• Des grosbecs casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes) à Yvoir.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Tricointe, en cette fin d'année.

    Des cris secs dont les étranges ponctuations éclatent à tout instant résonnent. D'où viennent-ils ? Levons la tête ! Tout là-haut, au sommet de cet arbre croissant à la lisière de la forêt, la silhouette massive d'un grosbec se détache dans la grisaille. Un corps trapu, une courte queue à peine échancrée, un cou costaud et une grosse tête portant un bec conique impressionnant, voilà le plus gros de nos Fringilles. Il a presque la taille d'un étourneau.

    Timide et discret à l'ordinaire, en cette saison il ne cherche pas à se dissimuler. Il aime alors les postes dominants et dégagés, particulièrement les ramures élevées à la cime de grands arbres. Son attitude dressée, presque verticale est typique.

    Cet oiseau recherche volontiers des graines protégées par une enveloppe ligneuse très dure, qu'il est seul à pouvoir briser. Les cerises, par exemple, l'intéresse pour l'amande de son noyau. Cependant, il visite aussi les ifs pour en dépecer les arilles et il prend notamment les prunelles, les cenelles de l'aubépine ou les fruits des sorbiers. Il se nourrit également de baies de guis, de cornouillers ou de houx. Les fruits secs du charme et les samares des érables ou du frêne sont très recherchés par cet oiseau particulier. Il vient de temps en temps aux mangeoires, car il apprécie les graines de tournesol. L'importance de la musculature du cou et de la tête, les proportions démesurées du bec et sa structure en disent long sur la spécialisation alimentaire de cette espèce. Paul Géroudet nous explique comment ce casseur de noyaux opère: " Les mouvements de la tête et de la langue amènent le noyau à l'arrière du palais corné, la suture dans le plan vertical médian du bec. Une pression rapide des mandibules sépare les deux moitiés de la coque, qui sont rejetées, tandis que l'amande est avalée." D'après un autre auteur, le grosbec adulte doit exercer alors une force d'écrasement d'environ 45 kg, force uniquement musculaire sans appui extérieur. Cela est possible grâce au volume et à l'ossification très poussée du crâne (cinq fois plus lourd que celui du pinson), au développement des muscles très tendineux et à l'étendue de leur surface d'insertion.

    Voilà encore une curiosité de la nature qui nous surprend toujours ! 

  • Un pic mar (Dendrocopos medius) à Tricointe (Airbois), ce 29 décembre 2010.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    De la Ferme de l'Airbois, je me dirige vers le hameau de Tricointe. Sur la droite du sentier, le brouillard enveloppe progressivement le bois en pente. Des branches sombres émergent çà-et-là entre les chênes et les frênes. Quelque chose bouge sur cette branche plus claire et des tapotements irréguliers m'arrivent aux oreilles. C'est probablement une sittelle qui a l'habitude de coincer, dans des écorces rugueuses, des noisettes, des faînes ou d'autres fruits secs, afin d'en extraire, à l'aide de son bec, les éléments nutritifs. Soyons plus attentif et observons ! 

    Bien en évidence, sur une branche morte plus ou moins horizontale, un pic explore de son bec les mousses, les lichens et les anfractuosités, probablement à la recherche  de petits invertébrés. Contrairement au pic épeiche (Dendrocopos major) avec lequel il a beaucoup de ressemblance, le pic mar est un oiseau très discret et passe souvent inaperçu.  J'ai de la chance !  

    Je peux l'admirer pendant quelques minutes sans le déranger. A peu près de la taille d'un merle noir, ce pic bigarré possède une calotte rouge sur l'entièreté de la tête. Il a de grandes joues blanches dans lesquelles les yeux se détachent comme de sombres perles. Celles-ci ne sont pas enfermées dans un cadre noir comme chez le pic épeiche. Ses flancs sont striés de rayures foncées sur un fond blanchâtre et son bas-ventre ainsi que les sous-caudales sont teintés de rose. Cette couleur diminue progressivement en dégradé vers la poitrine. Le bec me paraît plus fin que celui du pic épeiche.

    D'après de nombreux auteurs, l'habitat typique du pic mar correspond aux forêts feuillues, dominées par les chênes d'une hauteur maximale de 15 mètres. Celles-ci sont régulièrement parsemées de gros et vieux arbres, aux troncs bien fournis en mousses et lichens, à écorces crevassées et présentant des branches mortes. Ces conditions idéales pour notre oiseau existent bien dans la forêt domaniale toute proche.

