Yvoir Nature Faune et Flore - Page 5

  • Les crapauds communs (Bufo bufo) sont dans les mares.

    Les crapauds communs sortent d'hibernation à la faveur d'un radoucissement des températures, généralement en mars dans notre région, parfois plus tôt selon les conditions climatiques locales. Ils se déplacent d'emblée vers leurs points d'eau de reproduction. Cette migration prénuptiale a lieu dès le coucher du soleil et pendant la nuit. Les déplacements migratoires peuvent se produire dès que la température est positive. Ceux-ci deviennent très importants lorsque la température atteint 5°C.

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (Bauche), le 23 Mars 2011

    Lors de l'accouplement, le mâle saisit la femelle aux aisselles. Il peut déjà s'agripper à une femelle rencontrée pendant la migration prénuptiale: cette dernière transporte alors le mâle installé sur son dos jusqu'au lieu de ponte.

     

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    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, le 22 mars 2011.

    Le crapaud commun est connu comme étant fidèle au même lieu de ponte. Celui-ci est aussi, le plus souvent, son lieu de naissance.

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (Bauche), le 23 Mars 2011.

    La reproduction se déroule rapidement, généralement en quelques jours. Une fois terminée, la plupart des animaux quittent l'eau aussitôt. Quelques mâles  peuvent toutefois s'y attarder.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), le 21 Mars 2011.

    L'adulte rejoint alors ses quartiers d'été parfois distants de plus d'un kilomètre du lieu de reproduction. Des distances de 3 ou 4 km ont été observées ! Il est à présent exclusivement nocturne et terrestre. Il passe sa journée dans une cache pas trop sèche et sort la nuit à la recherche des divers invertébrés dont il se nourrit.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), le 2 Avril 2011.

    Les oeufs sont pondus en deux cordons gélatineux parallèles, étirés entre les plantes aquatiques ou les branchages tombés dans l'eau. Ces cordons dépassent le mètre de longueur (souvent 2 à 3 mètres). Une ponte peut contenir 2000 à 10.000 oeufs !

     

     

     

     

     

  • Ils sont revenus au mois de mars, ...

    Pour certains passereaux, l'alternance des saisons provoque la raréfaction, voire la disparition, des ressources alimentaires. Dès lors, pour survivre, ils nous ont quitté fin de l'été et en automne. Ils se sont déplacés vers des lieux où la nourriture est abondante: ce sont des oiseaux migrateurs. L'hirondelle rustique (Hirundo rustica), par exemple, quitte l'Europe à la fin du mois d'août et au mois de septembre pour retrouver plus au sud sa nourriture favorite: les insectes volants ! Selon les régions, le nombre d'oiseaux migrateurs varie. Plus on va vers le nord, plus il est élevé.

    Depuis environ le 15 mars, certains passereaux réapparaissent après avoir hiverné dans des régions plus clémentes. L'hirondelle rustique est observée cette année, pour la première fois, le 18 mars à l'Airbois (Tricointe).

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Au début de ce mois, quelques bergeronnettes grises (Motacilla alba) fréquentent à nouveau les prés où paissent ânes, moutons et chevaux.

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Vers le 15 mars, les premiers pouillots véloces (Phylloscopus collybita) reviennent du sud de l'Europe et commnencent à chanter dans nos buissons.

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

     

    Le matin du 16 mars, sur le faîte d'un toit à Yvoir, un mâle de rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros) entonne son chant si familier.

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

    Vers le 20 mars, sur les plateaux où les cultures dominent, quelques linottes mélodieuses (Carduelis cannabina) glanent quelques insectes ou graines sur des chemins pierreux, entre les terres remuées. A mon arrivée, certaines se posent sur un arbuste épineux en émettant quelques sons discordants.

     

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

     

    Arrivée de nuit vers le 25 mars, la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) reprend contact avec ses bosquets familiers et les arbres des jardins, marquant ici et là sa présence par son gazouilli léger ou son couplet flûté clair et décidé.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Deux merveilles végétales précoces à protéger !

    Notre commune regorge d'espèces végétales rares à très rares. Certaines d'entre elles constituent des stations uniques pour notre pays.

    La drave faux-aizoon (Draba aizoides) est présente sur les rochers calcaires éclairés du remarquable site de Champalle. Les sept à huit plantes croissent dans les escarpements rocheux assez inaccessibles. C'est le seul endroit, en Belgique, où cette Brassicacée (Crucifère) pousse. Elle fleurit tôt, dès la fin de l'hiver.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Rochers de Champalle), 5 Mars 2011.

