Yvoir Nature Faune et Flore - Page 4

  • Moi, mes souliers, ...

    Le titre de cette note peut surprendre. "Moi, mes souliers" est le titre d'une chanson de Félix Leclerc (1914-1988), conteur, poète, dramaturge et chansonnier québécois. Il reste pour moi un être que j'aime toujours écouter et lire. Ses chansons et ses écrits nous invitent à partager un monde où l'homme et la nature sont unis. Il nous emmène le long d'un ruisseau qui serpente dans les champs, de bosquet en bosquet, cherchant la source froide qui l'appelle derrière les arbres blancs. Il nous pousse à nous attarder, éveillés par le cri des oiseaux, au premier matin du printemps. Il nous invite à écouter les crapauds qui chantent la liberté, à pleurer la mort de l'ours, ce gros poilu ou à marcher dans le sentier qui longe les labours jusqu'au bouleau près duquel personne n'attend plus ...

    Mes souliers m'attendent et s'impatientent. Septembre est là et, chaque année à pareille époque, ils savent que la forêt nous invite à une fête qui se prolongera plusieurs semaines. Par les sentiers qui traversent nos bois, nous partons clairs et légers, enveloppés de vent et de lumière. Moi et mes souliers vont je ne sais où avec comme guide le hasard. Nous allons et marchons maintenant avec un sentiment fort d'aimer l'air et la terre. Nous avons rendez-vous avec l'automne !

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 23 Septembre 20011.

     

    Mon âme humaine n'a point d'âge en ce moment-là. Tout est jeune et nouveau sous le soleil de septembre. Au bois, ce mois a sonné le départ des coucous gris, des pouillots siffleurs ou des fauvettes à tête noire et jauni les feuilles des trembles et coudriers. La gloire de l'automne s'affirme quand les feuillages, les uns après les autres, flambent de couleurs chaudes; jaune des bouleaux, ocre des mélèzes, ors variés des hêtres et châtaigniers, rouge orangé des érables et sorbiers, tons violacés des chênes, ... et lorsque le vert foncé inaltérable des pins et épicéas vient rehausser toutes ces nuances, c'est une splendeur dont les yeux ne peuvent se lasser.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Forêt domaniale de Tricointe, Octobre 2010.

     

    Bien avant la chute des feuilles, les rameaux des arbres qui ont donné feuilles et bourgeons diminuent leur activité; ils s'engourdissent et ne se réveilleront qu'au printemps prochain. Alors que leur vie souterraine continue, bien des plantes herbacées paraissent entrées en dormance, malgré les heures tièdes d'octobre...

    Les jours passent, de plus en plus courts. Graminées et certaines fougères se déssèchent. Les glands et faînes tombent. C'est la saison des champignons et des fruits qui rougissent, noircissent ou bleuissent sur les arbustes. Puis, pour les feuillus et les mélèzes, voici venir la chute des feuilles et des aiguilles.

     

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    Le Tricholome rutilant (Tricholoma rutilans)

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Forêt domaniale de Tricointe, Octobre 2010.

     

    Première gelée ... Novembre pend ses brumes aux grands hêtres dénudés. Le vent courbe à l'extrême les saules et fait craquer les membrures du chêne. Les grues cendrées ou les oies sauvages remplissent alors le ciel. Leurs clameurs s'entendent partout pendant quelques heures voire plusieurs jours. L'hiver est à nos portes !

     

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    Je vais, je viens dans la nature, je fais partie d'elle. Assis au pied du gros chêne, je hume l'odeur de la forêt et écoute ses bruits subtils. Cette énorme plante contre laquelle mon dos repose est l'émergence de la force de la terre et du ciel. Comme elle, je suis né de la roche et du labeur de l'eau, de la chaleur du soleil, du froid et du souffle du vent qui me permet de respirer. Il me vient alors une pensée primordiale: " Nous devons prendre conscience que ces éléments, principes de toute la vie, existent en nous". Pour cela, il faut retrouver au fond de nous-même le sens du mystère. Albert Einstein disait à ce propos: "Le sens du mystère est la source de tout art véritable, de toute vraie science. Celui qui n'a jamais connu cette émotion, qui ne possède pas le don d'émerveillement ni de ravissement, autant vaudrait qu'il fût mort: ses yeux sont fermés." Comme le gros chêne, je suis un élément de l'harmonie du monde et je dois prendre garde de n'en point sortir. En effet, je sais que le monde est en moi et que je suis dans le monde!

     

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    Chêne pédonculé (Quercus robur)

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Forêt domaniale de Tricointe), 10 Septembre 2011.

     

    Prenons une poignée de terre noire dans la main, après avoir écarté un peu de la litière de feuilles. Cette matière appelée humus est douce au toucher et un parfum agréable s'en dégage. Les nutriments qu'elle contient sont le résultat de la grande besogne silencieuse d'innombrables créatures invisibles à l'oeil humain. Et déjà une nouvelle règle s'établit: "Tout ce qui meurt devient source de vie !". En parcourant la forêt on peut vérifier que la surface du sol est couverte de feuilles mortes, de branches, voire de troncs entiers ou en morceaux, d'excréments et de cadavres de petits et grands animaux., ... Si nous voulons comprendre davantage sur quoi repose l'ordre des choses, il suffit de se pencher et d'écarter un peu de ces résidus. Ceux des années précédentes sont en voie de changement vers le principe de la fécondité. Ils sont dégradés à la surface ou à l'intérieur du sol par des myriades de microorganismes qui les remettent en circulation sous forme d'éléments nutritifs disponibles pour perpétuer la vie.

     

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    Photo: G. Boots, Evrehailles.

     

    Moi et mes souliers nous foulons au pied un monde largement méconnu, invisible et fourmillant d'une multitude presque inimaginable d'organismes d'une diversité prodigieuse. Par mètre carré, on trouve, dans certains sols forestiers, cent billions de bactéries dans les trente premiers centimètres, des algues innombrables, des champignons avec environ un milliard d'individus, 500 millions de protozoaires, 10 millions de nématodes, ... * Bref, une pincée de terre contient plus d'habitants que l'humanité compte d'individus !

    Par les paroles d'Ousséini, chef d'un village du Sud Maghreb, Pierre Rabhi * compare très justement cette énorme activité au labeur d'un estomac, d'une panse ouverte largement répandue sur la terre. Cette digestion ressemble à une fermentation où tout s'entremêle pour donner une nouvelle matière qui se marie peu à peu à la glaise issue de la roche maternelle, transformée elle aussi par l'eau, le froid, la chaleur, le souffle du vent et les racines des plantes. Cette terre noire dans mes mains boit et respire comme un organisme dont la santé est bonne. Elle est la force et l'énergie qui se dégage du gros chêne que je sens en moi. Considérant l'être de la terre, nous pourrions dire que la roche est son ossature, l'argile et le sable, sa chair, et la matière noire son sang. L'être humain qui aura considéré ces choses connaîtra une part du secret de la vie. De cette terre féconde jaillissent des plantes vigoureuses, des arbres s'élèvent vers le ciel. Les créatures animales peuvent y prospérer et proliférer. Les espèces animales et végétales sont d'une diversité outrepassant notre capacité à les saisir toutes à la fois.

    Depuis l'aube des temps, les hommes savent dans leur âme ces choses et se sentent responsables de l'univers, mais actuellement beaucoup d'entre eux sont aveuglés par le matérialisme qui ne permet plus cette compréhension. Or, c'est justement celle-ci qui devrait nous éclairer sur ce que nous pourrions faire pour nous guérir et sauver la terre.

     

    * Voir le numéro spécial Protection de la nature 4/1985 de la Ligue Suisse pour la Protection de la Nature "Le Sol, un monde vivant", 30 pages.

    * "Parole de terre, une initiation africaine" de Pierre Rabhi, aux Editions Albin Michel (Espaces libres), 1996: Un récit magnifique à lire et relire ! L'auteur a fondé toute sa philosophie de vie ainsi que son travail de mise en valeur des régions arides et des cultures traditionnelles sur l'ardente passion qu'il voue à la Terre. 

     

     

     

     

     

     

     

  • Un Aster méridional rare, à Houx-sur-Meuse: Aster linosyris.

    Les chiffres entre parenthèses dans le texte invitent le lecteur à prendre connaissance d'informations complémentaires en fin de note.

    En cette journée de mi-septembre, je décide d'examiner attentivement les quelques plantes encore en fleurs croissant sur les zones rocheuses calcaires, à proximité du cimetière de Houx-sur-Meuse. En cette fin d'été, quelques Oeillets des chartreux (Dianthus carthusianorum) (1), des Herbes à l'esquinancie (Asperula cynanchica) (2) et des Scabieuses colombaires (Scabiosa columbaria) (3) colorent l'endroit. Là, le rocher est couvert de capitules jaune or ! C'est un beau peuplement d'Asters linosyris !

     

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    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    Cet Aster est une espèce thermophile (4) des pelouses sèches et des rochers, souvent en des lieux riches en calcaire. Généralement abondant dans ses localités, Aster linosyris (5), originaire d'Europe méridionale et médiane, est une espèce rare à très rare en Belgique. La Commune d'Yvoir compte plusieurs stations bien fournies dont celles situées sur le site des Rochers de Champalle.

     

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    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    De nombreux Asters sont cultivés pour l'ornement des jardins. Ils sont mieux connus du grand public. Certains se rencontrent parfois dans la nature à l'état subspontané (6) ou naturalisé (7). La plupart d'entre eux sont originaires d'Amérique du Nord. Il existe aussi de nombreux cultivars, souvent d'origine horticole.

     

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    Un Aster originaire d'Amérique du nord, souvent cultivé dans les jardins.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Septembre 2011.

     

    Dans notre pays, les Asters croissant spontanément sont rares. Avec l'Aster maritime (Aster tripolium) des vases et prés salés du littoral et Aster linosyris, nous avons fait le tour du Genre en Belgique. Aster linosyris fleurit assez tard. D'août à novembre, certains rochers se parent de centaines de fleurs jaunes. En regardant attentivement une "fleur", on peut s'apercevoir qu'il s'agit d'un ensemble de petites fleurs tubulées réunies sur un réceptacle commun, appelé capitule. Notre Aster fait partie de la grande Famille des Astéracées (anciennement Composées) comme les marguerites, les pissenlits, les centaurées, les épervières, les carlines et bien d'autres.

     

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    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    La plante d'une hauteur de 30 à 50 cm à des tiges ramifiées dans la partie supérieure et des feuilles linéaires (8), nombreuses et rapprochées, larges au maximum de 2mm.

     

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    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    (1) Parce qu'il aurait été cultivé en Chartreuse où il ornait les jardins d'un prestigieux monastère, cet oeillet porte un nom évocateur. Aujourd'hui, cette plante égaye les pelouses calcaires et les rochers ensoleillés de la Haute-Meuse de ses quelques fleurs d'un rose rouge intense.

     

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    L'oeillet des Chartreux (Dianthus carthusianorum)

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    (2) Petite Rubiacée, proche parente des gaillets et de l'aspérule odorante, l'herbe à l'esquinancie (Asperula cynanchica) abonde à certains endroits dans nos pelouses sèches et nos rochers. C'est une espèce qui aime les sites ensoleillés et chauds, croissant de préférence sur un substrat contenant du calcaire.

