• Quelques merveilles mycologiques de ce mois de janvier 2011.

    Même lors des jours sombres où on a l'impression que le soleil a totalement disparu, sous la grisaille et la bruine, il y a des merveilles colorées à découvrir. Ce sont de véritables petites lumières qui vous réchauffent le coeur!

    La collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) est l'une de celles-la. Resplendissante et survivant souvent au gel, cette collybie pousse en touffes parfois importantes sur le bois mort des feuillus, du printemps à l'automne.

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, le 21 janvier 2011.

     

    L'oreille de Judas (Hirneola auricula-judae) aime particulièrement les branches et le tronc des vieux sureaux noirs (Sambucus nigra). C'est un champignon gélatineux au sporophyte lobé, presque en forme d'oreille.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), le 27 janvier 2011.

     

    Le tramète versicolore (Trametes versicolor), dont le chapeau mince présente des zones concentriques claires et foncées d'un plus bel effet, croît en colonie sur le bois mort de feuillus.

    Trametes versicolor Godinne Janvier 2011.jpg

    Photo: Fr. Hela, Godinne, le 21 janvier 2011.

     

    La trémelle mésentérique (Tremella mesenterica) garnit les vieilles branches d'un noisetier de ses sporophytes jaune d'or presque orangés.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), le 27 janvier 2011.

     

    L'amadouvier des pins, appelé aussi unguline marginée (Fomitopsis pinicola) est un très beau polypore. Il est commun surtout sur les résineux vivants ou morts. Ici, il pousse sur une souche de conifère.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Forêt domaniale de Tricointe), le 21 janvier 2011.

  • Rencontre avec les nains à plumes !

    Rien ne bouge à la lisière d'un petit peuplement d'épicéas. Des susurrements ténus me parviennent. Ces sons, parfois difficiles à détecter, annoncent la présence d'un roitelet. Un petit oiseau sort de l'ombre et papillonne quelques secondes sur place devant l'extrémité d'une ramille. Sans cesse actif, il explore maintenant les recoins des branches. Il apparaît, puis disparaît dans la verdure sombre des conifères. Après beaucoup de persévérance pour le suivre, je peux enfin l'observer un petit moment, dans un rai de lumière. Un roitelet à triple bandeau (Regulus ignicapilla) !

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

    Un peu plus loin, un autre nain s'agite dans les branches pleines d'aiguilles. De son petit oeil noir, il me regarde un instant, puis continue ses explorations. Voici, cette fois, le roitelet huppé (Regulus regulus).

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

    Sur le bord du sentier, une petite souris disparaît sous une grosse branche au sol. Elle grimpe à présent sur la branche et se met à chanter dans la grisaille. Elle est faites de plumes ! C'est un troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes).

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net 

  • Des goélands leucophées (Larus michahellis) sur l'île d'Yvoir.

    Deux grands goélands survolent majestueusement la Meuse, en poussant des sons nasillards et plus ou moins graves, rappelant les cris de goélands bruns (Larus fuscus). On se croirait au littoral, en cette journée assez grise ! En vol, ces deux Laridés, aux ailes assez longues, sont impressionnants. La tête, le cou, le ventre et la queue sont d'une blancheur qui contraste avec le dos et le dessus des ailes gris foncé. Les primaires externes sont noires parsemées de petits miroirs blancs. Ils se posent maintenant, avec élégance, au milieu de quelques grands cormorans qui se reposent sur les blocs de pierres émergées, à la pointe de l'île. Je peux remarquer d'emblée les pattes jaunes et le bec de même couleur, fort et crochu, marqué d'une grande tache rouge sur la mandibule inférieure débordant un peu sur la supérieure. Ce sont deux goélands leucophées adultes.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Quelques minutes plus tard, deux autres goélands apparaissent, mais ceux-ci sont assez mouchetés. Ce sont des immatures. Le bec des deux oiseaux est noir, la tête et le dessous du corps sont assez pâles. En vol, je peux remarquer le croupion pâle et la nette barre noire de la queue. Ils se posent à côté des adultes. Leurs tailles sont similaires, par contre, les pattes sont roses. Quatre goélands leucophées, ce n'est pas mal !

