• L'élégante Pie-grièche grise (Lanius excubitor) de passage à Yvoir (Tricointe)

    Le 30 octobre dernier, je décide d'explorer les alentours à proximité du "Chêne à l'Image". Il fait serein et j'espère observer quelques oiseaux de passage, dans des milieux plus ouverts. A la sortie de la forêt, le chemin caillouteux apparaît, au milieu des prairies, bordés çà et là de quelques buissons et arbustes. Au sommet de l'un d'entre eux, une sentinelle pâle se détache. Quel bonheur ! Une pie-grièche grise, de passage, a choisi ces lieux pour y trouver quelques proies. Ma rencontre avec cet oiseau provoque toujours chez moi un enthousiasme débordant. Je ne bouge plus, je l'observe attentivement et je me tapis derrière un buisson pour ne pas l'effaroucher, sachant qu'elle veille et voit tout de son poste de guet.

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    Photo: Jules Fouarge - Aves-Natagora


    Quelle élégance se dégage de cette pie-grièche, au beau plumage contrasté ! La poitrine blanche éclatante au soleil d'octobre, agitant latéralement sa longue queue, elle est vigie au bord du chemin.

     

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net


    De la taille d'un merle, avec une grosse tête grise et blanche, terminée par un bec crochu, foncé et fort, elle a fière prestance. Elle porte au visage des bandeaux noirs passant sur les yeux, ce qui lui donne un air de petit bandit. De dos et de profil, elle montre à présent son manteau gris perle et ses ailes assez courtes, obtuses et noires, avec une tache blanche bien visible. Sa longue queue arrondie est noire, bordée de blanc.

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    Photo: René dumoulin - www.oiseaux.net


    En observant cette merveille ailée, je ne peux m'empêcher de songer que ce passereau prédateur, et les pies-grièches en général, ne jouissait pas, par le passé, d'une bonne réputation, ce qui me désole. Certains comportements de ces oiseaux ont conduit à présenter les pies-grièches comme des animaux sanguinaires, cruels, féroces ... Il faut dire que les pies-grièches ont l'habitude d'empaler leurs proies sur des épines ou un rameau d'arbuste épineux (parfois aussi sur un fil barbelé d'une clôture) soit pour les dépecer, soit pour les mettre en réserve en attendant de les consommer.

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    Photo: Marek Szczepanek (Pologne)


    Le terme "Laniidés" désignant la Famille qui regroupe ces oiseaux viendrait du latin laniarius signifiant "boucher" et laniatus, "déchirer". Leurs cris aigus et discordants (le nom anglais pour nommer ces oiseaux est "shrike", "qui pousse des cris aigus") participent encore à cette connotation sinistre, depuis le Moyen-Age. Le terme "grièche" datant du 13ème siècle est également péjoratif ("grièche d'hiver" de Ruteboeuf). Celui-ci est le féminin du vieux français "grieu" qui a le sens de méchant, mauvais, d'après Cabard P. et Chauvet B. (1997). L'Homme se trouve partout des miroirs, sans songer que l'être animal ne choisit pas sa voie, nous dit Paul Géroudet (1998). Cessons donc de juger d'après nos critères et renonçons à voir la Nature comme l'on voudrait qu'elle soit ! La Nature est et sera, sans plus, et est, malgré sa complexité, extrêmement bien organisée !

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    Photo: Pierre Melon, Houtain-Le-Val, 21 Octobre 2011


    Mais revenons à présent sur ce chemin où je me suis accroupi, au pied d'un buisson touffu. La pie-grièche grise, après un moment d'inquiétude, reprend ces activités. Se penchant légèrement vers l'avant, la queue animée d'un lent battement vertical, on dirait qu'elle scrute le sol.