     

    Plante des rochers par excellence, la drave faux-aizoon préfère la grande solitude des falaises et l'âpre lutte contre le vent. Elle possède des rosettes de feuilles armées de cils raides où se cachent les boutons floraux et une profonde racine qui s'insinue entre les pierres.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Rochers de Champalle), 5 Mars 2011.

     

    Dès les premiers jours ensoleillés annonçant le printemps, ses nombreuses corolles d'un jaune soutenu parent alors les rochers gris et austères de lumières dorées.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Rochers de Champalle), 5 Mars 2011.

     

    Cette plante rupestre est répandue dans les montagnes d'Europe méridionale et centrale, des Pyrénées aux balkans.

     

    La gagée des bois (Gagea lutea) préfère les zones alluvionnaires de la vallée du Bocq. On la trouve dans les aulnaies-frênaies et autres bois frais, ainsi que dans les prairies proches du cours d'eau. Cette Liliacée à bulbe, assez rare, apparaît au mois de mars, souvent en compagnie de l'anémone fausse-renoncule (Anemone ranunculoides) et de l'ail des ours (Allium ursinum).

     

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    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (Bauche), le 22 Mars 2011.

     

    La gagée des bois est une espèce aimant la mi-ombre. Elle croît sur les sols riches en bases et en éléments minéraux. Les sols où elle est florissante sont, en général, argileux ou limoneux, profonds et à réserves en eau importantes.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Propriété Dapsens), 23 Mars 2011.

     

    Lors de ce mois de mars, j'ai découvert pas moins de quinze stations, parfois importantes, dans la vallée du Bocq, de Dorinne (Chansin) à Yvoir (Propriété Dapsens).

    Faites donc attention, si vous marchez le long de la rivière, ces temps-ci !

    Merci, au nom de la gagée!

     

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    L'anémone fausse-renoncule (Anemone ranunculoides) est souvent présente à proximité des gagées des bois.

    Photo: Fr. Hela, Bauche (Evrehailles), 23 Mars 2011.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Un milan royal (Milvus milvus) de passage à Bauche (Evrehailles).

    L'observation de cet admirable voilier survolant nos paysages avec légèreté et finesse est un moment inoubliable. Le milan royal est sans nulle doute un des plus beaux rapaces d'Europe. L'élégance de ses allures, sa grâce et sa souplesse aérienne, ainsi que les vives couleurs de son plumage forcent l'émerveillement.

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

    Il plane comme une hirondelle géante aux teintes rutilantes. Sa longue queue rousse, sans cesse en action, est très échancrée. Sous ses longues ailes étroites et foncées, deux taches blanches se détachent comme une "fenêtre", à la base des grandes rémiges. C'est un caractère net de cette espèce en vol, visible de loin. Le roux de rouille plus ou moins vif parsème son plumage. Vu du dessous, son corps paraît plus clair et sa petite tête est presque blanche.

    Le 23 mars, le milan royal flâne au-dessus de Bauche. Après quelques planées et battements nonchalants des ailes, il s'élève dans une ascendance et continue sa route vers le nord-est.

    Dès le début de février parfois, en général dans la seconde quinzaine, le retour printanier de cette espèce est sensible. Le passage de couples ou d'isolés se prolonge en mars et jusqu'à mi-avril.

    A vos jumelles ! 

  • Le citron (Gonepteryx rhamni), un papillon robuste !

    A présent, le citron fréquente nos lisières, nos forêts claires et nos fourrés à proximité des bois. C'est un pollinisateur zèlé qui vient volontiers dans les jardins.

    La vie de ce papillon peut durer presqu'une année. En hiver et en été, il réduit ses fonctions vitales au minimum. Il passe l'hiver en plein air, par exemple, dans un épais tapis de lierre, au pied d'un arbre. Il se protège du gel en se déshydratant. Certains auteurs disent même qu'il sécréterait une sorte d'anti-gel durant cette période !

    Au printemps, avec le paon du jour (Inachis io) et la petite tortue (Aglais urticae), le citron est un des premiers papillons à apparaître, parfois dès la fin du mois de février, par temps doux. Il est très robuste face aux intempéries.