    Le Goéland leucophée est très proche du goéland argenté (Larus argentatus) qui est régulièrement observé sur la Meuse en hiver. D'origine sud-européenne, c'est une espèce en augmentation qui s'est répandue le long de la côte atlantique française et dans l'intérieur des terres en Europe centrale. Des apparitions de ce Laridé au nord-ouest de l'Europe et dans la Baltique sont de plus en plus fréquentes.

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net 

     

  • Des libellules plein les yeux (Troisième note).

    Ces notes sont consacrées aux libellules observées de juin à septembre 2010, sur la commune d'Yvoir.

    Le gomphe vulgaire (Gomphus vulgatissimus) une espèce rare dans notre région !

    Sur les bords du Bocq, une libellule, dont les couleurs dominantes sont le noir et le jaune verdâtre, est posée à plat sur une feuille de pétasite officinal (Petasites hybridus). Elle reste immobile assez longtemps pour que je puisse la prendre en photo, en utilisant le zoom de mon appareil. Le soir, en examinant les clichés, je m'aperçois que cette libellule ne doit pas être très courante et j'encode l'observation sur le site http://Observations.be, avec la mention "Gomphus spec.". Le 5 juillet, je reçois un message de Grégory Motte me disant qu'il s'agit du gomphe vulgaire. Il ajoute que cette observation est une première mention de l'espèce pour la vallée du Bocq !

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Propriété Dapsens - Bocq), le 30 juin 2010.

     

    Le gomphe vulgaire est considéré comme rare dans notre pays. Il est lié aux eaux courantes et, dans la plupart des cas, on le trouve sur les ruisseaux et le cours moyen des rivières dont les rives sont, en grande partie, couvertes d'arbres et de buissons. Les larves de cette espèce vivent enfouies dans les sédiments sablonneux ou limoneux des zones plus calmes des cours d'eau.

    Chez nous, la période de vol s'étend du début du mois de mai à la mi-août. Après l'accouplement, la femelle se sépare du mâle et se pose près de l'eau où elle émet ses oeufs qui forment alors une masse globuleuse à l'extrémité de son abdomen. Elle s'envole ensuite et libère ceux-ci en frappant la surface de l'eau.

    Cette espèce semble avoir été plus abondante autrefois. Sa régression serait due aux modifications et aux pollutions des cours d'eau qu'elle fréquentait.

    Les renseignements à propos de cette espèce proviennent des ouvrages cités ci-dessous.

    Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord par J. d' Aguilar, J.-L. Dommanget et R. Préchac (Ed. Delachaux et Niestlé, 1985.

    Les Libellules de Belgique: Répartition, tendances et habitats par Ph. Goffart, G. De Knijf, A. Anselin et M. Tailly (Publication du Groupe de Travail Libellules Gomphus, 2006).

     

  • Des libellules plein les yeux ! (Deuxième note)

    Ces différentes notes concernent des observations de libellules au printemps et en été 2010, sur la commune d'Yvoir. 

     

    La Famille des Libellulidae comprend, entre autres, les libellules du Genre Sympetrum. Les tailles des espèces sont moyennes ou assez petites. Elles présentent un dimorphisme sexuel très net: la couleur générale du corps étant le plus souvent rouge chez les mâles et brun jaunâtre chez les femelles. Les larves, qui se développent le plus souvent dans les eaux stagnantes, se tiennent sur la vase ou les plantes aquatiques. Leur croissance est relativement rapide. La femelle dépose ses oeufs soit dans l'eau libre, encombrée ou non de végétation, soit sur la vase du bord des pièces d'eau ou dans les prairies marécageuses submergées en hiver. Pour pondre, elle vole au-dessus de l'endroit choisi, puis frappe l'eau avec l'extrémité de l'abdomen de nombreuses fois, lâchant, à chaque contact, quelques oeufs. Le mâle l'accompagne, en restant lié à celle-ci ("tandem") ou en évoluant à proximité. Il la quitte parfois avant qu'elle n'achève d'assurer la génération future.