  • Une observation d'une grande aigrette (Ardea alba), le 28 décembre 2010.

    Depuis quelques années, des observations de grandes aigrettes dans les vallées de la Meuse et de ses affluents deviennent régulières en hiver.

    Aujourd'hui, l'oiseau passe en vol au-dessus de l'église et de la maison communale, au centre d'Yvoir. Je le retrouverai un peu plus tard sur les bords de la Meuse.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

  • Deux grands corbeaux (Corvus corax), à Yvoir, le 26 décembre.

    "Rrok ! ... Rrok ! ... deux croassements brefs et sourds retentissent au-dessus de la Meuse. Le grand corbeau n'est pas loin. Ils sont deux et volent assez bas pour que je puisse apprécier les détails. La taille des oiseaux est presque celle d'une buse, leurs grosses têtes se terminent par un bec massif et volumineux et les queues sont longues à l'extrémité cunéiforme. Quelles émotions cet hiver !

    Le grand corbeau est un oiseau impressionnant qui dégage une force extraordinaire. Lorsque les deux oiseaux passèrent au-dessus de ma tête, je pouvais entendre un bruissement sonore causé par les battements d'ailes puissants.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Je me souviens de mes observations de ce grand Corvidé dans les Alpes ou en bord de mer, au Pays de Galles. C'est un spectacle de le voir voler dans les zones rocheuses. Il aime tournoyer, les ailes tendues, la queue étalée et plane longuement dans les courants ascendants pour s'élever jusqu'à des hauteurs considérables. Mais le plus étonnant, ce sont ses acrobaties aussi sûres que hardies: plongées en piqué avec les ailes fermées, vrilles, chandelles, loopings et l'extraordinaire demi-tour sur lui-même qu'il exécute dans certaines de ses trajectoires planées et qui le fait glisser un instant sur le dos, les ailes déployées et le ventre en l'air !

  • Une jolie sarcelle d'hiver (Anas crecca) sur la Meuse, ce 26 décembre.

    Aujourd'hui, je décide d'affronter les amas de neige, pour suivre la rive droite de la Meuse, entre le pont d'Yvoir et celui du chemin de fer avant Houx. Ce n'est pas facile et c'est fatiguant de marcher pendant trois kilomètres dans ces conditions ! Mais, l'observation des oiseaux l'emporte sur les difficultés de terrain, c'est plus fort que moi.

    Que de récompenses pour ces efforts fournis ! Pas moins de 250 tarins des aulnes se nourrissent dans les aulnes. Certains sont si proches de moi, sur des branches basses, que je n'ose plus bouger. Un peu plus loin, 45 chardonnerets font la même chose, sans se préoccuper de ma présence. Tiens, un petit canard sur la Meuse ! Sa taille est à peu près la moitié de celle d'un canard colvert. Regardons attentivement ! Il s'agit bien d'une sarcelle d'hiver de sexe mâle. Spendide !

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net 

     

     

     

  • Un cadeau de Noël venu du Nord !

    Ce cadeau est inestimable. Personne ne peut le posséder. Il n'est pas chiffrable en Euros et il ne participe pas au développement économique. Il n'est pas un bien de consommation !

    Il est là, devant moi, blanc comme neige, grand et majestueux, le long cou bien droit portant une petite tête triangulaire où scintillent de minuscules yeux noirs. Il glisse doucement et avec noblesse sur les flots, la queue tombante, montrant de temps en temps la base de ses pieds noirs. Attentif, il tourne quelques fois la tête terminée par un bec jaune à pointe noire.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Meuse), 24-12-10.

    Un cygne chanteur (Cygnus cygnus) ! Et oui, la légende du chant du cygne n'est pas sans fondement. Ce superbe oiseau pousse des cris mélodieux aux nombreuses variations.

    Je rêve ? Non, il est bien là, en chair, en plumes et en os ! Je quitte le bord de Meuse pour me retrouver dans la taïga ou la toundra boisée, parsemée de lacs ou d'étangs entourés de forêts. C'est de ces régions qu'il provient !

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Meuse), 24-12-10.