     

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    L'herbe à l'esquinancie (Asperula cynanchica)

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    (3) La scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria) est assez répandue dans notre région. Elle fleurit de juillet à octobre dans les pelouses sèches et parfois sur les rochers. C'est une espèce thermophile qui pousse exclusivement sur des substrats contenant du calcaire.

     

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    La scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria)

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    (4) Une plante thermophile croît de préférence dans des sites chauds et ensoleillés.

    (5) Une forme naine et trapue d' Aster linosyris pousse sur quelques falaises rocheuses maritimes battues par les vents, en Bretagne; le port de la plante exprime son adaptation à un biotope où la forme typique d'Aster linosyris ne pourrait survivre. Elle semble génétiquement fixée et a reçu le nom d'Aster armoricanus (Aline Raynal-Roques, in "La botanique redécouverte" - Ed. Belin, 1994, page 87).

    (6) et (7) Une plante subspontanée est une plante cultivée, échappée des jardins, des parcs ou des champs, ne persistant souvent que peu de temps dans ses stations ou du moins ne se propageant pas en se mêlant à la flore indigène. Si c'est au contraire le cas, elle sera dites naturalisée ou en voie de naturalisation. 

    (8) Une feuille linéaire est une feuille  longue et très étroite, à bords plus ou moins parallèles.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Sur les traces de l'Araignée-Frelon ...

    Les chiffres entre parenthèses dans le texte renvoient le lecteur en fin de note pour des renseignements supplémentaires.

    L'Argiope fasciée (Argiope bruennichi) est sans nulle doute une de nos plus belles araignées. En langage vernaculaire, on la nomme souvent "argiope", "épeire fasciée" ou encore "araignée-frelon". La femelle, d'assez grande taille (1) est très reconnaissable à son abdomen ovale et tronqué en avant. Celui-ci, jaune pâle à jaune doré, orné à la face dorsale de bandes noires transversales plus ou moins sinueuses, lui donne un aspect "tigré". Ses pattes brun pâle sont cerclées de noir.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), Septembre 2011.

     

    Appartenant au groupe des araignées orbitèles (2), elle construit une toile de forme circulaire, en orbe. Celle-ci, tissée à faible hauteur dans la végétation, atteint 30 cm de diamètre. Elle est ornée d'un ruban vertical de soie nacrée, en zigzag, appelé stabilimentum (3). A l'affût, l'Argiope fasciée se poste au centre de la toile, tête vers le bas, les pattes étalées.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Septembre 2010.

     

    Le dimorphisme est très marqué chez cette espèce. Les mâles sont beaucoup plus petits (4 à 8 mm). Ils n'ont pas les riches coloris des femelles. Ils ne construisent pas de toile et mènent une vie errante, sauf à l'époque des amours où on peut les voir au voisinage immédiat ou sur les toiles des femelles.

     

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    C'est normalement fin juillet que l'on aura la chance de rencontrer les premières femelles adultes, au centre de leurs toiles. A cette époque, elles ont déjà une taille respectable. Sans avoir encore des bandes noires et jaunes de l'abdomen entièrement marquées, elles ont cependant atteint la maturité sexuelle. Dès le mois d'août, on peut noter la présence de femelles de grande taille, dont les teintes des bandes transversales se sont avivées.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 12 Août 2011.

     

    Fin de l'été, la femelle, sur le point de pondre, construit deux ou trois cocons protecteurs dans lesquels elle place ses oeufs. Ces cocons sont de véritables chefs d'oeuvre ressemblant à de minuscules montgolfières d'une hauteur de 15 mm. L'araignée tisse d'abord un petit sac central qu'elle remplit de 400 à 600 oeufs. Elle enveloppe alors celui-ci d'une véritable "bourre" de fil de soie: c'est l'isolant thermique qui protège la ponte du froid. Un tissage externe soyeux termine le travail. L'argiope meurt peu après (4).

    Ainsi protégés, les oeufs peuvent passer l'hiver. L'éclosion progressive a lieu au printemps. Sous l'action des rayons solaires, l'air enfermé dans le cocon s'échauffe et provoque son éclatement. Les jeunes araignées vont partir alors à la conquête du monde extérieur.

     

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    Cocon ovigère avec de petites argiopes prêtes pour conquérir d'autres territoires.

    Photo: Fr. Hela, Thynes, Juin 2010.

     

    Les petites arignées vont alors se disperser en tissant un fil de soie d'une certaine longueur qui se fixe habituellement aux tiges, brindilles, feuillage,... des alentours immédiats. C'est, en quelque sorte, un pont aérien destiné à assurer la progression des araignées afin de rechercher un habitat éloigné du lieu de naissance. Dans d'autres circonstances, profitant de la présence d'ascendances thermiques et de vents favorables, les jeunes araignées se laissent emporter parfois sur de très grandes distances, toujours grâce à ce fil de soie joliment nommé "fil de la Vierge".

    L'Argiope fasciée se rencontre dans des habitats chauds, ensoleillés et, en général, secs, ayant subi une influence humaine (5). Cette espèce est thermophile et de nombreux auteurs l'indiquent dans plusieurs études. Ainsi, R. Guttmann (1979) montre que 90% des stations de cette araignée en Allemagne bénéficient d'une température au-delà de 10°C, pendant au moins 150 jours par an. En Europe centrale et occidentale, l'araignée-frelon aime particulièrement les versants bien exposés à l'orientation sud et sud-ouest (Cl. Puts, 1987). Chez nous, les espaces ouverts fortement ensoleillés sont les plus recherchés par l'araignée, tandis que les milieux fermés et ombragés sont évités. Ainsi les zones forestières, à l'exception des lisières et des chemins bien exposés ne lui conviennent pas. Notons, pour terminer, que sa présence dans certains jardins de notre localité est assez fréquente !

     

    (1) 14 à 18, voire 25 mm. Les araignées vivant en région méditerranéenne sont souvent plus grandes que chez nous.

    (2) Encore appelées "araignées à toiles géomètriques", les araignées orbitèles n'ont en commun que la forme circulaire, en orbe, de leur toile.

    (3) Le rôle du stabilimentum demeure inconnu. Sa fonction principale, bien que controversée, serait efficace contre les prédateurs, en masquant la silhouette de l'araignée (camouflage). Il aurait un rôle de soutien et augmenterait la résistance de la toile,...

    (4) D'après certains auteurs, les femelles vivent jusqu'en octobre. J'ai moi-même observé l'argiope un 30 septembre.

    (5) Ce sont les jardins, les haies, les bords de champs et de routes, les terrains vagues en ville, les talus, les dépotoirs et sites industriels désaffectés, les ruines, les carrières abandonnées, les pelouses sèches sur sols siliceux ou calcaires, les vieilles friches et les pâturages extensifs. 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • L'Ecaille chinée (Euplagia quadripunctaria), une espèce plutôt méridionale.

    Les motifs cryptiques des ailes antérieures dissimulent parfaitement ce papillon lorqu'il est posé sur un rocher ou parmi la végétation. Vient-il a être découvert, il s'enfuit brusquement, dévoilant ses ailes postérieures rouges marquées de taches noires. Ce comportement me surprend toujours. Il vole souvent en plein soleil avec une rapidité déconcertante. Une fois posé, il n'est pas facile à repérer.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Août 2011.

     

    Dans notre région, l'époque du vol de cette magnifique Ecaille s'étend de juillet à début septembre. Certaines années, elle peut être très abondante. Elle affectionne particulièrement les bois clairs et brousailles, généralement secs. Elle fréquente aussi les pentes rocheuses abruptes et les carrières. On peut l'observer dans les vallées du Bocq et de la Meuse, butinant en plein jour l'eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum), l'origan (Origanum vulgare), les cirses (Cirsium sp.), les chardons (Carduus sp.), les centaurées (Centaurea sp.) et d'autres plantes à floraison tardive. Il n'est pas rare de la rencontrer dans les zones rurales peu ombragées, dans les friches et même les jardins.

     

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles, 25 Juillet 2011.

     

    L'Ecaille chinée est un Hétérocère ("papillon de nuit") de la famille des Arctiidae (Ecailles) dans laquelle on trouve plusieurs espèces ternes ou vivement colorées qui sont plutôt nocturnes. Quelques unes ont toutefois des moeurs diurnes comme notre Ecaille ou celle du séneçon, appelée aussi "Goutte-de-sang" (Tyria jacobaeae) dont les chenilles oranges annelées de noir se nourrissent de divers séneçons (Senecio jacobaea et Senecio vulgaris notamment).

     

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    L'Ecaille du séneçon (Tyria jacobaeae) et sa chenille.

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    Photos: Fr. Hela, Yvoir, Juin 2011.

     

    En août, la femelle de notre Ecaille chinée pond ses oeufs en groupe sur du feuillage. L'éclosion des chenilles polyphages a lieu au bout de 10 à 15 jours. Peu après avoir consommé quelques plantes (lamiers, orties, épilobes, pissenlits, plantains, ...), celles-ci rentrent en hibernation. Au printemps, elles se réalimentent en s'attaquant au feuillage de certains arbustes, dont le noisetier et le framboisier. Vers la fin du mois de mai, elles se nymphosent et l'émergence des papillons adultes se déroulent souvent début juillet.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 20 Août 2011.

     

    Cette espèce présente une aire de répartition globalement plus méridionale. Cela ne l'empêche pas de s'élever relativement haut en montagne, en remontant par les vallées. L'Ecaille chinée occupe essentiellement l'Europe moyenne et méridionale. Plus au Nord, elle atteint l'Allemagne moyenne où les régions Kerfeld-Massif du Harz semble être une limite. Dans les vallées du Sud de l'Europe, on observe occasionnellement des concentrations massives de cette Ecaille: ce phénomène, paraît-il, est même régulier sur l'île de Rhodes, où des dizaines de milliers de ces papillons se rassemblent sur les rochers et les arbres, recouvrant intégralement ceux-ci. Ce spectacle féerique compte parmi les curiosités touristiques de l'île !

     

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    Rassemblement d'Ecailles chinées sur un tronc d'arbre.

    Vallée des papillons (Ile de Rhodes - Grèce)

    Photo: www.digitalphoto.pl

     

     

     

     

     

  • Merveille de la nature: les fruits du fusain (Euonymus europaeus)

    Rouge orangé, rouge vermillon, noir luisant ou bleutés, les fruits sauvages parent à l'arrière saison, les haies et buissons de nos campagnes et lisières forestières. La profusion cette année de prunelles, mûres, cenelles des aubépines, sorbes du sorbier des oiseleurs, drupes des sureaux ou cornouilles, ... attirent le regard du promeneur. Avant de fermer notre porte et d'allumer notre feu, allons encore par les sentiers et le long des haies de notre entité pour y cueillir quelques impressions colorées de fin d'été ou d'automne. Voici les fruits du fusain nommé aussi "bonnet carré", "bonnet de prêtre ou d'évêque" et encore "bois carré", ... les petites fleurs régulières blanc verdâtre d'un centimètre de diamètre de ces arbustes sont passées inaperçues en avril et mai, mais les fruits à la curieuse allure surprennent à la fin de la belle saison. Sur les rameaux aux feuilles jaunissantes, on peut voir des lanternes carrées en grand nombre qui sont à l'origine du nom populaire évocateur de "bonnet de prêtre", du temps où nos ecclésiastiques portaient la barrette ! Ce sont, en fait, de petites capsules à quatre loges rose carmin qui éclatent en automne dégageant de magnifiques graines orangées luisantes, véritables merveilles de la nature.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 3 Septembre 2011.