    L'accouplement se déroule après l'hiver. Il est précédé d'un vol nuptial. Voici une femelle qui butine les fleurs d'une corydale solide (Corydalis solida). Celle-ci est convoitée par trois mâles pratiquant en commun un vol dansant à proximité.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Evrehailles), Mars 2011.

    La femelle délimite un territoire de ponte composé de un à trois buissons de bourdaines (Frangula alnus) ou de nerpruns purgatifs (Rhamnus cathartica). Elle marque, paraît-il, les bourgeons à l'aide de glandes odoriférantes, afin de retrouver ses arbustes. Le mâle est jaune citron vif, tandis que la femelle est blanchâtre, teintée de verdâtre.

     

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    Gonepteryx rhamni - Mâle

    Photo: Nadine Thonnard, Godinne, Juillet 2011.

     

     

     

     

     

  • Quand passent les grues, c'est toujours un évènement !

    Un passage spectaculaire de grues cendrées (Grus grus) s'est déroulé le 7 mars dernier sur la commune d'Yvoir. Ce jour-là, entre 14h00 et 18h00, pas moins de 1.600 grues, en migration vers le nord ou le nord-est, déferlent en vagues successives au-dessus de nos têtes à Mont, Godinne, Yvoir, Durnal, Dorinne, Evrehailles, ... Le défilé bruyant des groupes en formations disciplinées, formant le plus souvent des "V" qui semblent fendre l'espace, ou encore le tournoiement débridé de centaines d'oiseaux, apparemment désorientés et cherchant patiemment le courant favorable, constituent un des grands phénomènes naturels encore visibles dans nos régions. Mais ces observations sont aléatoires chez nous, du fait que nous sommes un peu en dehors du couloir de migration qui se situe, en Belgique, plus à l'est (Ardenne, Hautes-Fagnes, Lorraines). C'est pourquoi cette journée du 7 mars restera dans toutes les mémoires ! 

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    Photo: Jules Fouarge - Aves-Natagora

    Au début du printemps ou à la fin de l'automne, les migrations de ces grands oiseaux (près d'un mètre de haut et plus de deux mètres d'envergures) évoquent les grands espaces nordiques, les tourbières ou la toundra scandinave. L'image n'est pas fausse et correspond assez bien à la situation actuelle en Europe. En effet, l'aire de nidification sur ce continent s'étend principalement sur l'ex-U.R.S.S., les pays scandinaves, la Pologne et une partie de l'ex-Allemagne de l'Est. La plupart des grues qui passent en Belgique, au printemps, ont hiverné en France (Lac du Der en Champagne), mais surtout dans le sud-ouest de l'Espagne et le sud du Portugal. Certaines vont un peu plus loin, par Gibraltar, jusqu'au Maroc.

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    La grue cendrée est un voilier remarquable capable d'atteindre une vitesse de vol de 80kms/heure de moyenne, si les conditions météos sont favorables.

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     Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    La photo suivante a été prise du vieux pont de Godinne, au-dessus de la Meuse, le 7 mars à 17h45.

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    Photo: Fr. Hela.

     

     

     

     

     

  • L'osmie cornue (Osmia cornuta), une abeille solitaire précoce.

    Les abeilles solitaires ne fabriquent pas de miel et ne piquent pas. Si les femelles possèdent  un aiguillon, il n'y a cependant rien à craindre. Elles ne sont jamais agressives. Si vous vous placez devant les nids, elles vous contourneront en attendant que vous soyez parti. Elles se poseront même sur vous, si vous êtes éclairés par les chauds rayons du soleil ! En outre, elles sont plutôt petites et notre peau est trop épaisse pour que l'aiguillon la transperce.

    Sans ouvrières, ni ruches, ni cire, les femelles des abeilles solitaires se débrouillent toutes seules pour assurer leurs descendances, en mettant en oeuvre des moyens très variés: creusement, terrassement, découpage de feuilles, maçonnerie, poterie, tissage, filage, ... Chacune de ces méthodes correspondent à des espèces ou à des familles différentes.

    Il leur faut néanmoins s'accoupler avec un mâle avant de commencer leur travail de nidification. Ces derniers, dont le développement est plus court, se tiennent aux aguets à la sortie des nids, dès les premières journées ensoleillées de mars. L'accouplement a lieu aux alentours ou sur des fleurs. C'est la seule fonction de ces mâles qui meurent peu de temps après.

