• Premier chant du bruant jaune (Emberiza citrinella) à l'Airbois.

    Airbois (Tricointe), le 22 février 2011.

    Le bruant jaune chante pour la première fois de l'année. Il faut dire qu'il fait encore frais, mais la lumière est là. Un mâle avec sa tête jaune et son croupion roux apparaît au sommet d'un buisson épineux, entre la coupe forestière et la prairie.

    Emberiza citrinella A.jpg

     Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Il émet son chant typique composé de six notes aiguës et rapides, suivie d'une finale traînante et mélancolique.

    Le bruant jaune est présent dans notre région, dans les campagnes ouvertes avec des haies et des buissons épineux. Il aime aussi les anciennes coupes forestières colonisées par les arbres et arbustes pionniers. En Condroz, il est, depuis bien longtemps, le compagnon de l'homme qui travaille la terre avec respect et qui sait préserver les haies !

     

     

     

     

  • L'oedipode turquoise ou criquet bleu (Oedipoda caerulescens) à Yvoir.

    Les Orthoptères (criquets, sauterelles, grillons, courtillières, ...) sont des insectes qui affectionnent particulièrement la chaleur. La plupart vivent dans les régions subtropicales et tropicales. En Belgique, on n'en compte environ 70 espèces. Plus on va vers le nord, plus le nombre d'espèces se raréfie. Ce sont des insectes qui se caractérisent par leurs métamorphoses incomplètes. L'oeuf livre un insecte juvénile, réplique minuscule et aptère* du futur adulte. Celui-ci subit plusieurs mues avant de parvenir à l'état imaginal (insecte parfait). Les criquets portent des antennes courtes et épaisses. Ils sont dépourvus d'ovipositeur* ensiforme*.

    Cet été 2010, j'ai pu observer des oedipodes turquoises sur le site de Champalle et, même, sur la voie 2 de la gare d'Yvoir. C'est une espèce rare en Belgique et fort localisée. Sa taille varie de 14 à 27 mm, la femelle étant légèrement plus grande que le mâle. La coloration de cet Acridien est fort variable; les bandes foncées des élytres* sont parfois peu apparentes.

    Oedipoda caerulescens.jpg

    Oedipoda caerulescens Mâle.jpg

    Oedipoda caerulescens, Yvoir (Rochers de Champalle), Juillet 2010.

    Photos: Fr. Hela. 

    Oedipoda caerulescens F.jpg

    Oedipoda caerulescens se dissimule grâce à ses couleurs cryptiques. Ainsi, à Champalle, les insectes fréquentant les blocs calcaires des pelouses arborent une livrée gris pâle, tandis que ceux évoluant sur le sol meuble et brunâtre, entre les plantes, montrent une teinte ochracée.

    Au sol, le criquet bleu se déplace lentement. On le décèle surtout lorsqu'il s'envole. Alors, il déploie soudainement ses ailes postérieures bleu turquoise portant une bande marginale noire. Cela crée un effet de surprise qui ne dure pas très longtemps, car l'insecte, terminant sa trajectoire en décrivant un brusque crochet, atterrit, "disparaissant" à nouveau dans son milieu. 

    Il faut un oeil exercé pour distinguer ces insectes. Ils se confondent parfaitement avec l'aspect et la couleur du substrat où ils vivent. On les trouve habituellement dans les endroits secs, rocailleux et bien exposés au soleil.

    Oedipoda caerulescens A.jpg

    Une chance ! Le criquet bleu se pose sur un arbuste nain.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Rochers de Champalle), Juillet 2010.

    Oedipoda caerulescens V.JPG

    Sur le quai de la voie 2, en gare d'Yvoir !

    Photo: Fr. Hela, Juillet 2010.

     

    * Aptères: Sans ailes

    * Ovipositeur (oviscapte ou tarière): Organe de ponte situé à l'extrémité de l'abdomen.

    * Ensiforme: En forme de lame de sabre ou d'épée.

    * Elytres: Ailes antérieures étroites et rigides recouvrant les ailes postérieures   membraneuses et le corps, lorsque l'insecte est au repos. 

     

  • Des libellules plein les yeux ! (Sixième note)

    Ces notes concernent des observations de libellules en 2010, sur la Commune d'Yvoir.