     

    Le fusain, de la Famille des Célastracées, est souvent un arbuste de 3 à 5 mètres de haut. Les tiges sont relativement dressées, ramifiées et d'un vert mat. Elles sont presque quadrangulaires (souvent marquées de quatre crêtes blanchâtres plus ou moins liégeuses). Les rameaux d'un vert franc sont assez rigides et opposés. Les petits bourgeons verts sont appliqués contre les rameaux. Les feuilles opposées d'un vert mat sur le dessus possède un court pétiole. Le limbe de celles-ci est lancéolé (4 à 6 cm) et finement denticulé. Les petites fleurs régulières blanc verdâtre apparaissent aux mois de mai et juin.

     

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    Photo Fr. Hela, Yvoir, Juin 2011.

     

    Il s'agit d'un arbuste qui croît dans les bois, les taillis et les haies, surtout sur des sols riches mais pas exclusivement et sur un substrat contenant du calcaire (espèce calcarifère). Il préfère la pleine lumière ou des expositions moyennement ombragées. A Yvoir, il indique souvent la présence de roches clacaires dans le sous-sol, avec l'érable champêtre (Acer campestre), le cornouiller mâle (Cornus mas), le troène commun (Ligustrum vulgare), la viorne mancienne (Viburnum lantana) et le nerprun purgatif (Rhamnus cathartica).

    D'autres fusains sont cultivés pour l'ornement. C'est le cas notamment d'espèces à feuilles persistantes, originaire du Japon: Euonymus japonicus et fortunei. Une autre espèce, aux feuilles plus grandes (limbe de 8 à 16 cm) et dont les capsules sont ailées aux angles, est plantée dans les parcs et jardins ou parfois dans des haies, en alternance avec des arbustes indigènes. Il s'agit du fusain à larges feuilles (Euonymus latifolius), d'Europe méridionale et du sud-ouest de l'Asie.

     

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, Septembre 2011.

     

    Les fruits toxiques des fusains contiennent diverses substances colorantes. Les graines renferment un hétéroside cardiotonique. En Amérique du Nord, l'écorce des racines du fusain pourpre noir (Euonymus atropurpureus) est douée de propriétés purgatives et cholagogues dues à un complexe résineux peu connu dénommé l'évonymine (P. Moens, 1991).

    Carbonisé en vase clos, le bois du fusain donne un charbon de bois ferme (le fusain) très apprécié des dessinateurs. Le bois très homogène à grain extrêmement fin, jaune clair à soufré, veiné de brun au coeur, ressemble à celui du buis (Buxus sempervirens) quoique moins dense et moins dur. Celui-ci est tendre et facile à travailler: fuseaux (le mot "fusain" indique que le bois servait à tourner des fuseaux), navettes, aiguilles, marqueterie. 

     

     

     

     

     

     

  • Le gobemouche gris (Muscicapa striata): Un oiseau discret mais un chasseur d'insectes efficace.

    En cette deuxième semaine du mois d'août peu d'oiseaux s'expriment à Godinne. Ici et là, on peut entendre les cris d'un pic épeiche, d'un pic vert, d'un grimpereau des jardins ou des notes précipitées lancées par des sittelles torchepots. Il fait bien calme dans ce jardin arboré !

    Des sons ténus, durs et aigus, émis à intervalles réguliers me parviennent. Des "tsrii...tsr...tsrit...tzi..." s'entendent dans cet arbuste assez haut du sous-bois. Il y a des gobemouches gris dans les parages. En voici un perché à la pointe d'une branche, posté dans l'ombre des grands chênes. Son oeil noir est aux aguets.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Maintenant, il s'élance, prend en chasse un insecte, exécute lors de sa poursuite quelques acrobaties avec les ailes et, après l'avoir gobé avec un claquement de bec, retourne à son poste. Mais, il n'est pas seul ! En réalité, toute une petite famille entreprend une chasse aux insectes ! A partir de leurs perchoirs, les oiseaux happent sans cesse des bestioles en lançant des cris menus brefs. Quel spectacle pour l'observateur !

    En raison de sa discrétion, le gobemouche gris est un passereau peu remarqué qui n'éveille pas souvent la curiosité. Avec son plumage gris souris qui tourne au blanc sale sur la gorge et le ventre, il passe fréquemment inaperçu. "Pas une note de couleur un peu vive sur ce plumage aux tons neutres, dont seules quelques mouchetures sur les côtés du cou, la poitrine et les flancs relèvent un peu la monotonie." (P. Géroudet, 1998).

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Pourtant, ce chasseur redoutable d'insectes (Diptères, Lépidoptères, Hyménoptères, Coléoptères, ...) mérite toute notre attention. Dans notre région, il est plus fréquent qu'on ne le croit !

    Les ailes plutôt longues, la brièveté des pattes, le bec assez long et un peu plus large à la base, encadré de vibrisses bien développées, sont autant de caractéristiques* des gobemouches, chasseurs d'insectes. P. Géroudet (1998) indique que les vibrisses, poils raides qui se hérissent de chaque côtés du bec, ont pour fonction probable d'élargir encore la portée de la bouche et de retenir les proies. Cet auteur indique aussi que la faiblesse des pattes montre que les gobemouches ne sont pas du tout terrestre.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Le gobemouche gris affectionne les milieux arborés clairs et ouverts qui offrent aussi bien des perchoirs et espaces dégagés pour chasser ses proies, que des cavités très ouvertes en tout genre pour nicher (loges de pics, cavités naturelles, trous dans les murs, nichoirs, ...). L'oiseau a une prédilection pour les espaliers et les plantes grimpantes (vignes, glycine, clématites, lierre grimpant, ...) contre les maisons. Les zones boisées en bordure du Bocq, composées notamment d'aulnes et de saules sont aussi adoptées par l'espèce.

    Ce sont des oiseaux migrateurs. Ils arrivent très tardivement sur les lieux de nidification, rarement avant la dernière décade d'avril. C'est surtout dans le courant du mois de mai que ces oiseaux réapparaissent chez nous. Dès la mi-août, ils regagnent leurs quartiers d'hivernage africains situés au Sud du Sahara, jusqu'en Afrique du Sud ! Là, les oiseaux fréquentent la brousse épineuse et les acacias, ou bien les lisières des grandes forêts. Le passage postnuptial dure tout le mois de septembre. Des observations jusqu'à la fin octobre, voire début novembre, sont exceptionnelles.

    * Ces caractéres sont encore accusés chez les hirondelles et poussés à l'extrême chez le martinet noir et les engoulevents.  

     

     

     

  • Rencontre avec la couleuvre à collier (Natrix natrix).

    Spontin, le 30 juillet 2011.

    A partir du cimetière, j'emprunte un petit sentier ombragé qui me mène sur une sorte de plateau rocailleux parsemé d'un tapis de nombreuses plantes en fleurs et d'où je peux contempler l'ancienne carrière, au lieu-dit "La Rochette" ou "Les Roches". A ma droite, mon attention se porte sur une petite zone humide où croissent deux petits joncs: le jonc à tige comprimée (Juncus compressus) et le jonc à fruits luisants (Juncus articulatus). Je m'en approche doucement et, accroupis, je prends quelques photos de près de ces deux espèces. Là, à moins de cinq mètres de moi, une forme foncée allongée m'attire. A pas mesurés comme si je marchais avec des pattes de velours, j'arrive lentement sur les lieux. Quelle surprise ! Une couleuvre à collier de belle taille, lovée, me fixe de son oeil rond.

     

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    Photo: Fr. Hela, Spontin, 30 Juillet 2011.

     

    Elle bouge la tête dans ma direction et, mâchoires serrées, elle projette vers l'avant sa langue bifide plusieurs fois pour me sentir ou éventuellement me toucher. Celle-ci n'a évidemment pas pour fonction de piquer et est régulièrement sortie puis ramenée dans la bouche. A l'intérieur de celle-ci, les deux pointes touchent un appareil olfactif et gustatif, l'organe de Jacobson, dont les ouvertures sont situées dans le palais, et qui transmet les informations au cerveau.

     

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    Photo: Fr. Hela, Spontin, 30 Juillet 2011.

     

    Soudain, voyant que je me rapproche pour la photographier, elle bluffe pour m'intimider en dressant la tête, l'aplatissant et l'élargissant en triangle. A présent, elle souffle bruyamment et se met à donner des coups de museau sur l'appareil photo, sans ouvrir la gueule pour mordre. Se rendant compte probablement que ses postures ne m'impressionnent guère, elle se déroule entèrement et, comme un long ruban, disparaît rapidement dans la végétation (1). Sa taille voisine sûrement le mètre. D'ailleurs, c'est le plus grand de nos serpents, à l'âge adulte. Les mâles atteignent en général 90 cm de longueur, tandis que les femelles atteignent 120 cm. Des serpents de taille exceptionnelle (150 à 170 cm) ont été observé en Wallonie (E. Graitson, 2007).

     

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    Photo: Fr. Hela, Spontin, 31 Juillet 2011.

     

    La couleuvre à collier se reconnaît au premier coup d'oeil par la présence sur la nuque de deux croissants latéraux jaunes pâles, parfois blancs, rarement oranges. Ils sont bordés vers l'arrière par deux taches noires et se rejoignent habituellement pour former un collier clair, d'où le nom vernaculaire donné à ce serpent.

    La teinte générale de notre serpent est assez uniforme, mais varie d'un individu à l'autre. Le plus souvent, c'est le gris ou le vert olive qui domine; parfois aussi le brun jaune ou brun orange. On remarque assez souvent des taches diffuses foncées sur le dos et de petits traits verticaux noirâtres sur les flancs.

     

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    Photo: Fr. Hela, Spontin, 31 Juillet 2011.

     

    Son cou est bien marqué, le museau est court et légèrement tronqué. Des barres verticales noires sont présentes sur les écailles labiales, en-dessous de l'oeil qui est rond, ainsi que la pupille.

     

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    Photo: Michel Gijsemberg, Crupet, Avril 2010.

     

    La couleuvre à collier est tout-à-fait inoffensive pour l'homme ! Comme la coronelle lisse (Coronella austriaca), elle est dépourvue de dents spécialisées pour inoculer le venin (serpent aglyphe). Certaines couleuvres à collier, plus agressives, peuvent mordre, mais sans conséquences majeures.

    La couleuvre à collier se différencie de la coronelle par sa taille adulte nettement plus grande, par l'absence de trait foncé en travers de l'oeil et par la présence presque constante du collier clair sur la nuque, ainsi que les écailles carénées.

     

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    Coronella austriaca

    Photo: Fr. Hela, Dorinne (Chansin), Juillet 2011.

     

    Elle se distingue de la vipère péliade (Vipera berus) par sa taille adulte très supérieure, par l'absence de bande sombre en zigzag sur le dos ainsi que par des caractères visibles de près, comme la pupille ronde et la présence de grandes plaques sur la tête.

     

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    Vipera berus

    Photo: J. Bultot.

     

    (1) Il arrive aussi que la couleuvre à collier simule à la perfection l'apparence d'un serpent mort. Elle se met alors sur le dos, ventre en l'air, la tête couchée sur le côté, la gueule ouverte et la langue pendante. C'est une attitude cataleptique qu'elle adopte parfois lorsque toutes ses postures d'intimidation sont épuisées. Au bout d'un moment, s'il ne s'est rien passé, elle se remet promptement sur le ventre et, profitant de l'effet de surprise, fuit rapidement sans demander son reste.