    Le sympétrum sanguin (Sympetrum sanguineum).

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    Les mâles sont vifs et très farouches par temps chaud. Ils se posent souvent sur une tige de massette ou une branche morte, d'où ils chassent leurs proies.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

     

    Le sympetrum sanguin occupe les étangs et les marais ouverts et bien ensoleillés, avec des niveaux d'eau variables. Il aime aussi les zones d'atterrissement.

     

    Le sympétrum strié (Sympetrum striolatum) occupe tous les milieux aquatiques stagnants. Il semble assez indifférent à la structure de la végétation, mais évite toutefois les plans d'eau ombragés. Il colonise souvent les pièces d'eau récemment créées, presque entièrement dépourvues de végétation.

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    Sympetrum striolatum mâle, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

    Photo: Fr. Hela.

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    Sympetrum striolatum - Accouplement -Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

    Photo: Fr. Hela.

  • Des bouvreuils pivoines !

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net.

    Le choix de cette photo n'est pas un hasard. En effet, fin décembre, mon attention se porte sur un bouleau taillé assez bas, semblant de loin décoré d'objets insolites roses et rouges. Mais, ceux-ci bougent ! Je m'approche. Magnifique ! Au moins dix bouvreuils, mâles et femelles, s'affairent à décortiquer les chatons femelles cylindriques portant encore de nombreux akènes.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 25-12-10.

    De taille dépassant celle d'un moineau, le bouvreuil (Pyrrhula pyrrhula) à la silhouette lourde aux formes pleines qui le font paraître assez gros. La tête est aplatie, engoncée dans un cou épais. Le corps bien rond qui se redresse est porté par des pattes courtes et terminé par une queue carrée qui équilibre mal la forte carrure. Hormis la couleur de la poitrine, le mâle et la femelle possèdent tous deux le dessus de la tête noire, le dos gris cendré, les rémiges, sus-caudales et rectrices noires; une grande tache blanche au croupion est nettement visible au vol et le bas-ventre est de la même couleur. Si les mâles arborent une poitrine rouge vif, les femelles, par contre, sont plus discrètes. Elles montrent des dessous gris teinté de rose.

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    Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula): Femelle.

    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Le bouvreuil résiste bien aux grands froids et à la neige, car il trouve sa nourriture sur les arbres et les buissons sous forme de graines et de bourgeons. Les érables, le charme, les aulnes, les bouleaux, les frênes le voient dès novembre sur leurs semences, qu'il décortique avec son gros bec noir. Il recueille à terre les graines de conifères (épicéas, mélèzes et sapins de Douglas surtout). C'est encore pour les graines qu'il exploite des sorbiers, alisiers, viornes, troènes, sureaux, cornouillers, ... De nombreuses plantes herbacées sont visitées en hiver. Les inflorescences sèchées des ronces, de l'armoise, des chénopodes, des patiences, des renouées et, même, des orties sont appréciées. Au milieu de la saison froide, il commence à cisailler les bourgeons de plusieurs espèces d'arbres.

    En hiver, si vous voulez observer les bouvreuils dans votre jardin, n'arrachez pas les grandes plantes sauvages sèchées. Laissez-les jusqu'au printemps. Ainsi, j'ai remarqué que les bouvreuils peuvent se réunir en bandes nombreuses dans une friche où des fanes d'orties ou de patiences à feuilles obtuses (Rumex obtusifolium) sont restées sur place en hiver. Qu'on se le dise !  

     

     

  • Rendez-vous avec le prince de la nuit !

    Il est 17h00, ce 4 janvier 2011. La lumière de cette fin de jour est idéale. Décidé de m'assurer que le prince de la nuit est toujours présent, là-bas près de la carrière, je gravis le chemin tracé par le charroi de camions. A chaque pas, mes pieds s'enfoncent pratiquement jusqu'aux chevilles dans la neige durcie. Il faut dire que pour l'instant, il n' y a pas grand monde qui s'aventure sur cette voie. J'arrive péniblement sur un plateau parsemé d'énormes blocs de grès d'où je peux observer, avec un certain recul, la forêt de conifères en pente.