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    Osmia cornuta (accouplement), Yvoir, Mars 2011 - Photo: Fr. Hela

     

    Au printemps, on peut observer de véritables "bourgades" d'abeilles solitaires, notamment, sur les vieux murs exposés au soleil, remplis de minuscules cavités. Elles y sont parfois très nombreuses. dans ces circonstances, on pourrait alors croire que l'on est en présence d'une colonie. En fait, chaque individu s'occupe de sa tâche sans s'occuper de ses voisins.

    L'osmie cornue est une abeille solitaire qui cherche des petits trous dans ces vieux murs pour assurer sa descendance. Elle est appelée "maçonne" car, dans chaque trou, elle construit des cloisons de terre qui séparent les cellules contenant un oeuf pondu sur une réserve de nourriture (nectar et pollen). Lorsqu'elle arrive finalement à remplir la cavité, elle en ferme l'entrée avec un gros bouchon de terre.

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    Une femelle d'Osmie cornue (Osmia cornuta), achève la construction du bouchon de fermeture d'un de ses nids - Photo: M. Paquay

     

    Les osmies rousses (Osmia rufa) et cornues (Osmia cornuta), communes au printemps, installent aussi leurs cellules dans les conduits d'écoulement d'eau des châssis de fenêtre ou dans d'autres cavités originales de nos habitations.

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    Osmia cornuta (Accouplement) - Yvoir, Mars 2011- Photo: Fr. Hela.

     

     

     

     

     

  • Ils sont sortis au soleil, après des mois d'hibernation !

    Un grand et haut mur en moellons calcaires protège la propriété de la famille Dapsens d'Yvoir. Dans celle-ci, ce mur présente d'innombrables anfractuosités et, à certains endroits, il est exposé au soleil une bonne partie de la journée. La pierre chauffe. Des petites têtes apparaissent prudemment, puis l'avant des corps et les pattes antérieures, munies de longs doigts griffus, émergent. Enfin, les animaux, en entier cette fois, agrippés au mur, prennent un bain de soleil. Des lézards des murailles (Podarcis muralis) !

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    Photos: Fr. Hela, Yvoir, 8 mars 2011.

     

    Certains lézards commencent à se déplacer. Ils grimpent maintenant partout avec une agilité surprenante, même sur les branches et le tronc d'un vieux pêcher en espalier.

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    Photo: Fr. Hela, 8 mars 2011.

     

    Le lézard des murailles a une sihouette élancée. Sa tête, un peu déprimée, se termine par un museau conique. Son corps assez aplati est mince et sa longue queue est très effilée. Les pattes, aux longs doigts, sont fines.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 8 mars 2011.

     

    Le lézard des murailles est une espèce thermophile qui s'observe aisément lors des journées ensoleillées, même aux heures les plus chaudes. Il est peu craintif et assez curieux. Disparaissant rapidement dans sa cachette, il en ressort souvent après peu de temps, pourvu que l'observateur reste calme. 

  • Le tussilage ou pas d'âne (Tussilago farfara), une plante pionnière.

    Chaque année, je ne peux contenir mon admiration pour cette plante volontaire. C'est une des premières plantes sauvages de l'année qui fleurit abondamment. Ses capitules dressés sur lesquels reposent des fleurs jaunes (ligulées à l'extérieur et tubulées au centre) éclairent les talus, les déblais et les terres remuées, dès la fin du mois de février.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 26 février 2011.

     

    Dans la carrière d'Yvoir, le tussilage aime la rocaille et les graviers. A cet endroit, il se comporte alors comme une plante de haute altitude, croissant sur la caillasse ! D'ailleurs, dans les Hautes Alpes, il se rencontre à des altitudes comprises entre 500 et 2400 mètres, c'est-à-dire jusqu'à l'étage alpin, là où les conditions de vie des êtres vivants sont particulièrement rudes !

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    Tussilago farfara au pied d'un terril de graviers.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 26 février 2011.

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    Le tussilage est une plante pionnière et vivace. Ses feuilles, apparaissant à la base, se développent après la floraison. La forme des feuilles évoque, paraît-il, celle d'un sabot d'âne, ce qui expliquerait le nom vernaculaire de " pas d'âne" donné à cette plante.

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    Tussilago farfara, plante pionnière.

     Photo: Fr. Hela, Carrières d'Yvoir, 3 mars 2011.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Trois observations ornithologiques de la dernière semaine de février, à l'Airbois.