    Pendant un temps que je ne peux estimer, je suis en Finlande, en Russie ou en Sibérie centrale. Depuis toujours, je suis fasciné par les paysages septentrionaux de l'Eurasie. Bien que je n'y suis jamais allé, ces régions m'attirent. Aurais-je eu une vie antérieure durant laquelle j'habitais ces contrées ?

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Meuse), 24-12-10.

  • Des libellules plein les yeux ! (Première note).

    De juin à septembre, j'ai passé de longues heures à observer les libellules des petits plans d'eau, au Domaine d'Ahinvaux, mais aussi sur les rives du bocq et le long de la Meuse. En vols imprévisibles, perchés un instant sur un caillou, sur un piquet de clôture, sur les plantes herbacées et les branches ou, simplement, posés au milieu d'un sentier pour disparaître soudainement, ces insectes me fascinent. Voir le corps chatoyant, étincelant comme l'émeraude, le saphir ou le rubis, des libellules, c'est une véritable cadeau et une féerie pour les yeux!

    Les libellules constituent un très ancien groupe d'insectes. Connues à l'état fossile, certaines atteignaient jusqu'à septante centimètres d'envergure! Elles colonisaient déjà, il y a 250 millions d'années, les immenses marécages riches en fougères et prêles géantes du Carbonifère.

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    Toute l'existence des libellules est liée aux lieux humides. Les larves vivent parfois des années dans l'eau avant leur métamorphose en insecte parfait. Beaucoup d'espèces ne se développent que dans des types de milieux bien précis, d'autres, par contre, sont peu exigeantes.

    Les libellules sont des êtres magnifiques. Prendre le temps de les observer, c'est participer aux merveilles du monde vivant !

    Voici quelques espèces observées en 2010. Cette note est la première et sera suivie d'autres dans les prochaines semaines.

     

    L'anax empereur (Anax imperator) est une grande libellule qui est assez répandue dans notre région, là où il y a des eaux stagnantes (étangs et mares). Il s'observe souvent sur les étangs de création récente et peut être considéré comme espèce pionnière. Il est de plus en plus présent auprès des pièces d'eau de jardins.

     

     Cette libellule me surveille-t-elle du coin de ses yeux à facettes ? 

     

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     Photo: Fr Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

     

     Je me déplace de quelques mètres pour voir ce qu'elle fait.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

     

    C'est une femelle. Elle assure la perpétuation de l'espèce, pardi !

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    Photo: Fr. Hela, Thynes (Grognaux), Juillet 2010.

     

    L'aeschne mixte (Aeshna mixta) fréquente les eaux stagnantes ou légèrement courantes, avec une végétation constituée de roseaux (Phragmites australis), de massettes (Typha sp.) et scirpes (Scirpus sp.). Elle peut voler au-dessus des mares de jardins et se rencontrer aussi loin de l'eau.

     

    Un mâle se chauffant au soleil.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Septembre 2010

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    L'accouplement ! 

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Septembre 2010.

     

    Ces deux espèces font partie de la Famille des Aeshnidae. Ce sont des Anisoptères de grande taille. Leurs yeux, très développés, se touchent suivant une droite plus ou moins longue et leurs ailes sont généralement hyalines. L'abdomen, long et cylindrique, est coloré de bleu, de vert, de jaune ou de brun sur un fond sombre; cette coloration est différente suivant les sexes. Ces grandes libellules se reproduisent principalement dans les eaux stagnantes. Elles ont un vol très puissant qui les éloigne fréquemment des milieux aquatiques. Les femelles insèrent leurs oeufs dans différents substrats, notamment dans des végétaux morts ou vivants et des morceaux de bois pourrisssants.

     

     

     

  • Quelques chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) à Yvoir.

    Des appels clairs et des cliquetis métalliques m'arrivent aux oreilles. Là, au sommet du bouleau, cinq oiseaux sont perchés. Ce sont des chardonnerets. Bariolés de rouge, de jaune, de noir et de blanc, cet oiseau alerte et remuant ressemble à un travesti de carnaval avec un masque de clown.  Sa queue est courte et son bec, effilé et robuste, est un excellent outil pour extraire aisément les graines les plus menues.

    En bord de Meuse et dans le centre d'Yvoir, quelques petites bandes circulent actuellement dans les bouleaux et les aulnes dont elles apprécient les semences. Cà-et-là, les chardonnerets se mêlent souvent aux bandes nombreuses de tarins des aulnes. Les terrains vagues et les friches à proximité du fleuve les attirent aussi. En effet, ils explorent les inflorescences sèchées des chardons et cirses, des bardanes, des armoises, des cardères, des renouées et d'autres grandes plantes adventices.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

  • Le canard chipeau (Anas strepera) sur le Bocq.