    Depuis quelques années, un couple de grands-ducs d'Europe (Bubo bubo) a pris l'habitude de s'y reposer durant la journée. De plus, c'est une bonne période pour écouter les voix de ce grand rapace nocturne.

    Silence dans l'atmosphère glacial du crépuscule ! Chantera-t'il ce soir ?

    17h20: Un grand-duc, sortant des sombres résineux, m'offre son vol silencieux aux battements mous et profonds. Moment toujours fort et impressionnant ! Sa grande silhouette aux larges ailes se détachant admirablement dans le ciel clair me laisse pantois quelques secondes.

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    Photo: Grégoire Trunet www.oiseaux.net 

    Il se dirige à présent vers la chênaie, en bordure de la carrière, et disparaît. Le coeur battant, j'attends. Après environ trois minutes, de cette forêt feuillue, plusieurs hululements sonores, rauques et aigus montent. Le timbre est sans nulle doute celui de la femelle.

    Le mâle va-t'il répondre de son "ou-ho" grave et sonore ? Nullement, le silence s'installe à nouveau. Rassuré et content, j'entreprends, tant bien que mal, la descente vers la vallée. L'obscurité tombe et une chouette hulotte donne de la voix dans le lointain.

     

  • J'aime le marais comme si j'étais une sarcelle, ...

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Ai-je découvert d'emblée la beauté du marais ? Nullement !

    J'ai d'abord admiré celle des sarcelles, merveilleusement propres, pures de formes, farouches et vives. En les cherchant, en les guettant, je me suis enfoncé dans le mystère des roseaux, les pieds dans l'eau noire. J'ai écouté les froissements des feuilles tranchantes des iris et des rubaniers, les crépitements des tiges sèches et blondes dans le soleil printanier. J'ai appris et me suis fondu doucement dans de multiples "marais": ceux bordant les rivières lentes aux eaux de jade, sous le lacis des aulnes et des saules; ceux du bout des étangs aux eaux noires à demi cachées par les lentilles d'eau et les feuilles de nénuphars jaunes. Dans la tourbière aux bouleaux pubescents et pins rabougris, alternance de bosses craquantes de lichens secs et trous d'eau sombre, je me suis couché sur le ventre pour pénétrer du regard la forêt miniature de prêles des bois, en rêvant à celles du Carbonifère. Je me suis glissé sans bruit dans la grande roselière. Aux derniers phragmites, s'ouvrait alors l'espace aquatique, l'eau libre avec ses vaguelettes qui tortillent les reflets des blancs nuages, miroitant comme l'étain fondu devant des collines noyées de brumes bleues. Voici les canards, le cygne, le héron, les grèbes ... à l'envol, à l'atterissage, au repos, en escouade, en escadrille, en flottille, en amour, au nid en train de couver.

    J'ai ressenti une espèce d'ivresse devant ce foisonnement de vie et la multiplicité magnifique des formes de ces êtres à plumes. Moi, aptère, j'avais envie de saluer à ce moment la merveille du vol, la splendeur austère mais aussi finement colorée ou bariolée des plumages, l'aigu d'un bec, la flèche vivante dans le ciel ! C'est dans cette nature pré-humaine que j'ai aimé cette avifaune, coeur et âme de ces fabuleux paysages aquatiques.

    Depuis au moins une trentaine d'années, je ne me suis plus arrêter d'observer l'évolution de ces êtres vivants dans les "marais" de l'intérieur des terres ou du bord de mer, aux différentes saisons, dans les lumières de l'aube ou du crépuscule et aussi sous la pluie, la neige, la grêle, ... Chaque fois, l'espace, le ciel, l'eau, la prairie humide ou la vasière se présentaient différemment et ma grande mémoire visuelle pourrait reconstituer ces instants inoubliables. J'aime le marais comme si j'étais une sarcelle pour sa riche prolifération, ses fermentations, l'odeur âcre de la vase, celle de la menthe aquatique et de la reine-des-prés. L'oiseau m'émeut, mais aussi m'intéresse comme l'expression de son milieu.