    Les libellules, insectes prédateurs, font partie de l'Ordre des Odonates  (Odonata). Dans les précédentes notes, notre attention s'est portée sur le Sous-ordre des Anisoptères (Anisoptera), communément nommés libellules ou "libellules vraies" ou encore "grandes libellules". Celles-ci sont généralement de grands insectes robustes. Leurs ailes postérieures sont plus larges que les antérieures et, au repos, elles sont maintenues étalées de chaque côté du corps. La tête est généralement plus globuleuse et les yeux se rejoignent fréquemment sur le dessus de la tête. Les adultes (imagos) chassent soit à l'affût à partir d'un perchoir, soit en poursuivant leurs proies.

    Libellula depressa U.jpg

    Photo: Libellula depressa (Anisoptera) - Fr. Hela, Yvoir, août 2010.

     

    Cette note traite maintenant du Sous-Ordre des Zygoptères (Zygoptera) aux ailes semblables, souvent appelés aussi "demoiselles". Ces insectes délicats, au corps fin et au vol papillonnant, ont des yeux bien séparés de chaque côté de la tête. Au repos, la plupart des espèces maintiennent leurs ailes verticalement au-dessus du corps.

    Calopteryx virgo Femelle Gros plan.jpg

    Photo: Calopteryx virgo (Zygoptera) - Fr. Hela, Yvoir, Juillet 2010.

     

    Les libellules sont liées au milieu aquatique. Si les adultes (imagos) peuvent être observés chassant ou se déplaçant loin de l'eau, la reproduction de ces insectes ne peut se faire sans cet élément. C'est habituellement sous forme de larves aquatiques que se déroule l'essentiel de leur existence.

    Des comportement originaux singularisent les espèces regroupées dans la famille des Lestidés (Lestidae). Le cycle biologique de ces demoiselles contraste en effet avec le schéma normal qui prévoit l'hivernage de la larve et sa métamorphose en imago au printemps suivant. Ainsi, le leste brun (Sympecma fusca) hiverne au stade adulte. Chez les autres membres de cette Famille, ce sont les oeufs qui passent l'hiver et éclosent au printemps. Le développement larvaire est ainsi réduit à trois mois !

    Volant de fin juin à début novembre, le leste vert (Lestes viridis) confie ses oeufs aux écorces des branches vivantes d'arbres et d'arbustes (saules, aulnes, ...) croissant toujours à proximité de l'eau. La femelle percera l'écorce plusieurs fois pour y déposer de 200 à 400 oeufs !

    Lestes viridis A.JPG

    Photo: Lestes viridis (Accouplement) - Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

     

    Au printemps, après un séjour de 7 à 8 mois, les larves sortent des oeufs et se laissent choir. Si elles ne tombent pas directement dans l'eau, elles rejoignent le milieu aquatique en contorsionnant leurs corps. Au terme d'une dizaine de mues, elles se hissent hors de l'eau et se transforment en magnifiques insectes parfaits.

    Lestes viridis D.JPG

    Photo: Lestes viridis - Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

  • Des libellules plein les yeux ! (Cinquième note)

    Notes à propos des observations de libellules en 2010, sur la Commune d'Yvoir.

    La libellule déprimée (Libellula depressa) est une espèce commune chez nous. Ses biotopes comprennent aussi bien des abreuvoirs pour le bétail, des étangs de carrières, des mares de jardins, des pièces d'eau et flaques temporaires, des ornières sur les chemins que des rivières et ruisseaux.

    Du début du mois de mai à la mi-août, on peut l'apercevoir presque partout. Comme son nom l'indique, elle a un corps très large et aplati. Le mâle adulte a le thorax brun foncé à noirâtre et l'abdomen bleu; chez la femelle et les immatures, ce dernier est vert brunâtre bordé de jaune. Les ailes des deux sexes présentent une tache brun roux à la base et l'abdomen est marqué de petites taches jaunes sur les côtés.

    Libellula depressa W.jpg

    Photo: Fr. Hela - Libellula depressa (mâle), Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Juin 2010.

    Libellula depressa Femelle.jpg

    Photo: Fr. Hela - Libellula depressa (Femelle), Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

     

    Lors de l'accouplement, le mâle saisit la femelle en vol. Un "tandem" est ainsi formé. Après environ une minute, il se sépare de sa conquête. La femelle cherche alors une étendue d'eau où croissent des plantes immergées aux feuilles fines. Elle se tient à quelques centimètres au-dessus de l'eau, en vol plus ou moins stationnaire, puis, à intervalles réguliers, touche l'eau avec l'extrémité de son abdomen. Les oeufs tombent et se fixent sur les plantes aquatiques proches de la surface. Le développement larvaire s'effectue en un ou deux ans.