     

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    Photo: Y. Brunelli

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Une découverte mycologique spectaculaire à Godinne: Omphalotus illudens.

    * Les mots marqués par un astérisque sont expliqués dans le petit glossaire, à la fin de la note.

    L'Allée Croix d'Al Faux se situe non loin du Collège Saint-Paul et de son verger abandonné. Les maisons du quartier se sont construites progressivement dans une chênaie. Dans certaines propriétés on peut encore observer de magnifiques chênes pédonculés (Quercus robur). De son jardin arboré, Nadine attire mon attention sur une grande tache orange vif, visible de loin, dans la pelouse de ses voisins. A la jumelle, il s'avère que se sont des champignons d'une grande taille croissant en groupe. Avec l'accord de la voisine, nous décidons d'examiner de plus près cette curiosité.

     

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    Omphalotus illudens

    Photo: Fr. Hela, Godinne, 24-08-11.

     

    La taille et la couleur de ces champignons sont extraordinaires. Les chapeaux de certains d'entre eux ont au moins 15 cm de diamètre, voire davantage ! Ils présentent une couleur orangée vive. Le revêtement est brillant mais sec et satiné. La marge étroite de ces chapeaux est enroulée et tend à se lober.

     

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, 24-08-11.

     

    Les lames minces, étroites et fourchues ont la même couleur que le chapeau et sont fortement décurrentes*. Le pied est fort et plein, concolore, souvent courbé, se rétrécissant à la base (presque radicant*). La chair est orangée et ferme dégageant une forte odeur fongique.

     

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, 24-08-11.

     

    Nous sommes bien en présence du clitocybe illusoire ou trompeur (Omphalotus illudens), appelé aussi clitocybe lumineux, une espèce très rare dans notre pays !

    D'après D. Schott (Société Mycologique de Strasbourg - 1979), le Genre Omphalotus se caractérise macroscopiquement par des basidiocarpes* de grande taille, omphaliformes*, entièrement de couleur orangée vive, par des lamelles très décurrentes* et une sporée crème. Plusieurs espèces d'origines américaines ou australiennes ont été décrites. Deux espèces du Genre Omphalotus, très semblables macroscopiquement, sont connues en Europe. Pendant longtemps, elles furent considérées comme deux formes écologiques d'une seule et même espèce. D'après certains travaux d'étude génétique sur le Genre Omphalotus (Petersen, Ronald H. and Karen W. Hughes, 1998), il semble actuellement admis qu'il s'agit de deux espèces différentes. Le clitocybe ou pleurote de l'olivier (Omphalotus olearius), espèce méridionale, croît en touffe sur les souches ou racines des oliviers ainsi qu' à la base des chênes verts (Quercus ilex) et lièges (Quercus suber).

     

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    Omphalotus olearius, espèce plutôt méridionale.

    Photo: www.wikipedia.fr

     

    Le clitocybe trompeur (notre espèce décrite ici), à tendance plus septentrionale, pousse en groupe ou isolément, sur le bois mort, souvent au pied et sur des souches en décomposition de chênes. Marcel Bon (1988) indique aussi qu'on le trouve sur le bois pourrissant  des châtaigniers (Castanea sativa). A Godinne, la présence de cette espèce dans une pelouse s'explique peut-être par l'existence d'une souche pourrie d'un chêne anciennement abattu dans le sol, voire du bois mort ou de grosses racines décomposées de cet arbre.

     

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, 24 août 2011.

     

    Toutes les espèces du Genre Omphalotus sont toxiques et leur consommation entraîne un symptôme du type gastro-intestinal assez sévère: Sueurs, vertiges, douleurs et vomissements. La toxine en cause est l'illudine. Ces intoxications ont lieu principalement en France où Omphalotus olearius est plus abondant et plus souvent confondu par les débutants avec des espèces comme la chanterelle (Cantharellus cibarius) au la fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca). Un tableau comparatif de l'ensemble des caractères macroscopiques des espèces pouvant potentiellement être confondues avec une espèce du Genre Omphalotus figure sur le site de la Société Mycologique de Strasbourg (voir l'adresse en fin de note).

    Pour terminer, signalons que les espèces du Genre Omphalotus possède une propriété remarquable: leurs lamelles sont luminescentes dans l'obscurité. Si on met un champignon dans le noir complet, après quelques minutes, les lamelles dégagent nettement un halo de lumière verdâtre. Cette réaction consiste en l'oxydation d'une substance appelée la luciférine et est favorisée par la présence d'une enzyme, la luciférase. Lorsqu'elle se produit, il se dégage de l'énergie sous forme de lumière froide.

     

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    Photo: www.wikipedia.fr

     

    Petit glossaire

    *Basidiocarpe: Organe qui porte les cellules reproductrices (qui donneront les spores) des champignons possèdant  des lames, des tubes ou des aiguillons. Le terme sporophore serait plus adéquat. En quelque sorte, nous dégustons des omelettes aux sporophores et non aux... champignons !

    *Décurrente: Se dit d'une lame de champignon qui se prolonge plus ou moins bas sur le pied.

    *Omphaliforme: Ayant la forme des Omphales, petits champignons aux lames décurrentes, aux chapeaux ténus, déprimés au centre et aux pieds un peu cartilagineux. 

    *Radicant: Se dit du pied d'un champignon lorsqu'il est prolongé dans le sustrat par une sorte de racine pivotante.

     

    (1) Site de la Société Mycologique de Strasbourg: "Omphalotus illudens" par Dominique Schott (Fiche technique régionale): www.mycostra.free.fr/bulletin/omphalotus_illudens.htm

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • L' actée en épi (Actaea spicata) dans les jeux d'ombre et de lumière de nos forêts de ravins.

    Cette Renonculacée, mesurant de 30 à 80 cm de hauteur, fleurit de mai à juillet, dans les bas de pentes ombragées de nos forêts de ravins. Elle aime les sols frais, riches en bases et en éléments nutritifs. Les petits panaches blancs qui émergent des grandes feuilles sont les grappes ovales de fleurs. Plus exactement, c'est la blancheur des étamines qui rayonne car les pétales disparaissent très rapidement.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Fonds d'Ahinvaux), Juin 2011.

     

    La tige glabre de l'actée en épi soutient deux ou trois grandes feuilles étalées lui permettant de capter les rayons fugaces du soleil. Chaque feuille est composée de trois folioles aux lobes dentés en scie. 

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    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Juillet 2011.

     

    Actuellement la plante porte des fruits. Après fécondation par les insectes, les fleurs donnent des baies, d'abord vertes, puis violettes et enfin d'un noir luisant à maturité.

     

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    Photos: Fr. Hela, Purnode et Houx-sur-Meuse, Août 2011.

     

     

    Comme d'autres Renonculacées, l'actée renferme un ranunculoside. Cette substance toxique est âcre, brûlante, fortement irritante pour la peau et les muqueuses. Elle est surtout présente dans les fruits.

    L'actée en épi est assez rare chez nous. On la trouve dans les forêts de ravins et sur des rochers ombragés, surtout sur un substrat calcaire. 

  • Les zygènes, "papillons de nuit" presque exclusivement actifs de jour !

    Les dénominations "papillons de nuit" (Hétérocères) et "papillons de jour" (Rhopalocères) ne reposent sur aucunes bases réellement scientifiques. Si les Hétérocères ont souvent des moeurs nocturnes, revêtent des couleurs plutôt ternes, disposent leurs ailes à plat ou en toit au repos et possèdent des antennes se terminant rarement en massue, il existe toutefois des exceptions.

    Les zygènes, "papillons de nuit", sont actives presque exclusivement le jour et possèdent des antennes renflées à l'extrémité !

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    La zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae).

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Champalle), Juin 2011.

     

    Impossible de ne pas voir des zygènes butinant les fleurs d'une knautie des champs (Knautia arvensis) ou d'une scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria)! Elles se font remarquer par leurs couleurs et par leur vol bourdonnant. En outre, leurs antennes se terminent en massue et sont plus ou moins courbées à l'extrémité, ce qui leur a valu le nom de "sphinx-bélier".

     

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    Zygaena filipendulae

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), Juillet 2011.

     

    Celles-ci ont des ailes rouges et noires très contrastées (Zygaeninae) ou colorées de différentes nuances de vert (Procridinae).

    La zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae) est l'espèce la plus fréquente chez nous. Elle colonise de préférence les prairies de fauche, les prairies maigres ou les pelouses sèches rocailleuses. En général, la période de vol s'étend de fin mai-début juin à la mi-août.

    La chenille de cette zygène se nourrit surtout du lotier corniculé (Lotus corniculatus).

     

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    La chenille de la zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae).

    Photo: Fr. Hela, De Panne (Westhoek), Juin 2011.

     

     

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    Le lotier corniculé (Lotus corniculatus), sa plante nourricière favorite.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Airbois), Mai 2011.

     

    La plupart du temps, des papillons se nourrissent du nectar de fleurs. Dans notre région, j'ai trouvé cette zygène sur les fleurs de la knautie des champs, de la scabieuse colombaire, de la centaurée jacée (Centaurea jacea), de la bétoine (Stachys officinalis) et du cirse des champs (Cirsium arvense). Il est intéressant de noter son attirance pour les fleurs lilas ou violettes. Par temps couvert, elle se repose souvent sur les graminées.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), Juillet 2011.

     

    Parmi les "zygènes vertes à bleu vert", Adscita statices se rencontre çà et là, au repos dans la végétation ou se nourrissant sur les fleurs. Ses sources de nectar préférées sont  les fleurs de la scabieuse colombaire et de différentes espèces de centaurées. Les observations de cette magnifique espèce que j'ai faites se sont toujours déroulées dans des milieux secs et, notamment, dans des prairies maigres abondamment fleuries. Les papillons adultes apparaissent souvent en juin.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), 12 Juin 2011.

     

    La chenille de cette espèce se nourrit d'oseilles (Polygonaceae): l'oseille sauvage (Rumex acetosa), l'oseille ronde (Rumex scutatus) er la petite oseille (Rumex acetosella).

     

     

     

     

     

     

     

     

  • La carline vulgaire (Carlina vulgaris), "chardon doré" de nos carrières.

    En été, les amoureux des Alpes connaissent bien les carlines acaules (Carlina acaulis), petits soleils qui ne semblent jamais se faner et qui illuminent les pelouses subalpines, ou encore, les carlines à feuilles d'acanthe (Carlina acanthifolia), auréolées de bractées dorées et luisantes, croissant sur le sol des chauds coteaux calcaires de l'étage montagnard.

     

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    Si vous n'avez pas l'occasion de vous rendre en montagne cet été, consolez-vous ! Notre région est si belle et, en plus, elle possède une carline qui pousse dans les lambeaux de pelouses sèches, sur les éboulis ou certains terrils de pierres dans nos carrières désaffectées ou non. La carline vulgaire (cet adjectif signifie commune) ou "chardon doré" n'a rien de la grandeur royale de la carline à feuilles d'acanthe, mais elle n'en a pas moins sa beauté.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Airbois), 12 août 2011.

     

    Ses feuilles sont épineuses comme celles des chardons. Sa "fleur" apparente est en réalité un ensemble de fleurs très petites serrées les unes contre les autres sur une sorte de "plateau" constitué par le sommet élargi de la tige, appelé un capitule. Ce celui-ci naissent une série d'écailles (bractées) protectrices allongées et aiguës qui entourent les fleurs. Les écailles extérieures (bractées foliacées), plus longues, sont d'un jaune pâle brillant. Elles confèrent à la plante sa réputation de baromètre comme chez les espèces alpines. Lorsque l'air est humide, elles se referment alors qu'elles s'étalent lorsque le temps est sec.