    Comme d'habitude, Je longe le bocq entre Bauche et le centre d'Yvoir. Des canards colverts, mâles et femelles, nagent paisiblement. Un peu plus loin, un autre canard attire mon attention. Il s'agit d'une femelle brune semblable à celle d'un colvert. mais quelques détails de son plumage et son attitude plus craintive éveille en moi de la curiosité.

    De forme plus fine et un peu plus petite que le femelle d'un canard colvert, cette femelle possède un bec brun foncé dont les côtés sont, de manière régulière, bien oranges. La face et le cou sont plus pâles que le reste du corps et le gris-brun des rectrices est particulier. Sur le côté de son corps apparaît un petit miroir blanc. C'est bien une femelle de canard chipeau. L'envol de l'oiseau me permet de noter le ventre blanchâtre et les miroirs blancs à la base des ailes.

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     Canard chipeau (Anas strepera): La femelle au-dessus, le mâle en-dessous.

    Photo: Michel Lamarche - FindNature.com

     

    Ce canard passe et hiverne quelque fois sur la Meuse, toujours en très petit nombre, dans notre région. Je me rappelle notamment l'observation d'un mâle sur la Meuse, il y a bientôt un an.

  • Regard sur le grèbe huppé (Podiceps cristatus).

    Suivre attentivement du regard le grèbe huppé, quel bonheur!

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     Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    On est surpris par ce petit sous-marin de 46 à 51 de longueur. Cet oiseau, véritable chef d'oeuvre de la nature, peut effectuer des plongées jusqu'à 31 mètres de profondeur et se propulse sous l'eau avec une virtuosité sidérante, à la vitesse de deux mètres par seconde! On le repère souvent de loin grâce à son long cou, blanc devant et brun foncé derrière, sur lequel pivote une étrange tête effilée terminée par un long bec pointu. Celle-ci est coiffée d'une huppe noire qui peut prendre à peu près toutes les formes, surtout à la fin de l'hiver, lors des parades spectaculaires. Ce qui frappe l'observateur, c'est l'extrême beauté de l'oiseau et, quoiqu'il fasse, il se montre toujours d'une élégance parfaite. Actuellement, les grèbes huppés, en plumages d'hiver, sont assez nombreux sur la Meuse entre Godinne et Houx-sur-Meuse, principalement auprès des îles (Godinne, Yvoir et Houx).

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    Photo: Fr. Hela, Dinant, le 27-12-10

    Notre oiseau ne reste pas actif en permanence. Il lui arrive très souvent de s'assoupir non loin de branches d'arbres qui surplombent les eaux du fleuve. En sécurité, il replie alors son cou contre sa poitrine, pose sa tête délicatement sur le dos. Le bec enfoncé dans le chaud plumage, le grèbe ne bouge plus. Ses yeux rubis se ferment à demi, il dort ou somnole !

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    Photo: François Hela, Jambes, décembre 2010.

    Un magazine génial, plein d'humour et très documenté, nommé "La Hulotte", consacre deux numéros exclusivement sur le grèbe huppé. Il s'agit des numéros 71 et 72. Je vous conseille vivement de vous les procurer pour en savoir plus sur cette espèce et de manière amusante.

    Le site: www.lahulotte.fr/

     

  • Des grèbes castagneux sur le Bocq, au centre d'Yvoir.

    Ce 19 décembre 2010, il neige à gros flocons. Allons voir ce qui se passe chez les oiseaux d'eau !

    Au bord du Bocq, le cincle plongeur (Cinclus cinclus), posé sur une pierre émergeante de la rivière, semble étonné devant la prairie toute blanche. Quelques tarins des aulnes se nourrissent dans un aulne glutineux. Au centre d'Yvoir, là où le Bocq termine son cours pour bientôt se mêler au fleuve, des canards colverts barbotent, des mouettes rieuses crient et des foulques macroules se disputent. Au milieu de ce vacarme, de petites boules brunâtres nagent puis disparaissent dans les flots. Ce sont quatre grèbes castagneux. Ils plongent sans cesse.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Le plus petit des grèbes a un cou assez court. Son corps rondelet est tronqué à l'arrière et duveteux. Le bec est tout petit et droit. Actuellement, il arbore un plumage d'hiver.