     

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    Photo: Joris Everaert, Durmemeersen, 10-03-12


    Ensuite, de son perchoir favori, le corps dressé et la queue cette fois pendante, elle reprend la surveillance des alentours. Soudain, elle fond obliquement dans l'herbe. A-t'elle repérer une proie ? Non! Elle est à nouveau de faction, sur la même branche. C'est alors que le bruit d'un moteur se fait entendre. Un petit tracteur remonte lentement le chemin. La pie-grièche ne tarde pas à s'envoler. Je suis sa trajectoire onduleuse, à faible hauteur. Celle-ci s'achève par une remontée presque verticale pour se terminer à la cime d'un arbre de la lisière.

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net


    L'évènement passé, elle est de retour sur sa branche. Lors d'un moment d'inattention de ma part, je la perd de vue. Les membres endormis, je me relève pour bouger un peu et je la retrouve un peu plus loin, sur le piquet d'une clôture. De là, à l'instar du faucon crécerelle, elle explore la prairie en volant sur place, battant rapidement des ailes, à quelques mètres de hauteur, puis elle plonge en piqué. Son manège se répètera jusqu'à ce qu'elle s'envole finalement vers la lisière, un rongeur bien dodu au bec. Quel spectacle !

     

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    Photo: Jules Fouarge - Aves-Natagora


    L'affût n'est pas le seul mode de chasse de notre pie-grièche. En hiver, il n'est pas rare de l'observer, poursuivant de petits passereaux, avec un acharnement et une habilité dignes d'un épervier ! "Ses ailes courtes et arrondies lui permettent d'évoluer aisément et très vite entre les branches et buissons, serrant de près sa victime qu'elle plaque au sol ou cherche à saisir au cours d'un renversement ." (P. Géroudet, 1998).

    La pie-grièche grise est la seule de sa Famille qui reste chez nous en hiver, de novembre à mars. A cette saison, elle s'installe parfois plusieurs semaines en des endroits où ses proies sont assez abondantes (rongeurs, petits mammifères insectivores ou passereaux). Depuis 1995, j'ai eu la chance de la voir, en hiver, dans des zones plus ou moins dégagées de notre commune. Le plus souvent, ce sont des prairies bordées de haies ou piquetées d'arbres fruitiers en bon ou mauvais état et des lisières forestières, pourvues de points de guet, qui l'attirent: à Houx-sur-Meuse, posée dans un arbre fruitier, derrière le château et à Evrehailles (haies et buissons dans une prairie bordant la petite route menant à Blocmont, à Niersant, au sommet d'une haie, aux abords de la Ferme du Harnoy, en lisière forestière ou au lieu-dit "Luchelet", au sommet d'un vieil arbre fruitier).

    L'oiseau régurgite régulièrement, après la digestion, des boulettes, oblongues et dures, d'une longueur de 20 à 30 mm sur 10 à 13 mm de large, constituées de fragments de chitine, d'os et d'autres particules indigestes. L'examen de ces pelotes de réjection permet de se faire une idée de son régime alimentaire. En hiver, ses proies de prédilection sont surtout des rongeurs (campagnols, mulots,...), des insectivores (musaraignes, taupes) et des petits passereaux (moineaux, linottes, pinsons, bruants, mésanges, ...).

     

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    Pelote de réjection de la pie-grièche grise

    Photo: Didier Vieuxtemps, Nassogne, 22 Février 2012

     

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    La pie-grièche grise (Lanius excubitor), à Yvoir (Tricointe), le 30 Octobre 2012

    Photo: Fr. Hela




     


  • Le Polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum) et le Polystic à soies (Polystichum setiferum), fougères de nos forêts de ravin ombragées.

    Les forêts de ravin ombragées, sur éboulis calcaires ou gréso-schisteux sont des associations forestières assez caractéristiques du bassin de la Meuse et de ses affluents. Elles y occupent les éboulis et colluvions, dans les ravins et pentes abruptes des vallées encaissées. Dans ces sites, elles bénéficient, à l'abri des vents, d'une atmosphère fraîche et humide où les écarts de température sont atténués.