     

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    Photo: Fr. Hela, Durnal (Carrière), Août 2011.

     

    La carline vulgaire est une plante bisannuelle. La première année, la plante ne produit qu'une rosette de feuilles appliquées contre la sol.

     

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    Photo: Fr. Hela, Spontin (La Rochette), Juillet 2011.

     

    La hampe florale apparaît la deuxième année. Une fois les graines dispersées, la plante meurt.

     

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    Photo: Fr. Hela, Purnode, Août 2011.

     

    Vous voyez que la montagne n'est pas loin ! D'ailleurs, notre plante, croissant de préférence sur un substrat contenant du calcaire, est commune dans les Hautes Alpes. On la trouve de 475 à 1950 mètres d'altitude (Ed. Chas, 1994) !

     

     

     

     

     

     

  • Un Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) à Spontin: un évènement ornithologique !

    Le 22 mai dernier, venant de l'Airbois, je rejoins le petit hameau de Tricointe. La journée est radieuse en ce printemps particulèrement ensoleillé. Au dessus des pâtures, un imposant rapace apparaît. Il semble venir de la vallée du Bocq et des carrières. Son vol assez bas est lent et majestueux, entrecoupé de planées. De temps en temps, il vire et fait presque du surplace, à la recherche d'une probable proie. Je n'en crois pas mes yeux, il s'agit bien du Circaète Jean-le-Blanc. Malgré son allure légère, il est imposant. J'estime son envergure à 160 ou 170 cm, a peu près celle d'un grand balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus). Après environ une minute trente, l'oiseau s'élèvera au-dessus de la forêt domaniale pour disparaître définitivement. Pendant un moment non définissable, je resterai ébahi par cette observation que je n'attendais pas.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Le brun clair de la tête et des épaules de l'oiseau observé contraste avec le brun foncé des rémiges primaires et secondaires. La queue est barrée de trois bandes noirâtres. Lorsqu'il vire, le dessous de son corps est d'un blanc éclatant parsemé, sur la poitrine et aux flancs, de mouchetures beiges à marron. Sous ses ailes, on peut deviner des taches délimitant de fines lignes parallèles. Le plastron est assez pâle avec quelques marques foncées dans le bas.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Fin juillet, un circaète immature fréquente la carrière "La Rochette" à Spontin. Le 25 de ce mois, Charlotte Mathelart et Robin Gailly observent ce rapace, très rare chez nous, posé au sommet d'une paroi rocheuse de la carrière. Thierry Kynet prendra des photos de l'oiseau posé et en vol. Le 26 juillet, l'oiseau sera revu et photographié par Mariage. Les photos montrent l'oiseau posé au sommet d'un mélèze, au même endroit. Enfin, les 27 et 29 juillet, Geoffrey Raison, Nicolas Pierard et Robin Gailly verront une dernière fois le circaète.

     

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    Photos: Robin Gailly, Spontin, 29-07-11 - www.Observations.be

     

    Comme le souligne justement Paul Géroudet, le caractère morphologique le plus surprenant chez le circaète est sa grosse tête ronde qui évoque celle d'une chouette. La ressemblance est accentuées par la grandeur des yeux lesquels sont situés presque en position faciale (ce qui permet une bonne vision binoculaire, donc une perception du relief), et par la brièveté du bec. La couleur des yeux varie du jaune citron au jaune orangé. Le bec, gris foncé et bleuté à la base est bordé d'une cire également grisâtre.

     

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    Photo: Roland Ripoli - www.oiseaux.net

     

     

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

    Les tarses du circaète sont nus et revêtus d'une peau écailleuse de couleur gris jaunâtre. Ses doigts courts et trapus constituent des outils efficaces pour le maintien de proies minces, d'où son nom anglais: Short-toad Eagle. Bernard Joubert, auteur d'une remarquable monographie sur le Circaète Jean-le-Blanc, nous indique que l'oiseau de proie tire son nom scientifique du grec Kirkos-aetos: l'aigle qui plane décrivant des cercles, et du latin gallicus: de France, car décrit pour la première fois dans ce pays en 1788 par Gmelin. Il nous dit encore que l'appellation française fait allusion à la coloration claire, sinon complètement blanche, des parties inférieures du corps, à l'instar du nom italien Biancone.

     

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    Cet oiseau pris en photo dans la région Rhône-Alpes (F) est particulièrement pâle.

    Photo: R. Dumoulin - www.oiseaux.net

     

    D'après B. Joubert (2001), le circaète est le seul oiseau d'Europe dont l'alimentation est basée essentiellement sur les reptiles (87 à 100 % du régime alimentaire) et, plus particulièrement, sur les serpents, y compris les vipères (70 à 96 % des proies). Les noms vernaculaires "Schlangenadler" (en allemand) et "Slangenarend" (en néerlandais) signifient "aigle des serpents". Dans les pays anglo-saxons, il a été baptisé Short-toed (Snake -) Eagle, autrement dit l'aigle des serpents à orteils courts.

    Le pourcentage des proies autres que des reptiles s'échelonne de 3,1 à 12,8 %. Il comprend surtout des Vertébrés: des mammifères comme le belette, le lièvre, le lapin, la taupe, ... des batraciens (crapaud commun) et grenouilles et, à titre anecdotique, quelques passereaux.

    La visite de ce magnifique rapace dans notre région est un évènement rare. Il faut dire que la nourriture ne manque pas dans la vallée du Bocq où carrières, éboulis, escarpements rocheux et l'ancienne voie ferrée sont autant de milieux fréquentés notamment par le lézard des murailles (Podarcis muralis), l'orvet (Anguis fragilis fragilis), la coronelle lisse (Coronella austriaca) et la couleuvre à collier (Natrix natrix).

     

  • La Coronelle lisse ou Couleuvre coronelle (Coronella austriaca), un serpent totalement inoffensif !

    Des trois serpents de notre faune, la coronelle lisse est la plus typique des coteaux secs. Elle recherche des endroits variés secs et ensoleillés, notamment les milieux rocheux, les carrières et les anciennes voies ferrées. Elle fréquente aussi les pelouses sèches, en particulier leurs lisières.

     

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    Photo: Fr. Hela, Dorinne (Chansin), 27 Juillet 2011.

     

    Pour qui ne connaît pas cette couleuvre, elle ressemble de loin à la vipère péliade (Vipera berus) devenue extrêmement rare en Wallonie. Elle n'en a, en fait, que la taille et la couleur brune ou grise. La coronelle lisse est un petit serpent de 50 à 70 cm à l'âge adulte, atteignant rarement 80 cm. Son cou est mal défini et sa tête plutôt petite. Son dos est orné de deux rangées de petites taches foncées en général disposées par paires. Par comparaison, le dos de la vipère péliade présente une bande longitudinale caractéristique en zigzag continu. Les écailles dorsales de notre couleuvre sont lisses et non carénées d'où le qualificatifs "lisse" de son nom vernaculaire.

     

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    Photo: Fr. Hela, Dorinne (Chansin), 27 Juillet 2011.

     

    Le critère le plus sûr de reconnaissance de l'espèce, outre son oeil typique de couleuvre (oeil rond et pupille ronde), c'est le trait sombre au niveau de la tête qui va du museau au cou, en traversant l'oeil.

     

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    Photo: Fr. Hela, Dorinne (Chansin), 27 Juillet 2011.

     

    On remarque aussi, sur la nuque, une large tache foncée dessinant un croissant, une selle ou un "U".

     

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    Photo: Fr. Hela, Dorinne (Chansin), 27 Juillet 2011.

     

    La couleuvre coronelle est diurne. Assez lente, elle vit principalement au sol, mais elle peut grimper parfois aux buissons. Son observation à découvert est plus fréquente par temps assez couvert et lorsque l'humidité est élevée. Evitant de s'exposer aux heures les plus chaudes, le serpent est plus visible au début ou en fin des journées chaudes, ou bien lorsque le soleil réapparaît après une période de temps frais. Capturée, la coronelle se défend en sifflant et en mordant mais sans faire mal, vu la petite taille de sa tête. Elle est absolument inoffensive !!!

     

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    Photo: Fr. Hela, Dorinne (Chansin), 27 Juillet 2011.

     

    Sa présence est liée à celles des lézards et de l'orvet (Anguis fragilis fragilis) qui constituent sa nourriture principale. Son régime alimentaire se complète de petits rongeurs, d'insectes, de jeunes oiseaux au sol et de petits serpents, y compris ceux de sa propre espèce. Elle rentre en hibernation en octobre jusqu'au mois d'avril. La coronelle est la seule couleuvre européenne à être ovovivipare (les petits restent dans les conduits génitaux jusqu'à terme).

     

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    Photo: Fr. Hela, Dorinne (Chansin), 27 Juillet 2011.

     

    Dépassons nos peurs ! Si l'on parvient à poser un regard serein sur nos serpents, avec une envie de les connaître sans préjugés, on apprend qu'ils participent à la richesse de nos écosystèmes. En les observant attentivement et en les respectant, on découvre un monde fascinant et plein de surprises !

    Pour en savoir plus:

    * "Les Couleuvres et les Vipères" Ed. AtlasVisuels Payot Lausanne 1989.                    Série "Comment vivent-ils ?" Volume 22.

    * "Guide des Serpents d'Europe" U. Gruber Ed. Delachaux et Niestlé, Paris 1992.

    * "Amphibiens et Reptiles de Wallonie" J.-P. Jacob, Ch. Percsy et al. Ed. Aves-Raînne 2007

    * "Les Batraciens et Reptiles" (pour les plus jeunes) Ch. Guilleaume Guide de terrain à complèter et à colorier Reconnaître... Ed. de boek 2004.

    * "Réhabiliter les serpents"  Isère Conseil Général (F) Avril 2003 Conseil Général de l'Isère Service prospective et environnement Rue Jean Bocq 9 38000 Grenoble.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Le Tircis (Pararge aegeria), papillon de nos bois et forêts.

    Parmi les papillons sylvestres assez communs, cette espèce paraît être une des plus aptes à se camoufler en raison de sa coloration discontinue qui semble adaptée à la lumière tamisée des sentiers forestiers et des clairières qu'elle fréquente. Le Tircis se pose souvent à terre, parmi les feuilles sèches ou sur les chemins. Il se tient volontiers dans les trouées des bois et en lisière, mais aussi à l'intérieur des peuplements forestiers, là où le soleil réussit juste à percer entre les cimes. Les forêts feuillues ou mixtes constituent ses domaines.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), Juillet 2011.

     

    Le mâle, peu différent de la femelle, montre un net comportement territorial. Il se poste longtemps sur une feuille d'un arbuste sans bouger, étend ses ailes au soleil et chasse les autres papillons qui s'approchent.

    La chenille de ce papillon, vert clair et ornées de fines lignes blanchâtres, est difficile à repérer. On la trouve sur diverses graminées dont elle se nourrit.

    Le Tircis vole en deux générations, de fin mars à juin et de fin juin à début octobre.

     

  • L'Erythrée petite centaurée (Centaurium erythraea).