  • Des pleurotes sur un peuplier.

    Le pleurote en forme d'huître (Pleurotus ostreatus) est aujourd'hui un champignon bien connu. Sa culture s'est en effet développée depuis quelques années et on le trouve fréquemment dans le commerce.

    C'est en fait une espèce lignicole* indigène que l'on rencontre çà-et-là sur les troncs et les souches de feuillus, tels que peupliers, saules, tilleuls, chênes, noyers, arbres fruitiers, ..., rarement sur les pins. Les sporophores* imbriqués, munis d'un pied court et latéral, sont souvent volumineux. Les chapeaux peuvent atteindre une quinzaine de centimètres de largeur et même plus. La coloration est quelque peu variable: elle va du gris au violet noirâtre, en passant par diverses nuances de brun. Les lamelles décurrentes*, sont peu serrées et de couleur blanc crème.

    Pleurotus ostreatus Yvoir 14-2-11.jpg

     

    Pleurotus ostreatus Yvoir 14-2-11 A.jpg

    Pleurotus ostreatus Yvoir 14-2-11 D.jpg

    Ici, les pleurotes, assez pâles, croissent sur un tronc de peuplier du Canada.

    Photos: Fr. Hela, Yvoir, le 14 février 2011.

     

    Ce champignon, assez fréquent, se rencontre parfois en été, mais c'est surtout en automne et en hiver que les observations sont les plus nombreuses. Pour apparaître, il aurait besoin de faibles gelées nocturnes (E. Gerhardt, 2007).

     

    * Lignicole: Se dit d'un organisme croissant sur un substrat ligneux (bois mort ou vivant).

    * Sporophore: Nom donné à l'organe qui porte les cellules reproductrices (qui donneront des spores) des êtres vivants du règne fongique. En quelque sorte, nous dégustons des omelettes aux sporophores et non aux ... champignons !

    * Décurrente: Se dit de lamelles d'un champignon qui se prolonge plus ou moins bas sur le pied.

  • Le grand-duc d'Europe (Bubo bubo), hôte de nos escarpements rocheux.

    grand-duc_d_europe_dico_2g.jpg

     Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Voilà déjà quelques années que je suis assidûment les amours d'un couple de grands-ducs, là où forêts et escarpements rocheux se marient. La taille impressionnante de cet oiseau de proie et la part de mystère qu'il dégage me fascinent. Une rencontre avec le prince de la nuit est toujours un évènement inoubliable. Malgré sa grandeur, il n'est cependant point facile à voir, même lorsqu'on connaît son refuge. Son plumage brun, jaune paille et noir dissout sa masse immobile dans l'obscurité de ses retraites diurnes. En effet, pendant la journée, notre oiseau nocturne reste coi en un endroit où il n'est pas très dérangé comme, par exemple, un bois sombre de conifères.

    Bubo bubo.jpg

    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Ce n'est que le soir, lorsqu'il fait encore plus ou moins clair, au début de la nuit ou peu avant l'aube, qu'on a plus de chance de l'entendre, de le voir en vol, mais aussi posé sur la branche haute d'un arbre de lisière ou sur un gros bloc de pierre d'une carrière. Alors que la nature semble se reposer en période hivernale, le grand-duc s'inquiète de sa reproduction, dès les mois de décembre et de janvier. A cette période, son chant, que l'on peut entendre parfois en automne, devient régulier jusqu'au mois de mars. Le mâle émet et répète un "hou-ôh" bitonal, dont la seconde syllabe plus basse se perd à une certaine distance. De près, ce chant paraît étouffé, peu sonore, mais il porte de manière surprenante à plus d'un kilomètre, si le vent et le terrain s'y prêtent. La femelle répond souvent à ses appels en lançant des "houou-ôh" d'une voix plus élevée, ainsi que par divers cris dont l'un rappelle le déchirement d'une étoffe.

    De temps en temps, un des oiseaux se perche au sommet d'un épicéa. Dans le ciel clair, on dirait alors un gros chat perché sans queue. Puis, c'est l'envol d'un ou des oiseaux, en général, dans la direction de la carrière toute proche. Le vol silencieux du grand-duc dans le ciel pâle, lorqu'il rase la cime des arbres, m'émeut chaque fois. Ses vastes ailes arrondies, sa queue très courte et une grosse tête obtuse lui composent une silhouette énorme. Des battements mous et profonds donnent l'élan à ses planées.

