Grosbec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes)

  • Des grosbecs casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes) à Yvoir.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Tricointe, en cette fin d'année.

    Des cris secs dont les étranges ponctuations éclatent à tout instant résonnent. D'où viennent-ils ? Levons la tête ! Tout là-haut, au sommet de cet arbre croissant à la lisière de la forêt, la silhouette massive d'un grosbec se détache dans la grisaille. Un corps trapu, une courte queue à peine échancrée, un cou costaud et une grosse tête portant un bec conique impressionnant, voilà le plus gros de nos Fringilles. Il a presque la taille d'un étourneau.

    Timide et discret à l'ordinaire, en cette saison il ne cherche pas à se dissimuler. Il aime alors les postes dominants et dégagés, particulièrement les ramures élevées à la cime de grands arbres. Son attitude dressée, presque verticale est typique.

    Cet oiseau recherche volontiers des graines protégées par une enveloppe ligneuse très dure, qu'il est seul à pouvoir briser. Les cerises, par exemple, l'intéresse pour l'amande de son noyau. Cependant, il visite aussi les ifs pour en dépecer les arilles et il prend notamment les prunelles, les cenelles de l'aubépine ou les fruits des sorbiers. Il se nourrit également de baies de guis, de cornouillers ou de houx. Les fruits secs du charme et les samares des érables ou du frêne sont très recherchés par cet oiseau particulier. Il vient de temps en temps aux mangeoires, car il apprécie les graines de tournesol. L'importance de la musculature du cou et de la tête, les proportions démesurées du bec et sa structure en disent long sur la spécialisation alimentaire de cette espèce. Paul Géroudet nous explique comment ce casseur de noyaux opère: " Les mouvements de la tête et de la langue amènent le noyau à l'arrière du palais corné, la suture dans le plan vertical médian du bec. Une pression rapide des mandibules sépare les deux moitiés de la coque, qui sont rejetées, tandis que l'amande est avalée." D'après un autre auteur, le grosbec adulte doit exercer alors une force d'écrasement d'environ 45 kg, force uniquement musculaire sans appui extérieur. Cela est possible grâce au volume et à l'ossification très poussée du crâne (cinq fois plus lourd que celui du pinson), au développement des muscles très tendineux et à l'étendue de leur surface d'insertion.

    Voilà encore une curiosité de la nature qui nous surprend toujours !