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    Forêt de pente où croissent des Polystics à soies (Polystichum setiferum)

    Photo: Fr. Hela, Vallée du Crupet, 3 Mars 2012


    Dans la vallée du Bocq, on peut admirer, à divers endroits, de magnifiques érablières de ravin. Celles-ci sont bien adaptées aux sols incomplètement stabilisés qu'elles contribuent à fixer par leur enracinement oblique et profond.

     

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    Le Bocq, entre Spontin et Yvoir, à creusé une vallée qui, à certains endroits, est très encaissée. On peut y observer de belles érablières de ravin à Langues de cerf ou Scolopendres (Asplenium scolopendrium). Les deux Polystics y sont fréquents.

    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (Bauche), Octobre 2012.

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    Forêt de ravin sur éboulis calcaires avec des Langues de cerf (Asplenium scolopendrium).

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Mars 2012.


    Les essences typiques de ces formations sont l'érable plane (Acer platanoides), l'orme des montagnes (Ulmus glabra) et, dans les pentes calcaires, le tilleul à larges feuilles (Tilia platyphyllos) et le frêne (Fraxinus excelsior). La flore herbacée du sous-bois tolère un ombrage important et comporte diverses espèces de fougères, certaines à frondes persistantes en hiver. C'est surtout en ces lieux que vous rencontrerez nos deux Polystics.

     

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    Le Polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum)

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 13 Février 2011


    Les Polystics possèdent des feuilles composées (frondes) rapprochées en touffes, au sommet d'une tige souterraine (rhizome) plus ou moins dressée et courte.

     

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    Frondes en touffes de Polystics à soies (Polystichum setiferum)

    Photos: Fr. Hela, Yvoir, Septembre 2012

     

    La face inférieure de celles-ci présente, de juillet à octobre, des indusies peltées, c'est-à-dire des membranes recouvrant des amas de sporanges ou sores, en forme de cercle et plus ou moins fixées par le centre. Chez les deux espèces, les dents des feuilles sont prolongées par une arête bien marquée.

     

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    Indusies orbiculaires et peltées à la face inférieure d'une fronde d'un Polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum).

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Septembre 2012.


    Le Polystic à aiguillons, plante vivace, a des frondes pouvant atteindre 80 cm. Le limbe de celles-ci est très luisant, glabre, coriace et progressivement réduit à la base. Le pétiole est plus court que celui du Polystic à soies. Les pinnules sont attachées obliquement sur les axes et ne présentent pas de pétiolules distincts.

     

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    1. Souche courte et épaisse, avec la base des pétioles des feuilles.

    2. Rachis du limbe couvert d'écailles rousses.

    3. Fronde (feuille composée) entière à limbe glabre à la face supérieure, vert sombre, assez coriace et rétréci progressivement à la base (persistante en hiver).

    4. Premières divisions (pennes) arquées vers le haut.

    5. Segments des pennes (pinnules).

    6. Segments supérieures (pinnules) de la base des pennes plus grands que les voisins.

    7. Ceux-ci son insérés à la base sur toute la largeur (non pétiolulés).

    Dessins extraits de la Flore forestière française, par Rameau J.-C. et al., Institut pour le développement forestier (1. Plaine et colline), 1989.


    Son développement se déroule au printemps et ses feuilles persistent en hiver jusqu'à la fin du printemps suivant.

     

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    Frondes au début de leur développement.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Printemps 2011.


    Le polystic à aiguillons recherche fraîcheur et humidité. Il pousse indifféremment sur sols calcaires ou siliceux. Il se rencontre dans les sous-bois humides, souvent parmi des blocs rocheux ou dans des ravins encaissés, en bord de ruisseaux. Cette fougère colonise parfois la base de rochers ou de vieux murs. Elle est considérée comme assez rare en Wallonie.

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    Le Polystic à aiguillons aux frondes vert sombre et luisantes, persistantes en hiver.

