latin n'est pas judicieux. En effet, les fleurs hermaphrodites, comprennent à la fois un androcée* et un gynécée*.

    Les fruits de cette espèce sont des drupes* rouges à maturité, longues de 10 à 15 mm, rappelant l'olive. Ce sont les cornouilles !

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    Cornus mas (Fruits), Yvoir, Septembre 2010 - Photo: Fr. Hela.

     

    La pulpe tendre, sucrée et acidulée de ces fruits évoque à la fois la cerise et la framboise. On peut les consommer crus ou cuits, en confiture ou en gelée. Qu'on se le dise !

    * Androcée: Ensemble des organes mâles d'une fleur, c'est-à-dire les étamines.

    * Drupe: Fruit charnu, ne s'ouvrant pas à maturité et renfermant un ou, plus rarement, plusieurs noyaux contenant généralement une seule graine.

    * Gynécée (Syn: pistil): Ensemble des organes femelles d'une fleur, c'est-à-dire des carpelles.