  • Le pic noir (Dryocopus martius), une expression des forces primitives de la forêt.

    Par sa forte taille, son plumage noir, ses cris puissants et extraordinaires, le géant de nos pics exerce chez moi un attrait particulier. Cet oiseau est une expression des forces primitives de la forêt sauvage, nous dit Paul Géroudet.

    Sur le chemin caillouteux montant du hameau de Tricointe à l'Airbois, je suis attentif à tout ce qui bouge, crie et chante, en cette belle journée de février. Soudain un "krukrukru" tout proche retentit. Un grand oiseau noir passe entre les arbres. On dirait une corneille noire au vol bien bizarre ! D'un tronc, à quelques mètres de moi, me parvient le bruit de griffes sur l'écorce, puis une plainte très sonore, répétée plusieurs fois, me saisit. Le pic noir paraît. Il escalade par bonds vigoureux le tronc d'arbre mort. C'est un mâle très agité, une calotte rouge flamboie sur son crâne. Je peux voir, à présent, son oeil blanchâtre à la pupille noire, son bec blanc ivoire et ses pattes grises munies de griffes puissantes.

    Dryocopus martius.jpg

    Photo: Grégoire Trunet - www.oiseaux.net

    De caractère farouche, notre oiseau s'envole et passe au-dessus de la futaie en émettant, à nouveau, les "krukrukru" caractéristiques signalant ses déplacements.

    Dryocopus martius en vol.jpg

    Photo: Jules Fouarge - Aves-Natagora

    Les activités du pic noir sont ponctuées de nombreuses manifestations sonores et variées, portant à près d'un kilomètre. On ne peut pas ne pas les entendre ! Les premières approches nuptiales, assez longues, débutent très tôt et ne sauraient tarder. Dans les prochaines semaines, il y aura de l'activité dans la forêt domaniale toute proche !

     

     

     

  • Des libellules plein les yeux (Quatrième note).

    Ces notes sont consacrées aux libellules observées de juin à septembre 2010, sur la Commune d'Yvoir.

    L'aeschne bleue (Aeshna cyanea) est une espèce assez commune dans notre région. Elle vole de juin à la première décade d'octobre, avec un pic d'apparition au mois d'août. Cette grande libellule fréquente les eaux stagnantes de tout genre. Elle semble préférer les mares et les étangs de petites tailles, y compris les petites pièces d'eau des jardins. On peut l'observer loin des points d'eau, à l'orée d'un bois et près d'un chemin forestier, où elle chasse à faible hauteur. Au crépuscule, il arrive parfois qu'elle pénètre à l'intérieur d'une maison, si une fenêtre est ouverte.

    Vers le mois de juillet, les mâles adultes volent alors, à la recherche de femelles, sur les bords des milieux aquatiques, souvent en vrombissant sur place. Après l'accouplement, les femelles déposent leurs oeufs dans le sol des berges, généralement au-dessus du niveau de l'eau, mais aussi dans les bois flottants, dans les végétaux morts ou les mousses. Les larves mènent une vie aquatique pendant deux ou trois ans avant de se tranformer en insectes adultes.

    Aeshna cyanea.jpg

    Aeshna cyanea Femelle .jpg

    Femelle pondant dans un bois pourrissant, sur les bords d'une mare, dans un jardin à Godinne (Août 2010).

    Photos: Nadine Thonnard.

     

      

     

  • Un héron dans la rivière.

    Le jour s'est levé depuis environ une heure. Je regarde la rivière de ma fenêtre. Un grand oiseau au manteau gris bleu et au long cou mince, souligné de traits sombres, semble à l'affût. Son bec harpon plus ou moins orangé est impressionnant. Il pénètre, à pas mesurés, dans l'eau peu profonde du cours d'eau. Quelles longues pattes !

    Il se penche progressivement en avant, le cou oblique, la tête et le bec à l'horizontale. Il scrute l'eau claire de son oeil fixe. Pendant au moins dix minutes, il reste dans cette position, se redressant de temps en temps, mais toujours avec une extrême lenteur.

    Ardea cinerea Yvoir Bocq 8-2-11 E.jpg

    Ardea cinerea Yvoir Bocq 8-2-11 A.jpg

    Ardea cinerea Adulte Yvoir Bocq 8-2-11.jpg

     

     

    Ardea cinerea Yvoir Bocq 8-2-11 C.jpg

    Photos: Fr. Hela, Yvoir (Bocq), le 8 février 2011.