    Le grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis) hiverne régulièrement sur la Meuse et dans les zones à courant lent du Bocq. 

  • Un Busard Saint-Martin (Circus cyaneus) à Godinne, le 15 décembre 2010.

    Un oiseau de proie à l'allure plus légère qu'une buse variable survole la vallée de la Meuse. Au premier abord, ce qui frappe chez ce rapace, ce sont ses longues ailes larges et arrondies, mais aussi sa longue queue rectangulaire. Un busard !

    L'ensemble du corps est brunâtre. La poitrine et le ventre sont marqués de fines rayures longitudinales. Des barres plus foncées donnent du relief aux ailes et à la queue. Une tache blanche, étendue, sur le croupion est bien visible. Sans nulle doute, il s'agit bien d'une femelle ou d'un immature de Busard Saint-Martin!

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

     

     

    Une originalité de cet oiseau, c'est aussi la présence de petites plumes serrées et dures qui dessinent un cercle plus ou moins complet et accusé autour du visage. Ce disque facial, qui joue probablement un rôle dans l'acuité auditive, rappelle celui des rapaces nocturnes.

    C'est en hiver que, maintes fois, j'ai pu admirer le vol de ce busard en chasse, sur les plateaux parsemés de cultures et de prairies de la région. Le busard Saint-Martin, comme d'ailleurs les autres busards, est un élégant voilier. Entre quelques battements souples, il glisse, les ailes tendues et relevées en "V" bien ouvert. Il chasse près du sol en épousant minutieusement les dénivellations. Il s'arrête de temps en temps sur place en battant des ailes pour plonger sur un campagnol ou un passereau. En fait, il n'attaque pas directement sa proie. Il tombe sur elle, après l'avoir dépassé, en exécutant un vif retournement sur place.

    Sans me lasser, j'ai regardé durant de nombreuses minutes les évolutions de cet oiseau et, chaque fois, je sentais que je n'existais plus. Je devenais léger ! J'étais busard !

  • Le plumage des Grands Cormorans (Phalacrocorax carbo).

    Avez-vous déjà regardé attentivement le plumage d'un grand cormoran ?

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    Photo: Fr. Hela, Jambes, 13 décembre 2010.

     

    L'observateur peu attentif le qualifie de simplement noir. Si vous prêtez attention aux grands cormorans se reposant sur l'île d'Yvoir, dans les arbres ou sur les pierres émergées, vous verrez que leurs plumages sont moins uniformes qu'il n'y paraît !

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    Photo: Florent Yvert - www.oiseaux.net

    Les immatures ont le dos plutôt brun et le ventre est parfois très blanc, mais toutes les nuances existent entre ce blanc très marqué et un brun terne. Ces oiseaux possèdent ce plumage pendant les trois premières années de leur vie. Ceux-ci n'atteignent la maturité sexuelle qu'entre trois et cinq ans.

    Vues d'assez près, les plumes noires des ailes des adultes apparaissent comme écailleuses: les plumes sont brunes très foncées, voire d'une couleur bronze, cernées d'un liséré noir à reflets verts ou bleus.

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     Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

     

    L'activité sexuelle des grands cormorans commence parfois en plein coeur de l'hiver. Il n'est pas rare d'observer à cette époque les prémices des parades nuptiales. Ce n'est toutefois qu'à la fin du mois de février, et surtout en mars et en avril, que l'activité sexuelle est la plus intense. Une des manifestations surprenantes de cette période est l'acquisition par les adultes d'un plumage nuptial brillant, dont les reflets peuvent paraître verdâtres, pourpres ou de couleur bronze, selon l'exposition aux rayons du soleil. C'est aussi à ces moments que l'on peut bien voir des taches blanches bien visibles sur les cuisses des oiseaux en vol. Les grands cormorans continentaux en âge de se reproduire  présentent alors une tête et un cou blanc.

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

     

    Si vous voulez en savoir plus sur cette espèce remarquable, je vous conseille l'ouvrage suivant. L'auteur présente l'espèce sur toutes ses facettes dans un langage clair et précis. C'est vraiment à mettre dans toutes les mains !