    Des grues cendrées (Grus grus) sont passées, le mardi 22 février, à 23h50. Les cris gutturaux caractéristiques de ces grands oiseaux résonnaient remarquablement.

    Mercredi 23 février, 24 sizerins flammés (Carduelis flammea) s'abreuvaient au bord d'une pièce d'eau pour le bétail, dans une prairie.

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     Photo: Michel Lamarche - FindNature.com

     

    A l'aube du 25 février, vers 6h50, un hibou moyen-duc (Asio otus) est perché sur un piquet de clôture et un autre vole au-dessus du pré tout proche.

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    Photo: Pascal Bénard - www.oiseaux.net.

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net.

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    Sizerin flammé (Carduelis flammea): Un mâle.

    Photo: Michel Lamarche - FindNature.com

     

     

     

  • Du jaune sur nos versants, dans nos haies et broussailles sauvages !

    Vous avez sûrement remarqué que des buissons se parent de jaune, dans la vallée de la Meuse ou ailleurs dans notre belle région. Le printemps n'est pas loin !

    Depuis le début de février, les chatons pendants de fleurs mâles des noisetiers ou coudriers (Corylus avellana) donnent une touche de jaune à nos taillis, friches, haies et coteaux rocailleux. Ceux-ci, formés en automne et passant l'hiver, bien protégés par des écailles serrées, s'ouvrent et répandent leurs pollens à tout vent.

     

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      Corylus avellana: Fleurs mâles -Photo: Fr. Hela, Yvoir, Février 2011.

     

    Les fleurs femelles, plus discrètes, présentent des inflorescences denses en forme de bourgeons d'où émergent les stigmates rouges. Il faudra pratiquement huit mois pour que,  celles-ci se transforment en noisettes bien mûres.

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    Corylus avellana: Fleur femelle, Yvoir, Février 2011 - Photo: Fr. Hela.

     

    Le noisetier est une espèce monoïque. Il porte des fleurs mâles et femelles séparées.  

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    Corylus avellana : Fruits, Yvoir, Septembre 2010 - Photo: Fr. Hela.

     

    Depuis peu, le jaune s'accentue à certains endroits, sur les versants rocheux des vallées de la Meuse et du Bocq, là où le calcaire affleure.

    Frileux, le cornouiller mâle (Cornus mas) aime les coteaux bien exposés. Très précoces, ses centaines de petites fleurs jaunes, en ombelles, apparaissent sur les rameaux encore dépourvus de feuilles.

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    Cornus mas en fleurs, Yvoir, Février 2011 - Photo: Fr. Hela.

     

    Dans les prochaines semaines, arrêtez-vous à Houx-sur-Meuse ! Contemplez alors la zone rocheuse piquetée d'arbustes surplombant le village et dominée par les ruines de Poilvache ! De haut en bas, vous découvrirez cette espèce lumineuse.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Fonds d'Ahinvaux), Mars 2010.

     

    Certains arbustes sont visibles de près et, plus particulièrement, non loin du cimetière de Houx. Des cornouillers mâles croissent aussi de part et d'autre de la carrière St Roch (Rue du Blacet et du Redeau), sur les pentes rocheuses partiellement boisées et bien exposées.

    Le cornouiller mâle aime également les haies, les bois clairs et les broussailles de notre région, généralement sur des sols riches en calcaire.

    Le choix des mots "mâle" et "mas" pour désigner cette espèce en français et en latin n'est pas judicieux. En effet, les fleurs hermaphrodites, comprennent à la fois un androcée* et un gynécée*.

    Les fruits de cette espèce sont des drupes* rouges à maturité, longues de 10 à 15 mm, rappelant l'olive. Ce sont les cornouilles !

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    Cornus mas (Fruits), Yvoir, Septembre 2010 - Photo: Fr. Hela.

     

    La pulpe tendre, sucrée et acidulée de ces fruits évoque à la fois la cerise et la framboise. On peut les consommer crus ou cuits, en confiture ou en gelée. Qu'on se le dise !

    * Androcée: Ensemble des organes mâles d'une fleur, c'est-à-dire les étamines.

    * Drupe: Fruit charnu, ne s'ouvrant pas à maturité et renfermant un ou, plus rarement, plusieurs noyaux contenant généralement une seule graine.