     

    Après quinze minutes, avec un élan maladroit et plutôt comique, il prend son envol. Gagnant de l'altitude, son cou tendu vers l'avant se courbe et ses pattes se tendent vers l'arrière. Avec des battements d'ailes amples, le héron cendré (Ardea cinerea) disparaît en silence derrière les arbres.

  • Partez à la découverte de l'hellébore fétide (Helleborus foetidus) !

    Dans notre belle région, au bord de petites routes ou de sentiers, cherchez, parmi les broussailles et les prunelliers, l'hellébore fétide ! Vous la découvrirez aux endroits bien exposés. Cette Renonculacée se développe tout l'hiver. Vous apercevrez tout d'abord ses feuilles découpées, sombres et luisantes. Ensuite, dès janvier et, surtout, en février, apparaissent ses fleurs verdâtres dont les tépales sont souvent bordés de rouge.

    Helleborus foetidus A.jpg

     Photo: Fr. Hela, Bouvignes, février 2010.

     

    Helleborus foetidus.jpg

    Photo: Fr. Hela, Bouvignes, février 2010.

    Cette plante mystérieuse est une "cousine" de la rose de Noël (Helleborus niger) que vous plantez dans vos jardins et dont les fleurs blanches ou rosées s'épanouissent aussi en hiver. L'hellébore fétide est une plante thermophile que l'on rencontre aussi dans les forêts bien exposées, les bois clairièrés et les lisières forestières. Elle apprécie les sols caillouteux, un peu secs, et généralement calcaires. Elle est pollinisée par les insectes et ses graines sont dispersées par les fourmis.

  • Des becs-croisés des sapins (Loxia curvirostra) dans les mélèzes.

    Ce samedi 5 février, Charlotte et moi empruntons un chemin herbeux sous l'Airbois, à Tricointe. A notre droite, une zone en pente, plantée de mélèzes, domine la rue du Tricointe située en contrebas. A notre gauche, un tout autre paysage se présente à nous. C'est une ancienne coupe forestière à forte inclinaison, envahie de ronces et parsemées çà-et-là de petits arbres et d'arbustes colonisateurs.

    Des bouvreuils pivoines (Pyrrhula pyrrhula) émettent de petits sifflements très doux. Une femelle est perchée au sommet d'un sureau à grappe (Sambucus racemosa). Elle s'envole vers les mélèzes de l'autre côté du chemin. Dans le bois de conifères, retentissent d'autres petits sons identiques. Apparemment, les bouvreuils apprécient le coin. D'ailleurs, il y a une quinzaine de jours, j'observais un beau groupe de ces fringilles au même endroit. Certains d'entre eux se nourrissaient d'inflorescences sèchées de ronces et de graines de patiences à feuilles obtuses (Rumex obtusifolius). Ce ne sont pas moins de trente oiseaux qui circulent à présent devant nous, dont de magnifique mâles arborant leurs poitrines d'un rouge écarlate éblouissant.

    Dans le bois de mélèzes, une mésange huppée  (Lophophanes cristatus) circule sur une branche. Un roitelet huppé (Regulus regulus) explore un autre arbre. Une sittelle torchepot (Sitta europaea) escalade un tronc et une mésange noire (Periparus ater) apparaît. Il y a enfin de l'animation lors de cette journée sombre et venteuse !

    mesange_huppee_yvto_1g.jpg

    Mésange huppée (Lophophanes cristatus)

    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

     

    mesange_noire_dico_1g.jpg

    Mésange noire (Periparus ater)

    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Un oiseau robuste d'une taille un peu supérieure à celle d'un pinson se suspend à un cône de mélèze. Celui-ci se détache. L'oiseau s'envole, décroche cette fois un autre cône. Il l'emporte et le décortique sur une branche proche de nous, en le maintenant d'une patte. Son bec imposant se croise à l'extrémité, les mandibules pointues s'écartent à gauche et à droite. Cet instrument est particulièrement efficace pour extraire les graines des cônes ! Ses ailes ainsi que sa queue courte et fourchue paraissent gris sombre. Le rouge brique aux nuances orangées de sa tête, de sa poitrine et de son croupion nous émerveille. C'est un bec-croisé des sapins mâle. Quel spectacle ! Maintenant, six oiseaux se laissent admirer dont trois femelles au plumage gris vert olive et au croupion jaunâtre.

    bec-croise_des_sapins_redu_1g.jpg

    bec-croise_des_sapins_redu_3g.jpg

    Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra): La femelle en haut et le mâle en bas.