    " Le Grand Cormoran" par Gérard Debout, aux Editions EVEIL NATURE, 2000 (Collection APPROCHE): voir www.oiseaux.net.

     

     

     

  • Une grande aigrette (Ardea alba) à Houx-sur-Meuse.

    L'observation d'une grande aigrette en vol est toujours un ravissement pour les yeux. Ce héron tout blanc, au bec jaune et pattes noires, vole le cou rentré dans les "épaules" et les pattes tendues. C'est la silhouette caractéristique permettant d'identifier les oiseaux de la famille des Ardéidés, dans laquelle nous trouvons notamment le héron cendré (Ardea cinerea), bien plus répandu dans notre région.

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    Photo: René Lortie - www.oiseaux.net

    Dans le ciel sombre de cette après-midi du 6 décembre 2010, la grande aigrette apparaît soudain au-dessus de la Meuse. Son vol est ample et élégant. Voici qu'elle change maintenant de direction, tourne un temps sur place et, après une descente plus ou moins acrobatique, se pose au sommet d'un aulne, à la pointe de l'île de Houx-sur-Meuse. Là, perchée, elle lisse son plumage immaculé, sans se soucier de ma présence sur le chemin de halage tout proche. Tout est calme et le grand oiseau blanc se repose. Moments chargés d'émotions pour l'observateur que je suis !

    Chez nous, la grande aigrette est un oiseau de passage devenu hivernant depuis quelques années. A Yvoir, dans les vallées de la Meuse et du Bocq, les observations de ce magnifique oiseau sont de plus en plus nombreuses. 

  • Rivière: "Sur les Tiennes de Rouillon, un sentier vous attend !"

    Je vous invite à visiter ce site pour voir l'article que j'ai rédigé dernièrement. C'est une invitation à découvrir un sentier exceptionnel ! 

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    Photo: Fr. Hela.

    http://www.sentiers.be/spip.php?article627

  • Des fuligules sur la Meuse !

    L'hiver est une saison idéale pour observer les fuligules sur la Meuse. Ils appartiennent à la famille des Anatidés et à l'ordre des Ansériformes. Ce sont des canards plongeurs (qui se nourrissent en plongeant sous l'eau) que l'on oppose aux canards de surface qui, à l'image du canard colvert, se nourrissent en barbotant. D'octobre à janvier et jusqu'au printemps, deux espèces fréquentent plus ou moins régulièrement le fleuve, surtout aux abords des îles à Yvoir, Godinne et Houx-sur-Meuse. Ce sont souvent des oiseaux nordiques en hivernage.

    Le fuligule morillon (Aythya fuligula) est un petit canard plongeur. Le mâle, avec son plumage noir, ses flancs blancs et ses yeux d'un jaune brillant est aisément identifiable. Il possède une huppe tombante sur la nuque.

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    Fuligule morillon (Aythya fuligula) mâle, Yvoir, Meuse, décembre 2010.

    Photo: Fr. Hela.

     

    La femelle, très différente, à un plumage beaucoup moins voyant: brun foncé avec les flancs plus pâles. Ses yeux sont aussi jaunes et on peut observer un soupçon de huppe sur sa nuque. Cetaines femelles ont plus de blanc autour de la base du bec et peuvent ressembler alors à une femelle de fuligule milouinan, beaucoup plus rare. On les distingue surtout  à leur dos brun foncé, plus sombre que les flancs, et à la courte huppe.

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    Fuligule morillon (Aythya fuligula) femelle.

    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     Le fuligule milouin (Aythya ferina) est un peu plus gros que le fuligule morillon. La tête brun rouge, le dos et les flancs gris pâle, la poitrine et l'arrière du corps noir caractérisent le mâle.

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    Fuligule milouin (Aythya ferina) mâle, Jambes (Meuse), 13 décembre 2010.

    Photo: Fr. Hela.

    Bien que plus terne, la femelle présente également un dos et des flancs grisâtre mais sa tête est brun pâle. Comparée au fuligule morillon, le fuligule milouin femelle se distingue à son front fuyant prolongé par un long bec, à son dos grisâtre et aux marques pâles de la face (sourcil et tache sur la joue.

     

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    Fuligule milouin (Aythya ferina) Femelle.

    Photo: Yvonnik Lhommer - www.oiseaux.net

  • Une nouvelle observation d'un tadorne de Belon (Tadorna tadorna) à Yvoir, ce mercredi 8 décembre 2010.