    Photo: Fr. Hela, Hun-sur-Meuse, 17 Mars 2012


    Le Polystic à soies, plante vivace, est beaucoup plus rare. C'est une grande fougère à feuilles souvent étalées et retombantes, atteignant parfois 1 mètre de longueur. Le limbe de celles-ci est mat, peu coriace et très peu réduit à la base.

     

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    1. Pétiole plus long que Polystichum aculeatum.

    2. Rachis écailleux.

    3. Fronde (feuille composée) entière, peu rétrécie à la base, glabre, assez molle, disparaissant normalement en hiver. Elle peut persister quelquefois à cette saison, en des stations plus protégées.

    4. Pennes aigues, en général arquées vers le haut.

    5. Segments des pennes (pinnules) pétiolulés, à lobes dentés, insérés perpendiculairement au rachis des pennes (costa).

    6. Lobe basiliaire extérieur d'une pinnule légèrement plus développé que les autres.

    7. Penne avec pinnules.

    Dessins extraits de la Flore forestière française, par J.-C. Rameau et al., Institut pour le développement forestier (1. Plaine et colline), 1989.


     

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    Frondes du Polystic à soies apparaissant au printemps.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 2011


    Le Polystic à soies requiert l'ombre, la fraîcheur et l'humidité atmosphérique (climat océanique). C'est une fougère des vallons et ravins encaissés, des bois de pente et des bords de ruisseaux. Indifférente aux substrats, elle préfère néanmoins des terrains siliceux et des sols à acidité modérée.

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    Le Polystic à soies (Polysticum setiferum).

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 30 Mai 2011.


    Lorsque les deux Polystics coexistent à un endroit, des plantes hybrides sont parfois observées (P. xbicknelii). Celles-ci se reconnaissent surtout à leurs spores au moins en partie avortées, mais il n'est pas toujours facile de les distinguer, sans examen microscopique, des individus robustes de Polystichum aculeatum.


    Littérature consultée:

    Clesse B.: "Initiation à la reconnaissance des fougères de nos sous-bois, vieux murs, rochers et éboulis" - Entente nationale pour la protection de la nature a.s.b.l., 2006.

    Lambinon J. et al.: "Nouvelle Flore de la belgique, du G.-D. de Luxembourg, du Nord de la France et des Régions voisines" (Cinquième Edition) - Patrimoine du Jardin botanique national de Belgique, Meise, 2004.

    Noirfalise A.: " Forêts et stations forestières de Belgique" - Ed. Les Presses Agronomiques de Gembloux, 1984.

    Prelli R.: "Guide des fougères et plantes alliées" (Deuxième édition) - Ed. Lechevalier, Paris 1990.

    Prelli R. et Boudrie M.: "Atlas écologique des fougères et plantes alliées" - Ed. Lechevalier, Paris 1992.

    Rameau J.-C. et al. : "Flore forestière française" Tome 1: "Plaine et colline", Institut pour le développement forestier, 1989.

     












     



     



  • La chenille du Sphinx du pin (Sphinx pinastri)

    Crupet, rue de Venalte.

    Le 2 septembre dernier, j'examine les rameaux d'un épicéa commun (Picea abies), afin de montrer à Guillaume les protubérances saillantes sur lesquelles sont insérées les aiguilles. En tournant la tête, je me trouve nez à nez avec une splendide chenille d'au moins 7 à 8 cm. Elle est allongée sur un rameau, à la hauteur de mes yeux. Quelle belle surprise !

     

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    Photo: Fr. Hela, Crupet (Venalte), 2 Septembre 2012


    La chenille est verte, luisante et présente des bandes latérales blanc jaunâtre interrompues, une ligne dorsale brun rouge et des stigmates rouges. Sa tête est brune orangée et elle possède surtout une sorte de corne noirâtre recourbée sur la partie dorsale du onzième segment. Pas de doute, cette corne à l'arrière du corps m'indique qu'il s'agit de la chenille d'un Sphinx et, plus précisément, celle du Sphinx du pin.