    * Gynécée (Syn: pistil): Ensemble des organes femelles d'une fleur, c'est-à-dire des carpelles. 

  • Premier chant du bruant jaune (Emberiza citrinella) à l'Airbois.

    Airbois (Tricointe), le 22 février 2011.

    Le bruant jaune chante pour la première fois de l'année. Il faut dire qu'il fait encore frais, mais la lumière est là. Un mâle avec sa tête jaune et son croupion roux apparaît au sommet d'un buisson épineux, entre la coupe forestière et la prairie.

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     Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    Il émet son chant typique composé de six notes aiguës et rapides, suivie d'une finale traînante et mélancolique.

    Le bruant jaune est présent dans notre région, dans les campagnes ouvertes avec des haies et des buissons épineux. Il aime aussi les anciennes coupes forestières colonisées par les arbres et arbustes pionniers. En Condroz, il est, depuis bien longtemps, le compagnon de l'homme qui travaille la terre avec respect et qui sait préserver les haies !

     

     

     

     

  • L'oedipode turquoise ou criquet bleu (Oedipoda caerulescens) à Yvoir.

    Les Orthoptères (criquets, sauterelles, grillons, courtillières, ...) sont des insectes qui affectionnent particulièrement la chaleur. La plupart vivent dans les régions subtropicales et tropicales. En Belgique, on n'en compte environ 70 espèces. Plus on va vers le nord, plus le nombre d'espèces se raréfie. Ce sont des insectes qui se caractérisent par leurs métamorphoses incomplètes. L'oeuf livre un insecte juvénile, réplique minuscule et aptère* du futur adulte. Celui-ci subit plusieurs mues avant de parvenir à l'état imaginal (insecte parfait). Les criquets portent des antennes courtes et épaisses. Ils sont dépourvus d'ovipositeur* ensiforme*.

    Cet été 2010, j'ai pu observer des oedipodes turquoises sur le site de Champalle et, même, sur la voie 2 de la gare d'Yvoir. C'est une espèce rare en Belgique et fort localisée. Sa taille varie de 14 à 27 mm, la femelle étant légèrement plus grande que le mâle. La coloration de cet Acridien est fort variable; les bandes foncées des élytres* sont parfois peu apparentes.

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    Oedipoda caerulescens, Yvoir (Rochers de Champalle), Juillet 2010.

    Photos: Fr. Hela. 

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    Oedipoda caerulescens se dissimule grâce à ses couleurs cryptiques. Ainsi, à Champalle, les insectes fréquentant les blocs calcaires des pelouses arborent une livrée gris pâle, tandis que ceux évoluant sur le sol meuble et brunâtre, entre les plantes, montrent une teinte ochracée.

    Au sol, le criquet bleu se déplace lentement. On le décèle surtout lorsqu'il s'envole. Alors, il déploie soudainement ses ailes postérieures bleu turquoise portant une bande marginale noire. Cela crée un effet de surprise qui ne dure pas très longtemps, car l'insecte, terminant sa trajectoire en décrivant un brusque crochet, atterrit, "disparaissant" à nouveau dans son milieu. 

    Il faut un oeil exercé pour distinguer ces insectes. Ils se confondent parfaitement avec l'aspect et la couleur du substrat où ils vivent. On les trouve habituellement dans les endroits secs, rocailleux et bien exposés au soleil.

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    Une chance ! Le criquet bleu se pose sur un arbuste nain.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Rochers de Champalle), Juillet 2010.

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    Sur le quai de la voie 2, en gare d'Yvoir !

    Photo: Fr. Hela, Juillet 2010.

     

    * Aptères: Sans ailes

    * Ovipositeur (oviscapte ou tarière): Organe de ponte situé à l'extrémité de l'abdomen.

    * Ensiforme: En forme de lame de sabre ou d'épée.

    * Elytres: Ailes antérieures étroites et rigides recouvrant les ailes postérieures   membraneuses et le corps, lorsque l'insecte est au repos. 

     

  • Des libellules plein les yeux ! (Sixième note)

    Ces notes concernent des observations de libellules en 2010, sur la Commune d'Yvoir.