    Et, c'est bien vrai ! L'observation de l'animal sauvage dans sa conduite spontanée, en son biotope avec lequel il est en harmonie, me permet de considérer la nature comme un ensemble d'êtres en relation très étroite et subtile, eux-mêmes liés à leurs milieux de vie.

    Un automne, à la lisière d'une phragmitaie d'un lac de Champagne, j'ai pu observer longuement le butor. Ce héron, expert en camouflage, est un oiseau fascinant, insaisissable. Il reflète bien la vie silencieuse et cachée de la roselière. Cet animal sauvage se confond harmonieusement avec les roseaux, son milieu de prédilection. Son corps, ses mouvements, son plumage font partie de la végétation. Ce que j'ai vu et senti ce jour-là comporte aussi la lumière, le mouvement, le souffle du vent, l'atmosphère, les odeurs et les bruits. Sans ces éléments, le butor n'existerait pas.

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    Photo: Yvonnik Lhomer - www.oiseaux.net

     

    J'aime le "marais" pour sa beauté profonde. Il vit par lui-même sans l'intervention de l'homme, dans ses luttes, ses métamorphoses et ses changements cycliques. Il peut se maintenir très longtemps et, comme toute formation naturelle, il est soumis à un ordre beaucoup plus strict qu'un jardin, un ordre nécessaire, où chaque organisme occupe la place qu'il peut défendre.

    " C'est pure folie, née d'une ignorance profonde, de vouloir vivre dans la nature ", nous dit Robert Hainard. Il ajoute: " La nature, on y passe sur la pointe des pieds; et puis, on retourne vivre dans le milieu qu'on s'est fait. L'animal lui-même a son jardin. Le blaireau possède un espace battu sur les déblais de son terrier où il fait sa toilette avant de partir en expédition et où les jeunes s'amusent. Son domaine, c'est le début du bois, derrière les ronciers, d'où partent ses sentiers menant à la prairie." Le blaireau comme le butor vivent leur vie et, nous, la nôtre ! On ne pourrait vivre dans la nature sans la détruire, cependant il est agréable de n'en être pas trop loin, de la voir de la fenêtre, de s'y ressourcer mais dans le plus grand respect.

    François.

  • Une mésange à longue queue (Aegithalos caudatus) à la tête toute blanche !

    En ces premiers jours de l'an 2011, la forêt domaniale de Tricointe semble figée dans le silence hivernal. Hormis quelques cris lointains de mésanges ou de quelques bouvreuils, pas un bruit !

    Enfin un peu d'animation ! De menus cris fins et pressés se rapprochent de la drève qui mène à la maison du garde. Une caravane de mésanges à longue queue se déplacent dans le taillis. Dans cette petite bande, quelques mésanges nonnettes, mésanges bleues et charbonnières ne paraissent pas intruses. Les mésanges à longue queue s'affairent maintenant à visiter toutes les ramilles, se rappelant sans cesse pour rester ensemble. Ces minuscules flèchettes de plumes, toujours en mouvements, gagnent à présent le bord du sentier où je me trouve. Elles sont là, à quelques mètres, émettant leurs petits cris caractéristiques. L'une d'entre elle attire mon attention. Sa tête est toute blanche, contrastant nettement avec son dos foncé. Le dessous de l'oiseau est très pâle sans aucunes taches sombres.

     

    S'agirait-il de la sous-espèce des régions septentrionales de l'Eurasie: Aegithalos caudatus caudatus ? Cette petite boule de plume viendrait-elle du Nord ? Je ne suis pas parvenu à la prendre en photo, mais elle ressemblait à la photo ci-dessous.

    Comme quoi, même lorsque tout semble endormi par le froid, la vie est présente, subtile et à peine perceptible, pourvu que nous lui prêtons attention ! 

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    Photo: Jakub Stanco