• Le Tircis (Pararge aegeria), papillon de nos bois et forêts.

    Parmi les papillons sylvestres assez communs, cette espèce paraît être une des plus aptes à se camoufler en raison de sa coloration discontinue qui semble adaptée à la lumière tamisée des sentiers forestiers et des clairières qu'elle fréquente. Le Tircis se pose souvent à terre, parmi les feuilles sèches ou sur les chemins. Il se tient volontiers dans les trouées des bois et en lisière, mais aussi à l'intérieur des peuplements forestiers, là où le soleil réussit juste à percer entre les cimes. Les forêts feuillues ou mixtes constituent ses domaines.

     

    Pararge aegeria Awagne 3-07-11.JPG

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), Juillet 2011.

     

    Le mâle, peu différent de la femelle, montre un net comportement territorial. Il se poste longtemps sur une feuille d'un arbuste sans bouger, étend ses ailes au soleil et chasse les autres papillons qui s'approchent.

    La chenille de ce papillon, vert clair et ornées de fines lignes blanchâtres, est difficile à repérer. On la trouve sur diverses graminées dont elle se nourrit.

    Le Tircis vole en deux générations, de fin mars à juin et de fin juin à début octobre.

     

  • L'Erythrée petite centaurée (Centaurium erythraea).

    Dans les friches caillouteuses des carrières, dans les coupes forestières bien exposées ou à la lisière ensoleillée des bois, vous trouverez cette petite merveille. C'est de juillet à fin septembre que l'Erythrée petite centaurée étale ses pétales d'un rose profond donnant une touche de couleur à nos terrains rocailleux brûlés par le soleil d'été.

     

    Centaurium erythraea h.JPG

    Photo: Fr. Hela, Purnode, Juillet 2011.

     

    L'Erythrée petite centaurée fait partie de la même Famille que les gentianes (Gentianacées). Lorsqu'on évoque les gentianes, on ne peut s'empêcher de se souvenir des prairies montagnardes où s'épanouissent des fleurs jaunes, bleues ou pourpres. Et pourtant la Famille des Gentianacées est représentée en Belgique par 11 espèces indigènes appartenant à 5 Genres différents. La plupart sont peu communes, voire très rares telle la gentiane champêtre (Gentianella campestris) qui n'existe dans notre pays qu' à la Montagne Saint-Pierre, sur la commune de Visé (Province de Liège).

     

    Gentianella campestris Mathieu Menand-www.tela-botanica.org.jpg

    Gentianella campestris

    Photo: Mathieu Menand - www.tela-botanica.org

     

    L'Erythrée petite centaurée n'est pas trop rare dans notre belle région. A certains endroits, on peut découvrir de belles stations comprenant plusieurs dizaines de plantes !

     

    Centaurium erythraea Yvoir 5-07-11.jpg

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 5 juillet 2011.

     

    Admirez-la et ne la cueillez-pas ! Cette espèce est protégée par la loi.

    Qu'on se le dise !

     

     

  • L'année du serin cini (Serinus serinus).

    A la cime du bouleau, à quelques pas de ma maison, une étrange litanie aiguë, grinçante, mais alerte, semble tomber du ciel en strophes interminables. L'auteur: un petit oiseau au front et à la poitrine jaune vif, nettement plus petit qu'un moineau. Un mâle de serin cini !

     

    Serinus serinus Yvoir 23-5-11 A.JPG

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 23 Mai 2011.

    Le bec conique très court, la petite queue échancrée, le front et les sourcils jaune uni, le dessus de la tête et le dos rayés sont caractéristiques. La petitesse de cet oiseau est frappante. En effet, le plus petit de nos Fringilles ne mesure que 11-12 cm de long et son poids ne dépasse guère 14 g.

     

    Serinus serinus Y.Toupin.jpg

    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

     

    Emporté par son ardeur nuptiale, il chante à perdre haleine. Soudain, il se met à voler comme un papillon au-dessus du jardin, tout en chantant. Quelques heures plus tard, je découvrirai un couple picorant çà-et-là en sautillant, sans craindre de se faufiler parmi les herbes et les tiges enchevêtrées d'une friche toute proche.

     

    Serinus serinus B.jpg

    Serinus serinus D.jpg

    Photos: Fr. Hela, Yvoir, 23 Mai 2011.