    Les libellules, insectes prédateurs, font partie de l'Ordre des Odonates  (Odonata). Dans les précédentes notes, notre attention s'est portée sur le Sous-ordre des Anisoptères (Anisoptera), communément nommés libellules ou "libellules vraies" ou encore "grandes libellules". Celles-ci sont généralement de grands insectes robustes. Leurs ailes postérieures sont plus larges que les antérieures et, au repos, elles sont maintenues étalées de chaque côté du corps. La tête est généralement plus globuleuse et les yeux se rejoignent fréquemment sur le dessus de la tête. Les adultes (imagos) chassent soit à l'affût à partir d'un perchoir, soit en poursuivant leurs proies.

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    Photo: Libellula depressa (Anisoptera) - Fr. Hela, Yvoir, août 2010.

     

    Cette note traite maintenant du Sous-Ordre des Zygoptères (Zygoptera) aux ailes semblables, souvent appelés aussi "demoiselles". Ces insectes délicats, au corps fin et au vol papillonnant, ont des yeux bien séparés de chaque côté de la tête. Au repos, la plupart des espèces maintiennent leurs ailes verticalement au-dessus du corps.

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    Photo: Calopteryx virgo (Zygoptera) - Fr. Hela, Yvoir, Juillet 2010.

     

    Les libellules sont liées au milieu aquatique. Si les adultes (imagos) peuvent être observés chassant ou se déplaçant loin de l'eau, la reproduction de ces insectes ne peut se faire sans cet élément. C'est habituellement sous forme de larves aquatiques que se déroule l'essentiel de leur existence.

    Des comportement originaux singularisent les espèces regroupées dans la famille des Lestidés (Lestidae). Le cycle biologique de ces demoiselles contraste en effet avec le schéma normal qui prévoit l'hivernage de la larve et sa métamorphose en imago au printemps suivant. Ainsi, le leste brun (Sympecma fusca) hiverne au stade adulte. Chez les autres membres de cette Famille, ce sont les oeufs qui passent l'hiver et éclosent au printemps. Le développement larvaire est ainsi réduit à trois mois !

    Volant de fin juin à début novembre, le leste vert (Lestes viridis) confie ses oeufs aux écorces des branches vivantes d'arbres et d'arbustes (saules, aulnes, ...) croissant toujours à proximité de l'eau. La femelle percera l'écorce plusieurs fois pour y déposer de 200 à 400 oeufs !

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    Photo: Lestes viridis (Accouplement) - Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

     

    Au printemps, après un séjour de 7 à 8 mois, les larves sortent des oeufs et se laissent choir. Si elles ne tombent pas directement dans l'eau, elles rejoignent le milieu aquatique en contorsionnant leurs corps. Au terme d'une dizaine de mues, elles se hissent hors de l'eau et se transforment en magnifiques insectes parfaits.

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    Photo: Lestes viridis - Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

  • Des libellules plein les yeux ! (Cinquième note)

    Notes à propos des observations de libellules en 2010, sur la Commune d'Yvoir.

    La libellule déprimée (Libellula depressa) est une espèce commune chez nous. Ses biotopes comprennent aussi bien des abreuvoirs pour le bétail, des étangs de carrières, des mares de jardins, des pièces d'eau et flaques temporaires, des ornières sur les chemins que des rivières et ruisseaux.

    Du début du mois de mai à la mi-août, on peut l'apercevoir presque partout. Comme son nom l'indique, elle a un corps très large et aplati. Le mâle adulte a le thorax brun foncé à noirâtre et l'abdomen bleu; chez la femelle et les immatures, ce dernier est vert brunâtre bordé de jaune. Les ailes des deux sexes présentent une tache brun roux à la base et l'abdomen est marqué de petites taches jaunes sur les côtés.

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    Photo: Fr. Hela - Libellula depressa (mâle), Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Juin 2010.

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    Photo: Fr. Hela - Libellula depressa (Femelle), Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

     

    Lors de l'accouplement, le mâle saisit la femelle en vol. Un "tandem" est ainsi formé. Après environ une minute, il se sépare de sa conquête. La femelle cherche alors une étendue d'eau où croissent des plantes immergées aux feuilles fines. Elle se tient à quelques centimètres au-dessus de l'eau, en vol plus ou moins stationnaire, puis, à intervalles réguliers, touche l'eau avec l'extrémité de son abdomen. Les oeufs tombent et se fixent sur les plantes aquatiques proches de la surface. Le développement larvaire s'effectue en un ou deux ans.

  • Des pleurotes sur un peuplier.

    Le pleurote en forme d'huître (Pleurotus ostreatus) est aujourd'hui un champignon bien connu. Sa culture s'est en effet développée depuis quelques années et on le trouve fréquemment dans le commerce.