    Dans les friches caillouteuses des carrières, dans les coupes forestières bien exposées ou à la lisière ensoleillée des bois, vous trouverez cette petite merveille. C'est de juillet à fin septembre que l'Erythrée petite centaurée étale ses pétales d'un rose profond donnant une touche de couleur à nos terrains rocailleux brûlés par le soleil d'été.

     

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    Photo: Fr. Hela, Purnode, Juillet 2011.

     

    L'Erythrée petite centaurée fait partie de la même Famille que les gentianes (Gentianacées). Lorsqu'on évoque les gentianes, on ne peut s'empêcher de se souvenir des prairies montagnardes où s'épanouissent des fleurs jaunes, bleues ou pourpres. Et pourtant la Famille des Gentianacées est représentée en Belgique par 11 espèces indigènes appartenant à 5 Genres différents. La plupart sont peu communes, voire très rares telle la gentiane champêtre (Gentianella campestris) qui n'existe dans notre pays qu' à la Montagne Saint-Pierre, sur la commune de Visé (Province de Liège).

     

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    Gentianella campestris

    Photo: Mathieu Menand - www.tela-botanica.org

     

    L'Erythrée petite centaurée n'est pas trop rare dans notre belle région. A certains endroits, on peut découvrir de belles stations comprenant plusieurs dizaines de plantes !

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 5 juillet 2011.

     

    Admirez-la et ne la cueillez-pas ! Cette espèce est protégée par la loi.

    Qu'on se le dise !

     

     

  • L'année du serin cini (Serinus serinus).

    A la cime du bouleau, à quelques pas de ma maison, une étrange litanie aiguë, grinçante, mais alerte, semble tomber du ciel en strophes interminables. L'auteur: un petit oiseau au front et à la poitrine jaune vif, nettement plus petit qu'un moineau. Un mâle de serin cini !

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 23 Mai 2011.

    Le bec conique très court, la petite queue échancrée, le front et les sourcils jaune uni, le dessus de la tête et le dos rayés sont caractéristiques. La petitesse de cet oiseau est frappante. En effet, le plus petit de nos Fringilles ne mesure que 11-12 cm de long et son poids ne dépasse guère 14 g.

     

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

     

    Emporté par son ardeur nuptiale, il chante à perdre haleine. Soudain, il se met à voler comme un papillon au-dessus du jardin, tout en chantant. Quelques heures plus tard, je découvrirai un couple picorant çà-et-là en sautillant, sans craindre de se faufiler parmi les herbes et les tiges enchevêtrées d'une friche toute proche.

     

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    Photos: Fr. Hela, Yvoir, 23 Mai 2011.

     

    Méridional d'origine, le serin cini est amoureux du soleil et de la lumière. Il n'est nulle part plus abondant que dans le Midi. Le printemps exceptionnellement radieux de cette année lui est favorable. Il fréquente les grands jardins et les parcs arborés, les vergers, les cimetières et les villages proche de la vallée de la Meuse. Il se plaît dans ses milieux pourvu qu'il y trouve des zones d'herbes rases et quelques arbres, avec une préférence pour les cyprès, les thuyas, les pins et les cèdres.

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

     

    Lors des années plus froides et plus pluvieuses, on ne l'entend guère. La population nicheuse est fluctuante, bien que l'espèce soit en progression constante vers le Nord. En Belgique, il se reproduit localement. Certaines années sont plus favorables que d'autres.

     

     

     

     

  • Le Petit Mars changeant (Apatura ilia) dans la vallée du Bocq.

    Ce papillon est devenu rare! De ce fait, son observation est toujours un évènement pour le naturaliste que je suis. Il fréquente encore, très localement, les forêts alluviales à l'atmosphère humide et chaude de certaines rivières de Wallonie. Le mâle s'abreuve volontiers aux flaques, sur les chemins forestiers ensoleillés. Lorsqu'il est dérangé, il s'envole la plupart du temps vers le haut et se perche sur la pointe d'un rameau, où il ouvre et referme ses ailes. Suivant l'angle de la lumière incidente, le dessus des ailes montre alors un éclat chatoyant bleu violet du plus bel effet.

     

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (vallée du Bocq), Juin 2011.

     

    Le Petit Mars changeant est une espèce thermophile. Il aime particulièrement les vallées ensoleillées et les zones boisées claires de saules (Salix sp.) et de peupliers trembles (Populus tremula).

     

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    Le peuplier tremble (Populus tremula), la plante-hôte préférée de la chenille.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Mai 2011.

       

    En août, la femelle pond ses oeufs un à un sur le dessus des feuilles de ces essences, à 4-5 mètres de hauteur. Environ à la moitié de son développement, la chenille hibernera. Ce ne sera qu'à la belle saison suivante que l'imago prendra son envol (mi-juin).

     

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (vallée du Bocq), Juin 2011.

     

    En Wallonie, le Petit Mars changeant est devenu rare ou absent en beaucoup d'endroits. La rectification des cours d'eau engendrant la disparition des zones alluviales importantes pour l'espèce, l'enrésinement des fonds de vallée ou la plantation de peupliers canadiens sont probablement les causes de son déclin. Heureusement, la vallée du Bocq est encore relativement préservée. La partie de la rivière située en contrebas des Fonds d'Ahinvaux où j'ai découvert ce magnifique papillon, semble répondre à ses exigences.

     

     

  • La doradille du Nord (Asplenium septentrionale), une fougère rare chez nous.

    Cette fougère des zones tempérées et subarctiques de l'hémisphère boréal habite les fissures des rochers et des vieux murs siliceux.

     

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    Photo: Fr. Hela, Purnode, Mars 2011.

     

    Très discrète, la doradille du Nord est une fougère réduite à sa plus simple expression. Si l'on n'y prenait garde, elle pourrait bien passer pour une banale touffe d'herbe ! Ses frondes en lanière étroite, fourchues à leur extrémité, portant des bandes brunes de sporanges sur leur revers, permettent aisément de l'identifier.

     

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    Photo: Fr. Hela, Annevoie-Rouillon, Avril 2011.

     

    Notre fougère, très originale par sa morphologie, est une espèce rare dans notre pays. Les quelques stations dans notre région se situent dans des anfractuosités de rochers siliceux (pasmmites, schistes et grès). En France, dans les massifs siliceux de montagnes, elle est assez fréquente, notamment dans les Cévennes, les Alpes, les Pyrénées et les Vosges. 

     

     

     

  • Prodigieux de richesse, de vigueur et de variété, le chant du Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) jaillit d'une haie vive...

    Célébré par les poètes, devenu un symbole lyrique, le rossignol incarne pour nous l'art du chant. Que de littérature (de la bonne et de la pire) n'a-t-on pas prodiguée sur le génie de cet oiseaux ! En oubliant résolument les effusions sentimentales qui nous éloignent de la vérité, ne considérons ici que la nature, et elle seule. Cependant, je suis chaque fois saisi par son incomparable virtuosité. Les nuances, les variations, l'étendue et la souplesse de la voix du rossignol me surprennent toujours.

     

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Ne pas entendre le rossignol est impossible, mais il n'est pas toujours aisé de l'observer, même lorsque sa voix éclate toute proche. Pourvu que le feuillage ne soit pas trop impénétrable et que l'on soit patient, on pourra parfois distinguer un oiseau, à peine plus grand qu'un moineau, à la queue rousse. Son plumage est brun roux uniforme sur le dos, tandis que le dessous est beaucoup plus pâle.

     

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

    Le rossignol philomèle passe sa vie à terre ou près de terre, sous le couvert des buissons dont il ne s'éloigne pas. Se déplaçant sur un territoire restreint, par bonds alertes, il fouille les feuilles mortes et autres débris végétaux à la recherche de petites proies (vers, larves diverses, chenilles, couvins de fourmis, ...) Se perchant sur les branches basses, il repère Coléoptères, Diptères et autres insectes. La vie qu'il mène ne l'oblige guère à voler que sur de courtes distances et à faible hauteur, quoique ses longues ailes indiquent un migrateur au long cours. Les quartiers d'hiver du rossignol philomèle s'étendent en Afrique tropicale au nord de l'équateur, de la Gambie au Haut-Soudan, par la Côte d'Ivoire, le Nigeria et le Cameroun. En mars, les migrateurs franchissent le Sahara et arrivent chez nous, en général, dans la deuxième quinzaine d'avril.

     

     

  • Splendides Coléoptères !

    Coléoptère remarquable par la beauté et l'éclat de son exosquelette de chitine, la Cétoine dorée (Cetonia aurata) apprécie les fleurs. Entre autres, celles des aubépines, des églantiers, du sorbier des oiseleurs, de la viorne obier et du sureau noir ont sa préférence. Cette année, elle est particulièrement abondante dans les jardins, les vergers et les clairières de bois de notre commune.

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, Mai 2011.

     

    La larve, dont le cycle s'étend sur deux ans, se développe dans les matières végétales en décomposition: terreau des arbres creux, compost des jardins, fumier et déchets organiques accumulés dans les grandes fourmilières en dôme...

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Mai 2011.

     

    Lors des journées chaudes de mai à août, la Trichie fasciée (Trichius fasciatus) visite jardins, prés et clairières, à la recherche de matières sucrées. Elle se pose sur diverses fleurs, notamment celles des marguerites, des Apiacées (Ombellifères) et des ronces, dont elle apprécie le nectar.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Mai 2011.

     

    Lors de journées plus fraîches ou nuageuses, cette petite cétoine s'enfonce plus avant dans les fleurs et reste immobile. Son revêtement pileux, léger sur les élytres mais très dense sur le thorax, lui donne l'allure d'un bourdon.

    La larve de ce Coléoptère vit deux ans et se nourrit de matières végétales en décomposition et, en particulier, du terreau des arbres creux. Pour se métamorphoser, elle se confectionne une coque dure avec des débris de bois agglomérés.

     

    Les Hannetons apparaissent aussi en mai et début juin. Le plus connu est, sans nulle doute, le Hanneton commun (Melolontha melolontha).

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Mai 2011

    Long de 2 à 3 cm, le hanneton commun est recouvert de deux élytres brunes (ailes extérieures durcies) et a un "ventre" noir bordé de petits triangles blancs. Ses antennes se terminent par une superposition de lamelles.

    Les larves de cet insecte se développent sous la surface du sol durant trois ans. Après leur métamorphose, surgissent les adultes qui prendront leur envol au mois de mai. La vie de l'adulte est brève (entre une semaine et un mois). Son activité est crépusculaire et nocturne. Aussi, ces insectes, au vol lourd et maladroit, servent-il souvent de proies à la Chevêche d'Athéna (Athene noctua) ou aux chauves-souris (Grand murin Myotis myotis, sérotine commune Eptesicus serotinus, noctule Nyctalus noctula,...).

    Le hanneton des jardins (Phyllopertha horticola), beaucoup plus petit (environ 1 cm), apparaît lors des chaudes soirées de mai et de juin. Les femelles sont rapidement détectées et fécondées par les mâles qui volent très près du sol. La larve se développe sous terre durant deux ou trois ans avant de donner naissance à l'insecte parfait (imago).

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 17 mai 2011.

     

     

     

  • Deux orchidées printanières de nos sous-bois ...

    C'est principalement dans nos bois de chênes et de charmes où pousse la primevère officinale (Primula veris) que l'on peut admirer, de fin avril à début juin, de beaux peuplements d'orchis mâles (Orchis mascula). On trouve aussi cette orchidée en lisière des forêts ou dans les pelouses calcaires de la vallée de la Meuse (le site de Champalle est un bel exemple).

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 26 Avril 2011.