     

    Méridional d'origine, le serin cini est amoureux du soleil et de la lumière. Il n'est nulle part plus abondant que dans le Midi. Le printemps exceptionnellement radieux de cette année lui est favorable. Il fréquente les grands jardins et les parcs arborés, les vergers, les cimetières et les villages proche de la vallée de la Meuse. Il se plaît dans ses milieux pourvu qu'il y trouve des zones d'herbes rases et quelques arbres, avec une préférence pour les cyprès, les thuyas, les pins et les cèdres.

    Serin cini R.Dumoulin.jpg

    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

     

    Lors des années plus froides et plus pluvieuses, on ne l'entend guère. La population nicheuse est fluctuante, bien que l'espèce soit en progression constante vers le Nord. En Belgique, il se reproduit localement. Certaines années sont plus favorables que d'autres.

     

     

     

     

  • Le Petit Mars changeant (Apatura ilia) dans la vallée du Bocq.

    Ce papillon est devenu rare! De ce fait, son observation est toujours un évènement pour le naturaliste que je suis. Il fréquente encore, très localement, les forêts alluviales à l'atmosphère humide et chaude de certaines rivières de Wallonie. Le mâle s'abreuve volontiers aux flaques, sur les chemins forestiers ensoleillés. Lorsqu'il est dérangé, il s'envole la plupart du temps vers le haut et se perche sur la pointe d'un rameau, où il ouvre et referme ses ailes. Suivant l'angle de la lumière incidente, le dessus des ailes montre alors un éclat chatoyant bleu violet du plus bel effet.

     

    Apatura ilia Evrehailles 15-06-11.jpg

    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (vallée du Bocq), Juin 2011.

     

    Le Petit Mars changeant est une espèce thermophile. Il aime particulièrement les vallées ensoleillées et les zones boisées claires de saules (Salix sp.) et de peupliers trembles (Populus tremula).

     

    Populus tremula Jeunes feuilles.jpg

    Le peuplier tremble (Populus tremula), la plante-hôte préférée de la chenille.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Mai 2011.

       

    En août, la femelle pond ses oeufs un à un sur le dessus des feuilles de ces essences, à 4-5 mètres de hauteur. Environ à la moitié de son développement, la chenille hibernera. Ce ne sera qu'à la belle saison suivante que l'imago prendra son envol (mi-juin).

     

    Apatura ilia Evrehailles 15-06-11 D.jpg

    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (vallée du Bocq), Juin 2011.

     

    En Wallonie, le Petit Mars changeant est devenu rare ou absent en beaucoup d'endroits. La rectification des cours d'eau engendrant la disparition des zones alluviales importantes pour l'espèce, l'enrésinement des fonds de vallée ou la plantation de peupliers canadiens sont probablement les causes de son déclin. Heureusement, la vallée du Bocq est encore relativement préservée. La partie de la rivière située en contrebas des Fonds d'Ahinvaux où j'ai découvert ce magnifique papillon, semble répondre à ses exigences.

     

     

  • La doradille du Nord (Asplenium septentrionale), une fougère rare chez nous.

    Cette fougère des zones tempérées et subarctiques de l'hémisphère boréal habite les fissures des rochers et des vieux murs siliceux.

     

    Asplenium septentrionale Purnode 27 Mars 2011.jpg

    Photo: Fr. Hela, Purnode, Mars 2011.

     

    Très discrète, la doradille du Nord est une fougère réduite à sa plus simple expression. Si l'on n'y prenait garde, elle pourrait bien passer pour une banale touffe d'herbe ! Ses frondes en lanière étroite, fourchues à leur extrémité, portant des bandes brunes de sporanges sur leur revers, permettent aisément de l'identifier.

     

    Asplenium septentrionale Annevoie-Rouillon Avril 2011.jpg

    Photo: Fr. Hela, Annevoie-Rouillon, Avril 2011.

     

    Notre fougère, très originale par sa morphologie, est une espèce rare dans notre pays. Les quelques stations dans notre région se situent dans des anfractuosités de rochers siliceux (pasmmites, schistes et grès). En France, dans les massifs siliceux de montagnes, elle est assez fréquente, notamment dans les Cévennes, les Alpes, les Pyrénées et les Vosges.