    Photos: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Au même moment, un busard Saint-Martin (Circus cyaneus) arrive soudainement. C'est une femelle ou un oiseau immature. Il passe en vol au-dessus de nos têtes, perd de l'altitude à la coupe forestière et se dirige vers les paysages plus dégagés de l'Airbois.

    Quelles émotions ! C'est sûr, on n'oubliera jamais ces moments que la nature nous offre ! 

     

     

     

     

  • Une bécasse des bois (Scolopax rusticola) victime de la bêtise des humains.

    Il est 16h30. On frappe à ma porte, alors que je suis sur le point de me rendre à la carrière, proche de chez moi, pour aller écouter les grands-ducs d'Europe. Une connaissance, de passage dans la région, vient me saluer et nous décidons d'aller explorer ensemble.

    A la lisière de la forêt, quelque chose s'agite dans les ronces. Intrigués, nous nous approchons lentement et je découvre une bécasse des bois au sol, visiblement empêtrée dans un amas de fils et de déchets divers. Avec précaution, j'immobilise l'oiseau et je m'aperçois qu'une de ses pattes reste accrochée. Après une dizaine de minutes, avec délicatesse et patience, je parviens à délivrer l'oiseau. Je le confie à mon compagnon pour prendre une photo.

    Scolopax rusticola Yvoir Février 2011.jpg

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, le 3 février 2011

    Après l'avoir examiné attentivement, nous décidons de lui rendre la liberté. Il semble en bonne forme et il n'y a pas de blessures. C'est dans la chênaie proche que la bécasse prendra son envol avec une rapidité qui nous laissera pantois quelques secondes. Une grande joie nous envahira devant la beauté de cet oiseau souvent victime de la bêtise des hommes !

  • Des canards carolins (Aix sponsa) visitent l'île d'Yvoir.

    Cette espèce n'appartient pas à notre avifaune. Elle a été introduite et niche localement à l'état sauvage. Le canard carolin est une espèce américaine du même genre que le splendide canard mandarin (Aix galericulata), originaire d'Asie orientale.

    Ces canards mâles sont des merveilles. Ils glissent sur la Meuse avec élégance et atteignent l'embouchure du Bocq. Ils ne sont restés en ces lieux qu'un seul jour.

    Aix sponsa mâles Yvoir Meuse 21-1-11 C.JPG

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Meuse), Janvier 2011.

     

     Voici le canard mandarin mâle.

     

    Aix galericulata Mâle Jambes 12-10.jpg

    Photo: Fr. Hela, Jambes (Meuse), Décembre 2010.

  • L'hiver est encore bien là, mais la nature se réveille petit à petit.

    L'hiver est encore bien là, il est vrai. Le froid piquant nous enveloppe ces derniers jours. Cependant ceux-ci s'allongent progressivement et l'hypophyse, glande endocrine située à la base du crâne et rattachée au cerveau, commence à travailler en sécrètant plusieurs hormones. Ce processus déclenche, parmi la gente ailée, des comportements pré-nuptiaux.

    C'est ainsi que la grive draine (Turdus viscivorus), omniprésente cet hiver dans les arbres couverts de guis de la région, entonne son chant mélancolique dans le silence hivernal de la forêt. Les notes mélodieuses et limpides émises par l'oiseau sont d'une grande douceur et apaisent l'âme de celui qui prend le temps de les écouter. Chaque année, à partir de la fin du mois de janvier, j'attends cette musique avec impatience et elle me surprend toujours.

    grive_draine_dico_1g.jpg

     Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Lors des rares moments ensoleillés de ces dernières semaines, on pouvait entendre les premiers chants des mésanges charbonnières, bleues et noires, ainsi que ceux de l'accenteur mouchet, du rouge-gorge, du troglodyte et du grimpereau des jardins.

    A l'île d'Yvoir, les hérons cendrés (Ardea cinerea), très agités, sont de retour aux nids, depuis une dizaine de jours. Allez les voir et vous assisterez à un spectacle impressionnant qui va s'accroître de jour en jour! Cris divers, parades, transports de branches et délimitations de territoire sont les prémices d'une grande aventure qui s'annonce.

    Ardea cinerea A.jpg

    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Ardea cinerea.jpg

    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net