     

    L'orchis mâle apprécie les lieux mi-ombragés ou ensoleillés et croît sur des sols secs, riches en bases. L'inflorescence en épi assez dense présente de nombreuses fleurs pourpre clair à rouge violet, rarement blanches ou roses.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 26 Avril 2011.

     

    En général, les feuilles de base de cette orchidée, groupées en rosettes, sont maculées de larges taches violet noirâtre ou brunâtre.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 6 Avril 2011.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Airbois), 4 Mai 2011.

     

    La néottie nid d'oiseau (Neottia nidus-avis) prend naissance sur une pelote de racines dont l'aspect rappelle celui d'un nid d'oiseau. Cette orchidée particulière est totalement dépourvue de chlorophylle. Entièrement beige pâle à brunâtre, la néottie se nourrit exclusivement de matières organiques grâce à des mycorhizes*.

     

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles, 6 Mai 2011.

     

    Elle supporte le couvert dense de la forêt. C'est une plante de l'ombre ! Les sols frais, profonds, calcaires à neutres lui sont favorables. Elle croît souvent en touffes ou forme parfois d'importantes colonies très fluctuantes en nombre selon les années.

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles, 6 Mai 2011.

     

    Sa tige est épaisse, charnue et porte des feuilles réduites à l'état d'écailles engaînantes. Son inflorescence dense est constituée de nombreuses fleurs jaunâtres ou roussâtres. Les fleurs inférieures sont très espacées.

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles, 6 Mai 2011.

     

    En examinant de près une fleur, on peut remarquer le rapprochement vers l'avant, en casque, des sépales et pétales. Le labelle* est pendant, long et son sommet est divisé en deux lobes divergents. La néottie nid d'oiseau fleurit, dans notre région, de mai à juin.

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles, 6 Mai 2011.

     

    * Mycorhize: Association symbiotique entre un champignon et les racines d'une plante vasculaire. 

    * Labelle: Chez les Orchidacées, le labelle est le pétale médian antérieur plus grand que les autres, étalé ou pendant. 

     

     

     

     

     

     

  • Le vol chanté du pipit des arbres (Anthus trivialis), tout un spectacle !

    Venant du petit hameau de Tricointe, j'entame la montée vers l'Airbois. Le sentier caillouteux serpente dans la coupe forestière piquetée de sureaux à grappe, de sorbiers des oiseleurs ainsi que d'autres petits arbres et arbustes colonisateurs. Là, à la lisière de la forêt, posé au sommet d'un mélèze, un petit oiseau élancé émet un chant clair et sonore, répété avec insistance. Il est brun moucheté avec une poitrine plus claire marquée de rayures foncées espacées. Son bec est fin et bien pointu. Ses pattes, assez longues sont roses avec la griffe du doigt postérieur très allongée. Ce 8 avril, le pipit des arbres est revenu des savanes africaines où il a passé la mauvaise saison. Après avoir traversé notamment le Sahara, le voilà frais et fringant, débordant d'énergie !

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Soudain, tout en chantant vivement, il s'élance obliquement dans les airs jusqu'à 10 ou 20 mètres. Ce comportement me fait penser à celui de l'alouette. Sa chanson se compose de plusieurs motifs enchaînés rapidement, dont chacun est la répétition d'une ou deux syllabes. Maintenant, il se laisse descendre en vol, les ailes étendues et la queue déployée. Lors de cette chute planée, il conclut son chant en une série de notes descendantes ("tsi-a tsi-a tsi-a tsi-a tsi-a") qui se ralentit et s'éteint jusqu'au moment où il se pose sur son perchoir de départ. Après un petit moment d'accalmie, le voilà à nouveau plein d'entrain et le spectacle recommence.

     

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Dans notre région, si vous voulez assister à cette représentation particulière, il vous faudra trouver des espaces dégagés avec une végétation herbacée bien fournie au sol et avec quelques arbres ou buissons disséminés qui serviront, à notre oiseau, de perchoirs pour entonner son chant. On peut observer le pipit des arbres dans des milieux bien typiques: à la lisière des bois, dans les jeunes plantations de conifères, les clairières, les coupes à blanc ou éclaircies, les prés bordés d'arbres ou de haies, mais aussi dans les pelouses calcaires piquetées d'arbres ou d'arbustes.

     

     

  • La petite nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula)

    Appelée aussi agrion au corps de feu, cette libellule est très précoce. Elle vole dès le 15 avril jusqu'à la première décade d'août. La période d'apparition maximale se situe entre la mi-mai et le début de juin (dates extrêmes: 2 avril et 28 août), d'après Goffart, De Knijf et al. (2006).

    La libellule est l'amie du soleil. Par temps frais, elle profite des moments d'ensoleillement pour réchauffer suffisamment son organisme. Ce mâle d'agrion au corps de feu exposent généreusement son corps aux chauds rayons.

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    Photo: Fr. Hela, Annevoie-Rouillon, 2 Mai 2011.

     

    La petite nymphe au corps de feu se rencontre aussi bien aux abords des eaux courantes que stagnantes, où la végétation est abondante. Elle apprécie notamment les petits cours d'eau lents, les fossés, les argilières, les étangs et les mares.

    En dépit de sa couleur rouge, elle est parfois difficile à voir. Il faut la chercher surtout dans la végétation, car elle évite l'eau libre.

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    Pyrrhosoma nymphula: Femelle

    Photo: Nadine Thonnard, Godinne, 3 Mai 2011

     

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    Pyrrhosoma nymphula: Mâle

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 7 mai 2011.

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    Pyrrhosoma nymphula: Accouplement

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 7 Mai 2011.

     

     

  • Le rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), un oiseau plein de vivacité.

    Alors que les prunelliers et les cerisiers sauvages commencent à se parer de fleurs blanches, le premier rougequeue à front blanc apparaît sur ses perchoirs favoris, à proximité de ma maison. Du sommet d'un bouleau, puis d'un frêne ou du toit d'une ancienne bâtisse, le mâle, resplendissant, émet une phrase brève et mélodieuse, un peu mélancolique, qu'il répète à raison de sept à neuf fois par minute.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Chaque année, à la même époque, j'attends avec impatience ce passereau qui m'enchante. Il a la silhouette fine. Délicat et élégant, il fait preuve de grâce et de vivacité dans ses mouvements.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    En hiver, notre rougequeue a séjourné en Afrique occidentale (Sénégal, Haut-Niger) ou, peut-être, plus loin (Ouganda, Rwanda, Sud-est du Kenya, Tanzanie, Congo).

    Mais pourquoi ne reste-t-il pas là-bas ? Pourquoi risquer un nouveau voyage ?

    Au fil des semaines, dans les régions où il hiverne, la terre se dessèche inexorablement. Les feuilles tombent, la savane roussit et les insectes s'enfouissent profondément dans le sol. Au Sahel, le rougequeue à front blanc, essentiellement insectivore, doit se rabattre sur les ponpons jaunes des mimosas, puis sur quelques autres fruits d'autres essences. En mars, à la fin de son hivernage, il n'y a pratiquement plus rien à manger. Sous un soleil de plomb, la savane jaunit. Alors, notre oiseau s'en va au bon moment.

    Quelques semaines plus tard, le mâle nous revient et se met directement à chanter. Après quelques jours, une femelle s'arrêtera, attirée par le chanteur intarissable. Le couple se forme et, à l'heure où je vous parle, le nid est édifié et la femelle couve.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

     

     

  • Nos deux hélianthèmes: plantes de soleil !

    Fleurs de soleil ! Ce n'est qu'en pleine lumière que les fleurs des hélianthèmes s'ouvrent. Le nom hélianthème vient d'ailleurs du grec helios, "soleil" et anthos, "fleur". Les hélianthèmes sont également plantes du soleil par leur milieu de vie: les coteaux rocailleux et secs bien ensoleillés. Ils appartiennent à la Famille des Cistacées qui est essentiellement méridionale. Leurs pétales ont toujours un petit air "chiffonné" comme de la soie fripée. Sans parfum, elles sont cependant butinées et pollinisées par de nombreux insectes.

    L'hélianthème des Apennins (Helianthemum apenninum) fleurit actuellement dans les pelouses ouvertes et sur les rochers calcaires, à Houx-sur-Meuse, sur le site des Rochers de Champalle, et au sommet du rocher d'escalade de Fidevoye.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Rochers de Champalle), Mai 2010.

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    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, 26 Avril 2011.

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    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, 26 Avril 2011.

     

    L'hélianthème jaune (Helianthemum nummularium) est sur le point de fleurir. Il aime les pelouses sèches sur des substrats riches en calcaire. On le rencontre parfois dans les mêmes sites que l'hélianthème des apennins. Il est beaucoup plus fréquent.

     

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    Photos: Fr. Hela, Yvoir (Rochers de Champalle), Mai 2010.

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    Sur le site de Champalle, on rencontre quelquefois l'hybride naturel entre les deux espèces Helianthemum xsulphureum, à corolle jaune soufre pâle.

    L'hélianthème blanc est considéré comme assez rare dans le district mosan, tandis que l'hélianthème jaune est plus commun dans les milieux qui lui conviennent.

     

     

     

     

  • Nos quatre fauvettes sont revenues et chantent à tue-tête.

    La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla)  n'a pas une tête entièrement noire, mais seulement une petite calotte noire, du moins chez le mâle.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    La femelle et les jeunes de l'année portent une calotte rousse.

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

     

    Il s'agit de la première fauvette à nous revenir au printemps. Souvent dès mi-mars, les premiers chants retentissent. Le chant de la fauvette à tête noire est sonore, riche et assez long. Il se termine par un crescendo flûté magnifique.

    Cette fauvette affectionne les milieux relativement bien fournis en arbres (bois, bosquets, orées forestières, jardins arborés, parcs ...) pour autant que subsistent au sol des massifs de ronces ou autres petits buissons dans lesquels elle installe son nid.

     

    La fauvette des jardins (Sylvia borin) recherche une végétation buissonnante touffue en  forêt ou dans les bocages. Le long des lisières forestières, elle cohabite souvent avec la fauvette à tête noire. La caractéristique principale de cette fauvette est l'absence de trait marquant: l'oiseau est entièrement brunâtre presque uniforme, sauf le dessous qui est plus clair. L'observateur attentif notera aussi les côtés du cou grisés, tranchant à peine sur le reste du plumage brun.

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Si l'apparence de l'oiseau est anodine, il vous charmera, par contre, par son chant mélodieux. Ses longues phrases, pleines et volubiles, se succèdent sur un rythme égal, sans trêve, pendant des heures.

    Les quartiers d'hiver de la fauvette des jardins s'étendent sur l'Afrique tropicale et méridionale, atteignant au sud le Natal et le Damaraland (Géroudet, 1998). Au printemps, les premières fauvettes arrivent chez nous vers la mi-avril, mais la plupart s'installent pendant la première quinzaine de mai.

     

    Les fauvettes grisettes (Sylvia communis) d'Europe occidentale hivernent dans les savanes d'Afrique tropicale, de la bordure méridionale du Sahara au Damaraland et au Zimbabwe (Géroudet, 1998). Le qualificatif qui est attribué à cette espèce n'est pas des plus judicieux. Ce qui la caractérise le mieux, c'est en effet la couleur rousse d'une partie de ses ailes. L'appeler "Fauvette à ailes rousses" aurait probablement facilité le travail des ornithologues débutants. D'autres critères permettent une identification certaine: une gorge bien blanche et une queue plutôt longue aux rectrices externes en partie blanches. En outre, chez le mâle, la tête grise contraste avec le dos brun.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    C'est dans la deuxième quinzaine d'avril que les mâles se cantonnent et émettent alors un chant précipité, explosif et éraillé du haut d'un buisson ou au cours d'un modeste vol nuptial.