     

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    Photo: Fr. Hela, Crupet (Venalte), 2 Septembre 2012


    Après l'éclosion, cette chenille dévore une partie de la membrane de l'oeuf dont elle est issue. A ce moment là, elle mesure environ 5 mm et est de couleur jaune mat. Sa tête est plus foncée et disproportionnée. Sa corne abdominale fourchue est déjà foncée. Ensuite, elle devient verte ou brune, avec des bandes longitudinales jaune blanchâtre et une capsule céphalique verte. La chenille observée est au stade terminal de son développement. Elle se nymphosera  au sol, à proximité de l'arbre sur lequel elle a vécu, sous les aiguilles tombées, la mousse ou en terre peu profonde. C'est sous forme de chrysalide que l'espèce passera l'hiver.

    De mai à août, le Sphinx du pin vole au crépuscule et visite les fleurs riches en nectar, en plongeant sa trompe assez longue dans les corolles, sans se poser.

     

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    Photo: Philippe Vanmeerbeeck, Couthuin, 23 Juin 2012.


    Il apprécie les fleurs des Troènes (Ligustrum vulgare et ovalifolium), de la Saponaire officinale (Saponaria officinalis), des Corydales (Corydalis) ou des Chèvrefeuilles (Lonicera).

     

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    Les fleurs très odorantes du chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum) sont souvent visitées par le Sphinx du pin.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Airbois), 6 Juin 2012


     

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    La Saponaire officinale (Saponaria officinalis) n'est pas rare dans notre région. On la trouve sur les berges et les graviers, le long des cours d'eau, au bord des chemins et sur certains talus.

    Photo: Fr. Hela, Godinne (Bord de Meuse), Juillet 2012.

     


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    La Corydale solide (Corydalis solida) fleurit en mars et avril, dans les bois frais de la vallée du Bocq, sur colluvions ou alluvions, au pied des haies et dans nos vergers.

    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (Haie aux Faulx), 20 Mars 2012.


    Le soir, le Sphinx du pin est parfois attiré par des sources lumineuses. Son vol nuptial commence tard dans la nuit et l'accouplement a souvent lieu sur des troncs de conifères. Au petit matin, on peut parfois le surprendre, posé sur un tronc. Cependant, il passe le plus souvent inaperçu. En effet, au repos, ses ailes antérieures grises, marquées de courts traits transversaux noirâtres ainsi que des bandes et des taches brunes, lui assurent un parfait camouflage.

     

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    Photo: Vic Van Dyck, Veerle, 1 Juillet 2009.


    Notre papillon fréquente les lisières des forêts de conifères et des forêts mixtes, mais également les parcs et jardins où diverses espèces de conifères à aiguilles sont plantés.

    Il possède un corps fuselé assez épais. Ses ailes antérieures sont très allongées, étroites et pointues, alors que ses ailes postérieures sont proportionnellement petites. Son thorax, très développé, abrite une puissante musculature alaire. Comme la plupart des sphinx, il chauffe ses muscles en faisant vibrer ses ailes, avant de s'envoler. 

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    Photo: Philippe Vanmerbeeck, Couthuin, 7 Juillet 2012.


    Hétérocère ("papillon de nuit"), Sphinx pinastri (syn. Hyloicus pinastri) a une envergure de 7,5 à 9 cm. Il fait partie de la Famille des Sphingidae dans laquelle on trouve des papillons de moyenne à très grande taille. Le Sphinx gazé (Hemaris fuciformis) est l'un des plus petits de nos régions. La plus grande espèce est sans nulle doute le Sphinx tête-de-mort (Acherontia atropos), avec son envergure de 9 à 13 cm et son corps long de 5 à 6 cm. Une espèce de seulement 2 cm d'envergure vit à Madagascar et une autre de 22 cm au Vénézuela.

    La couleur du Sphinx du pin peut fortement varier. On observe parfois des papillons présentant une couleur de fond blanchâtre ou noire.

     

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    Ce papillon plus clair a été photographié par Irène Volont, à Aische-en-Refail,

    le 30 Mai 2011.