     

    Il neige. Je longe le Bocq dans la propriété Dapsens et, plus particulièrement, cette zone à courant lent avant la petite cascade. En effet, j'y observe régulièrement le martin-pêcheur.

    Surprise ! Un tadorne de Belon nage sur l'eau calme. Cette femelle est farouche et émet des sons rauques d'inquiétude. Je me cache derrière un tronc. Je vous livre ici ces deux photos prises ce jour.

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    Tadorne de belon, Femelle, Yvoir, le 8 décembre 2010. 

    Photos: Fr. Hela. 

     

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    Voir la note du 7 décembre 2010: "Un tadorne de Belon (Tadorna tadorna) en bord de Meuse, à Yvoir", pour informations complémentaires.  

     

  • Des canards siffleurs en Meuse (décembre 2010).

    Ce début du mois de décembre est assez riche en observations d'espèces peu courantes.

    Des canards siffleurs (Anas penelope) sont observés sur la Meuse: Le 4 décembre (deux mâles à proximité de l'île d'Yvoir), le 6 décembre (neufs oiseaux: des mâles et des femelles) entre le pont d'Yvoir et le pont du chemin de fer de Houx et le 7 décembre (deux couples) au même endroit. Le 20 décembre: 4 mâles et six femelles, à l'île d'Yvoir.

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    Canard siffleur (Anas penelope) mâle, Yvoir, le 7 décembre 2010

    Photo: Fr. Hela.

    Ce canard se reproduit, à la belle saison, dans les régions boréales et subarctiques. En Russie, il occupe les toundras boisées et les zones humides de la taïga. En Sibérie centrale, c'est le plus abondant des canards de surface. Les oiseaux de Scandinavie, de Finlande et de Russie hivernent dans l'Ouest et le Sud-Ouest de l'Europe. En Belgique, il est beaucoup plus fréquent, en hiver, dans les polders ou d'autres zones littorales de Flandre. En hiver, dans la région de Damme (Bruges), on peut observer parfois des groupes importants "broutant" dans les prairies, en compagnie d'oies sauvages. Les sons émis par ces beaux canards sont de véritables sifflements.

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    Canard siffleur (Anas penelope) mâle.

    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

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    Canards siffleurs (Anas penelope) mâles et femelles, Yvoir, le 6 décembre 2010.

    Photo: Fr. Hela.

  • Des grues cendrées sont passées fin novembre, à Yvoir.

    Le 30 novembre 2010, venant du Nord-est, 64 grues survolent à basse altitude la rue du Redeau. Elles émettent leurs sons caractéristiques en sourdine et se dirigent lentement vers le Sud-Ouest.

     

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    Un vol de ces grands oiseaux m'enchante toujours et, pour l'observateur que je suis, cela reste un moment inoubliable. J'ai envie, alors, de chanter et de danser !

  • Un tadorne de Belon (Tadorna tadorna) en bord de Meuse, à Yvoir.

    Ce 3 décembre 2010, quelle ne fut pas ma surprise de trouver ce superbe canard bariolé, se reposant sur le quai de Meuse, en face de l'île d'Yvoir. A ma vue, l'oiseau farouche se dresse et s'envole au ras de l'eau, en contournant l'île.

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     Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

    A bien des égards, le tadorne de Belon se rapproche davantage des oies que des canards de surface. Il passe beaucoup de temps à terre, se déplacant aisément sur ses pattes robustes. Son régime alimentaire tend à être moins herbivore que celui des oies. Cette espèce apprécie l'eau salée riche en nourriture et se cantonne, en principe, sur le littoral maritime. Les côtes basses, comme celles de la Mer du Nord, avec leurs baies et estuaires où les marées basses dégagent de vastes étendues de sable et de vase, sont ses lieux de prédilection. En période de reproduction, le tadorne aime la proximité des dunes où il niche notamment dans des terriers de lapins de garenne !

    On constate depuis quelques années des apparitions régulières de cette espèce en dehors des périodes de migration et dans les régions où elle ne niche pas. Le tadorne est très sensible aux baisses brutales de la température en hiver et les vagues de froid le chassent vers des contrées au climat plus clément.

     

     

     

  • Le castor en bord de Meuse, à Godinne !

    Voici quelques photos de traces récentes prises les 27 novembre et 3 décembre 2010.

    Photos: Fr. Hela.

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