    La fauvette grisette recherche des endroits dégagés parsemés de buissons (prunelliers, aubépines, ronces ...) avec le plus souvent une strate herbacée abondante à proximité: talus herbeux, massifs d'orties, anciens prés de fauches, friches ... On ne la trouve donc pas dans les massifs forestiers, sauf parfois dans les coupes à blanc.

     

    La fauvette babillarde (Sylvia curruca) est la plus petite et la plus discrète de nos fauvettes. Sorte de réplique de la fauvette grisette, avec sa gorge blanche, elle s'en distingue essentiellement par l'absence de roux sur les ailes et par la présence d'un léger bandeau sombre barrant les yeux. La couleur dominante de son plumage est gris souris et sa gorge est blanche.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Même si elle est parfois de retour dès la mi-avril, c'est surtout à partir de début mai, lorsque les aubépines croulent sous les fleurs, que son chant se fait entendre: un rututututu accéléré et légèrement montant très caractéristique.

    La fauvette babillarde est vraiment la fauvette des gros buissons épineux. Elle apprécie tout particulièrement les bonnes grosses haies libres d'aubépines et les massifs de prunelliers. Les haies trop étroites, trop basses, trop taillées sont désertées.

    Cette espèce passent l'hiver entre le lac Tchad et l'Ethiopie, surtout au Soudan (Géroudet, 1998).

     

     

     

     

  • De belles stations de lathrées écailleuses (Lathraea squamaria) dans la vallée du Bocq et du Crupet.

    La lathrée écailleuse est présente cà et là dans nos forêts à humus doux, sur les versants en bordure des cours d'eau et dans les zones alluviales. C'est une plante herbacée non verte qui parasite, à l'aide de suçoirs, les racines de différents arbres et arbustes, notamment celles du noisetier (Corylus avellana), des ormes (Ulmus div. sp), de l'aulne glutineux (Alnus glutinosa) et, parfois aussi, celles des racines du lierre (Hedera helix).

     

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    Photo: Fr. Hela, Vallée du Crupet, 2 Avril 2011.

     

    Cette plante vivace à la tige presque entièrement souterraine couverte d'écailles blanchâtres est classée dans la Famille des Orobanchacées, mais certains auteurs la range plutôt dans celle des Scrophulariacées. En fait, des données récentes de la biologie moléculaire bouleversent considérablement la délimitation de cette dernière Famille et d'autres apparentées, comme les Orobanchacées. La question sera à reconsidérer dans l'avenir (Lambinon et al. 2004).

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Vallée du Bocq), 12 Avril 2011.

     

    La lathrée écailleuse, espèce considérée comme rare dans le district mosan, fleurit de mars à mai. Elle aime l'ombre ou la demi-ombre, ainsi que des sols profonds et frais.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Vallée du Bocq), 12 Avril 2011.

     

     

  • Quatre lamiers actuellement en fleurs !

    Le lamier jaune (Lamium galeobdolon) aime des sols non ou peu acides et assez riches. Il affectionne particulièrement le bas de pente des forêts feuillues (colluvions). On le trouve aussi dans les coupes et lisières forestières, ainsi qu'aux pieds des haies où règne une certaine fraîcheur.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), Avril 2011

     

    Le lamier blanc (Lamium album) est une espèce croissant de préférence sur des substrats riches en composés azotés. On peut le découvrir sur les talus, sous les haies, au bord des chemins et non loin des potagers.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Avril 2011.

     

    Le lamier pourpre (Lamium purpureum) fleurit dès la fin de l'hiver et jusqu'au mois de septembre. Il fréquente les cultures, surtout sarclées, le bord des chemins et les haies à proximité des habitations.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 22 Mars 2011.

     

    Le lamier maculé (Lamium maculatum) est beaucoup plus rare. Il faut le rechercher au bord de la Meuse et des rivières de notre région. Il aime les vallées, où il fleurit près des haies, sur des talus frais et dans les bois d'aulnes des zones alluvionnaires.

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    Photo: Fr. Hela, Godinne (vallée de la Meuse), 17 Avril 2011.

     

    Les lamiers sont souvent confondus avec l'ortie dioique (Urtica dioica), car les feuilles se ressemblent assez bien. C'est la raison pour laquelle, on donne parfois à ces plantes des noms vernaculaires qui prêtent à confusion: "ortie blanche", "ortie jaune", ... Pourtant les lamiers n'ont rien à voir avec les orties (Urticacées). Ceux-ci font partie de la Famille des Lamiacées dans laquelle on trouve notamment l'origan (Origanum vulgare), les sauges (Salvia sp.), les menthes (Mentha sp.), les thyms (Thymus sp.) ou encore les lavandes (Lavandula sp.). Une ortie ne donne jamais des fleurs à symétrie bilatérale comme celles que vous pouvez voir sur les photos de cette note ! S'arrêter devant une station de lamiers et regarder attentivement les fleurs est un ravissement pour les yeux. Si vous avez un jardin, consacrez leurs un coin, car les fleurs constituent une source non négligeable de nourriture pour diverses abeilles et bourdons. Qu'on se le dise !

     

     

     

     

     

     

  • Une rencontre avec le méloé, un Coléoptère original.

    Ce matin du 28 mars, sous l'action chauffante du soleil, le sol fume. Par cette belle journée qui s'annonce, plusieurs reines de bourdons, des abeilles solitaires et divers Diptères s'affairent autour d'un saule en fleurs. C'est un véritable ronronnement de bruissements d'ailes digne d'une journée d'été. Les pissenlits et les violettes odorantes fleurissent déjà. Au pied de la haie, des centaines de ficaires forment un tapis de corolles jaunes étoilées. Dans les hautes herbes, une grosse tête bleu foncé portant deux antennes renflées et coudées se faufile. Ah ! Voici une patte et une seconde qui amènent un thorax un peu plus étroit que la tête. La seconde paire de pattes passée, il y a un temps d'arrêt, ... Après quelques mouvements des antennes, l'insecte saisit sans empressement l'une des brindilles pour en commencer l'ascension. Il possède des élytres ! Mais, ceux-ci sont très courts, croisés à la base et baillés au sommet, laissant voir cinq à six segments abdominaux bleu métallique comme tout le reste du corps. Quel abdomen, cela n'en finit pas ! Est-ce un Coléoptère dont la brisure des antennes et les élytres atrophiées annonceraient un accident dans l'éclosion ? Pas le moins du monde, c'est une femelle de Meloe proscarabeus ou violaceus en parfait état.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), le 28 Mars 2011.

     

    Pour l'examiner de plus près, je prends en main cette femelle de méloé, à la démarche apathique malgré sa grande taille (36 mm). Elle se roule sur elle-même et de ses articulations suinte un liquide orangé qui a la même odeur que celui sécrété par les coccinelles ou le "crache-sang" (Timarcha tenebricosa), grande chrysomèle bien connue déambulant à cette saison le long des chemins, où poussent les gaillets dont elle se nourrit.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), le 28 Mars 2011.

     

    Original par sa forme, le méloé, Coléoptère que l'on rencontre peu souvent, est encore plus spécial de moeurs.

    Notre femelle cherche sans doute un mâle. Ses pattes et sa forte constitution ne lui permettent guère de parcourir de grandes distances. Elle ne s'écartera donc pas de l'endroit où elle a vu le jour. Lors de ses courtes pérégrinations, elle finira par s'accoupler avec un mâle qui lui sera inférieur par la taille et dont les élytres recouvriront un peu plus son abdomen.

    Une fois fécondée notre femelle va choisir pour pondre un endroit bien exposé au soleil où des abeilles solitaires établissent leurs galeries. Dans l'herbe, à proximité de fleurs printanières comme les pissenlits, elle creuse dans le sol quelques trous dans lesquels elle va déposer ses oeufs. Elle les recouvre ensuite d'un peu de terre. Au total, elle aura pondu trois à quatre mille oeufs ! Ces pontes se déroulent au printemps et les oeufs éclosent rapidement pour donner de minuscules larves jaunes pourvues de fortes griffes, les triongulins. Ces larves primaires grimpent alors sur les têtes des pissenlits ou d'autres fleurs printanières et attendent l'arrivée d'une abeille solitaire. Seul un petit nombre d'entre elles trouvent un hôte adéquat et les autres meurent. S'accrochant avec leurs pattes munies de griffes à la toison d'abeilles sauvages, les triongulins se font transporter jusqu'aux nids de celles-ci, où ils se laissent choir et cherchent un oeuf à manger. Ensuite, les larves de méloé se mettent  à dévorer les réserves de pollen et de nectar des abeilles. Après une série de mues, devenant de plus en plus semblables à un ver, avec un corps mou et des pattes réduites, les larves passent l'hiver en léthargie, sous forme de pseudo-chrysalide. 

     

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    Au printemps suivant, une nouvelle mue se réalise donnant un nouveau stade larvaire. Ensuite, après une courte nymphose, l'insecte parfait (l'imago) verra le jour en avril-mai.

     

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    Hypermétamorphose: les quatres stades dans le développement d'un Coléoptère Meloidae, d'après Fabre.

    A. Triongulin B. Larve secondaire C.Pseudo-chrysalide D. larve tertiaire

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Les crapauds communs (Bufo bufo) sont dans les mares.

    Les crapauds communs sortent d'hibernation à la faveur d'un radoucissement des températures, généralement en mars dans notre région, parfois plus tôt selon les conditions climatiques locales. Ils se déplacent d'emblée vers leurs points d'eau de reproduction. Cette migration prénuptiale a lieu dès le coucher du soleil et pendant la nuit. Les déplacements migratoires peuvent se produire dès que la température est positive. Ceux-ci deviennent très importants lorsque la température atteint 5°C.

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (Bauche), le 23 Mars 2011

    Lors de l'accouplement, le mâle saisit la femelle aux aisselles. Il peut déjà s'agripper à une femelle rencontrée pendant la migration prénuptiale: cette dernière transporte alors le mâle installé sur son dos jusqu'au lieu de ponte.

     

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    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, le 22 mars 2011.

    Le crapaud commun est connu comme étant fidèle au même lieu de ponte. Celui-ci est aussi, le plus souvent, son lieu de naissance.

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (Bauche), le 23 Mars 2011.

    La reproduction se déroule rapidement, généralement en quelques jours. Une fois terminée, la plupart des animaux quittent l'eau aussitôt. Quelques mâles  peuvent toutefois s'y attarder.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), le 21 Mars 2011.

    L'adulte rejoint alors ses quartiers d'été parfois distants de plus d'un kilomètre du lieu de reproduction. Des distances de 3 ou 4 km ont été observées ! Il est à présent exclusivement nocturne et terrestre. Il passe sa journée dans une cache pas trop sèche et sort la nuit à la recherche des divers invertébrés dont il se nourrit.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), le 2 Avril 2011.

    Les oeufs sont pondus en deux cordons gélatineux parallèles, étirés entre les plantes aquatiques ou les branchages tombés dans l'eau. Ces cordons dépassent le mètre de longueur (souvent 2 à 3 mètres). Une ponte peut contenir 2000 à 10.000 oeufs !