• Deux orchidées printanières de nos sous-bois ...

    C'est principalement dans nos bois de chênes et de charmes où pousse la primevère officinale (Primula veris) que l'on peut admirer, de fin avril à début juin, de beaux peuplements d'orchis mâles (Orchis mascula). On trouve aussi cette orchidée en lisière des forêts ou dans les pelouses calcaires de la vallée de la Meuse (le site de Champalle est un bel exemple).

    Orchis mascula Yvoir 6 Avril 2011 B.jpg

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 26 Avril 2011.

     

    L'orchis mâle apprécie les lieux mi-ombragés ou ensoleillés et croît sur des sols secs, riches en bases. L'inflorescence en épi assez dense présente de nombreuses fleurs pourpre clair à rouge violet, rarement blanches ou roses.

    Orchis mascula Yvoir 6 Avril 2011.jpg

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 26 Avril 2011.

     

    En général, les feuilles de base de cette orchidée, groupées en rosettes, sont maculées de larges taches violet noirâtre ou brunâtre.

    Orchis mascula feuilles A.jpg

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 6 Avril 2011.

    Orchis mascula Yvoir (Airbois).JPG

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Airbois), 4 Mai 2011.

     

    La néottie nid d'oiseau (Neottia nidus-avis) prend naissance sur une pelote de racines dont l'aspect rappelle celui d'un nid d'oiseau. Cette orchidée particulière est totalement dépourvue de chlorophylle. Entièrement beige pâle à brunâtre, la néottie se nourrit exclusivement de matières organiques grâce à des mycorhizes*.

     

    Neottia nidus-avis Yvoir 6-5-11 A.jpg

    Photo: Fr. Hela, Evrehailles, 6 Mai 2011.

     

    Elle supporte le couvert dense de la forêt. C'est une plante de l'ombre ! Les sols frais, profonds, calcaires à neutres lui sont favorables. Elle croît souvent en touffes ou forme parfois d'importantes colonies très fluctuantes en nombre selon les années.

    Neottia nidus-avis Yvoir 6-5-11 C.jpg

    Photo: Fr. Hela, Evrehailles, 6 Mai 2011.

     

    Sa tige est épaisse, charnue et porte des feuilles réduites à l'état d'écailles engaînantes. Son inflorescence dense est constituée de nombreuses fleurs jaunâtres ou roussâtres. Les fleurs inférieures sont très espacées.

    Neottia nidus-avis Yvoir 6-5-11 D.jpg

    Photo: Fr. Hela, Evrehailles, 6 Mai 2011.

     

    En examinant de près une fleur, on peut remarquer le rapprochement vers l'avant, en casque, des sépales et pétales. Le labelle* est pendant, long et son sommet est divisé en deux lobes divergents. La néottie nid d'oiseau fleurit, dans notre région, de mai à juin.

    Neottia nidus-avis Yvoir 6-5-11.jpg

    Photo: Fr. Hela, Evrehailles, 6 Mai 2011.

     

    * Mycorhize: Association symbiotique entre un champignon et les racines d'une plante vasculaire. 

    * Labelle: Chez les Orchidacées, le labelle est le pétale médian antérieur plus grand que les autres, étalé ou pendant. 

     

     

     

     

     

     

  • Le vol chanté du pipit des arbres (Anthus trivialis), tout un spectacle !

    Venant du petit hameau de Tricointe, j'entame la montée vers l'Airbois. Le sentier caillouteux serpente dans la coupe forestière piquetée de sureaux à grappe, de sorbiers des oiseleurs ainsi que d'autres petits arbres et arbustes colonisateurs. Là, à la lisière de la forêt, posé au sommet d'un mélèze, un petit oiseau élancé émet un chant clair et sonore, répété avec insistance. Il est brun moucheté avec une poitrine plus claire marquée de rayures foncées espacées. Son bec est fin et bien pointu. Ses pattes, assez longues sont roses avec la griffe du doigt postérieur très allongée. Ce 8 avril, le pipit des arbres est revenu des savanes africaines où il a passé la mauvaise saison. Après avoir traversé notamment le Sahara, le voilà frais et fringant, débordant d'énergie !

    pipit_des_arbres_redu_9g.jpg

    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Soudain, tout en chantant vivement, il s'élance obliquement dans les airs jusqu'à 10 ou 20 mètres. Ce comportement me fait penser à celui de l'alouette. Sa chanson se compose de plusieurs motifs enchaînés rapidement, dont chacun est la répétition d'une ou deux syllabes. Maintenant, il se laisse descendre en vol, les ailes étendues et la queue déployée. Lors de cette chute planée, il conclut son chant en une série de notes descendantes ("tsi-a tsi-a tsi-a tsi-a tsi-a") qui se ralentit et s'éteint jusqu'au moment où il se pose sur son perchoir de départ. Après un petit moment d'accalmie, le voilà à nouveau plein d'entrain et le spectacle recommence.

