Cétérach (Ceterach officinarum)

  • Le Cétérach (Ceterach officinarum), petite fougère reviviscente !

    Dans le texte, les chiffres entre parenthèses invitent le lecteur à se référer au petit glossaire, en fin de note.

    Cette petite fougère (18 à 25 cm) assez rare croît sur les vieux murs, les fentes de rochers et les éboulis rocheux, surtout sur des substrats calcaires. Elle est très bien adaptée à la chaleur estivale par ses remarquables facultés de reviviscence. En effet, cette plante vivace, aux feuilles persistantes, est capable de supporter de longues périodes de sécheresse. Le limbe de la feuille, en partie déshydraté, s'enroule et "attend" en vie ralentie, sous la protection des écailles sèches de sa face inférieure, le retour de l'humidité suffisante pour s'épanouir à nouveau et reprendre sa vie active. Dans un livre consacré aux fleurs du Parc National des Ecrins, j'ai trouvé cette surprenante anecdote: "Daubeny, professeur d'anglais, raconte qu'un pied de Cétérach, oublié pendant deux ans dans un herbier, a repris vie après quelques jours de replantation" !

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Rue du Redeau), Octobre 2011.

     

    Les frondes (1) du Cétérach sont rapprochées en touffes. Les pétioles (2) très écailleux de celles-ci sont plus courts que le limbe (3). Celui-ci est épais, une seule fois divisé, à pennes (4) de longueur décroissante vers le bas de la feuille et soudées au rachis (5) par toute leur largeur. La face supérieure du limbe est verte et l'inférieure est couverte d'écailles d'abord argentées puis brun roux cachant les sores (6).

     

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    Ceterach officinarum: épanouissement de nouvelles frondes.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Rue du Redeau), Mai 2011.

     

    Dans certains ouvrages, le nom scientifique utilisé pour désigner cette espèce est Asplenium ceterach. Les opinions divergent entre sa séparation en un Genre distinct (Ceterach) et son maintien dans le Genre Asplenium, positions qui se justifient l'une et l'autre (R. Prelli et M. Boudrie, 1992). Cette fougère était autrefois utilisée en médecine contre les inflammations de la rate en particulier, comme diverses espèces d'Asplenium (du grec splen, rate). Le nom "cétérach" serait d'origine arabe (cetrack). Au Moyen-âge, notre fougère semble être un remède contre "l'obstruction" de la rate et du foie. Elle contiendrait aussi des substances (tanin et acides organiques) bénéfiques pour la guérison de blessures. Le pouvoir cicatrisant de celles-ci stopperait les hémorragies, désinfecterait et ferait évoluer favorablement les plaies.

     

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    Photo: Fr. Hela, Dorinne (Chansin), 27 Juillet 2011.

     

    (1) Fronde: Ce terme désigne la feuille des fougères et comprend donc le pétiole et le limbe.

    (2) Pétiole: Partie amincie de la feuille reliant le limbe à la tige. Celui-ci est souvent écailleux chez les fougères.

    (3) Limbe: Partie élargie de la feuille.

    (4) Penne: Chez les fougères, foliole d'une feuille composée.

    (5) Rachis: Axe principal chez une feuille composée et pennée, prolongeant le pétiole et correspondant ainsi à la nervure principale du limbe.

    (6) Sore: Chez les fougères, groupe de sporanges (organes dans lesquels se forment les spores), chez les Ptéridophytes (plantes herbacées se reproduisant par des spores).