     

    pipit_des_arbres_redu_5g.jpg

    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Dans notre région, si vous voulez assister à cette représentation particulière, il vous faudra trouver des espaces dégagés avec une végétation herbacée bien fournie au sol et avec quelques arbres ou buissons disséminés qui serviront, à notre oiseau, de perchoirs pour entonner son chant. On peut observer le pipit des arbres dans des milieux bien typiques: à la lisière des bois, dans les jeunes plantations de conifères, les clairières, les coupes à blanc ou éclaircies, les prés bordés d'arbres ou de haies, mais aussi dans les pelouses calcaires piquetées d'arbres ou d'arbustes.

     

     

  • La petite nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula)

    Appelée aussi agrion au corps de feu, cette libellule est très précoce. Elle vole dès le 15 avril jusqu'à la première décade d'août. La période d'apparition maximale se situe entre la mi-mai et le début de juin (dates extrêmes: 2 avril et 28 août), d'après Goffart, De Knijf et al. (2006).

    La libellule est l'amie du soleil. Par temps frais, elle profite des moments d'ensoleillement pour réchauffer suffisamment son organisme. Ce mâle d'agrion au corps de feu exposent généreusement son corps aux chauds rayons.

    Pyrrhosoma nymphula Mâle Annevoie-Rouillon 1-5-11 A.jpg

    Photo: Fr. Hela, Annevoie-Rouillon, 2 Mai 2011.

     

    La petite nymphe au corps de feu se rencontre aussi bien aux abords des eaux courantes que stagnantes, où la végétation est abondante. Elle apprécie notamment les petits cours d'eau lents, les fossés, les argilières, les étangs et les mares.

    En dépit de sa couleur rouge, elle est parfois difficile à voir. Il faut la chercher surtout dans la végétation, car elle évite l'eau libre.

    Pyrrhosoma nymphula Femelle Godinne 3-5-11.jpg

    Pyrrhosoma nymphula: Femelle

    Photo: Nadine Thonnard, Godinne, 3 Mai 2011

     

    Pyrrhosoma nymphula Yvoir 7-5-11.jpg

    Pyrrhosoma nymphula: Mâle

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 7 mai 2011.

    Pyrrhosoma nymphula Accouplement Yvoir 7-5-11.jpg

    Pyrrhosoma nymphula: Accouplement

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 7 Mai 2011.

     

     

  • Le rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), un oiseau plein de vivacité.

    Alors que les prunelliers et les cerisiers sauvages commencent à se parer de fleurs blanches, le premier rougequeue à front blanc apparaît sur ses perchoirs favoris, à proximité de ma maison. Du sommet d'un bouleau, puis d'un frêne ou du toit d'une ancienne bâtisse, le mâle, resplendissant, émet une phrase brève et mélodieuse, un peu mélancolique, qu'il répète à raison de sept à neuf fois par minute.

     

    rougequeue_a_front_blanc_dico_4g.jpg

    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Chaque année, à la même époque, j'attends avec impatience ce passereau qui m'enchante. Il a la silhouette fine. Délicat et élégant, il fait preuve de grâce et de vivacité dans ses mouvements.

     

    rougequeue_a_front_blanc_dico_1g.jpg

    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    En hiver, notre rougequeue a séjourné en Afrique occidentale (Sénégal, Haut-Niger) ou, peut-être, plus loin (Ouganda, Rwanda, Sud-est du Kenya, Tanzanie, Congo).

    Mais pourquoi ne reste-t-il pas là-bas ? Pourquoi risquer un nouveau voyage ?

    Au fil des semaines, dans les régions où il hiverne, la terre se dessèche inexorablement. Les feuilles tombent, la savane roussit et les insectes s'enfouissent profondément dans le sol. Au Sahel, le rougequeue à front blanc, essentiellement insectivore, doit se rabattre sur les ponpons jaunes des mimosas, puis sur quelques autres fruits d'autres essences. En mars, à la fin de son hivernage, il n'y a pratiquement plus rien à manger. Sous un soleil de plomb, la savane jaunit. Alors, notre oiseau s'en va au bon moment.

    Quelques semaines plus tard, le mâle nous revient et se met directement à chanter. Après quelques jours, une femelle s'arrêtera, attirée par le chanteur intarissable. Le couple se forme et, à l'heure où je vous parle, le nid est édifié et la femelle couve.

     

    rougequeue_a_front_blanc_dico_3g.jpg

    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net