    C'est en fait une espèce lignicole* indigène que l'on rencontre çà-et-là sur les troncs et les souches de feuillus, tels que peupliers, saules, tilleuls, chênes, noyers, arbres fruitiers, ..., rarement sur les pins. Les sporophores* imbriqués, munis d'un pied court et latéral, sont souvent volumineux. Les chapeaux peuvent atteindre une quinzaine de centimètres de largeur et même plus. La coloration est quelque peu variable: elle va du gris au violet noirâtre, en passant par diverses nuances de brun. Les lamelles décurrentes*, sont peu serrées et de couleur blanc crème.

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    Ici, les pleurotes, assez pâles, croissent sur un tronc de peuplier du Canada.

    Photos: Fr. Hela, Yvoir, le 14 février 2011.

     

    Ce champignon, assez fréquent, se rencontre parfois en été, mais c'est surtout en automne et en hiver que les observations sont les plus nombreuses. Pour apparaître, il aurait besoin de faibles gelées nocturnes (E. Gerhardt, 2007).

     

    * Lignicole: Se dit d'un organisme croissant sur un substrat ligneux (bois mort ou vivant).

    * Sporophore: Nom donné à l'organe qui porte les cellules reproductrices (qui donneront des spores) des êtres vivants du règne fongique. En quelque sorte, nous dégustons des omelettes aux sporophores et non aux ... champignons !

    * Décurrente: Se dit de lamelles d'un champignon qui se prolonge plus ou moins bas sur le pied.

  • Le grand-duc d'Europe (Bubo bubo), hôte de nos escarpements rocheux.

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     Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Voilà déjà quelques années que je suis assidûment les amours d'un couple de grands-ducs, là où forêts et escarpements rocheux se marient. La taille impressionnante de cet oiseau de proie et la part de mystère qu'il dégage me fascinent. Une rencontre avec le prince de la nuit est toujours un évènement inoubliable. Malgré sa grandeur, il n'est cependant point facile à voir, même lorsqu'on connaît son refuge. Son plumage brun, jaune paille et noir dissout sa masse immobile dans l'obscurité de ses retraites diurnes. En effet, pendant la journée, notre oiseau nocturne reste coi en un endroit où il n'est pas très dérangé comme, par exemple, un bois sombre de conifères.

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Ce n'est que le soir, lorsqu'il fait encore plus ou moins clair, au début de la nuit ou peu avant l'aube, qu'on a plus de chance de l'entendre, de le voir en vol, mais aussi posé sur la branche haute d'un arbre de lisière ou sur un gros bloc de pierre d'une carrière. Alors que la nature semble se reposer en période hivernale, le grand-duc s'inquiète de sa reproduction, dès les mois de décembre et de janvier. A cette période, son chant, que l'on peut entendre parfois en automne, devient régulier jusqu'au mois de mars. Le mâle émet et répète un "hou-ôh" bitonal, dont la seconde syllabe plus basse se perd à une certaine distance. De près, ce chant paraît étouffé, peu sonore, mais il porte de manière surprenante à plus d'un kilomètre, si le vent et le terrain s'y prêtent. La femelle répond souvent à ses appels en lançant des "houou-ôh" d'une voix plus élevée, ainsi que par divers cris dont l'un rappelle le déchirement d'une étoffe.

    De temps en temps, un des oiseaux se perche au sommet d'un épicéa. Dans le ciel clair, on dirait alors un gros chat perché sans queue. Puis, c'est l'envol d'un ou des oiseaux, en général, dans la direction de la carrière toute proche. Le vol silencieux du grand-duc dans le ciel pâle, lorqu'il rase la cime des arbres, m'émeut chaque fois. Ses vastes ailes arrondies, sa queue très courte et une grosse tête obtuse lui composent une silhouette énorme. Des battements mous et profonds donnent l'élan à ses planées.

  • Le pic noir (Dryocopus martius), une expression des forces primitives de la forêt.

    Par sa forte taille, son plumage noir, ses cris puissants et extraordinaires, le géant de nos pics exerce chez moi un attrait particulier. Cet oiseau est une expression des forces primitives de la forêt sauvage, nous dit Paul Géroudet.

    Sur le chemin caillouteux montant du hameau de Tricointe à l'Airbois, je suis attentif à tout ce qui bouge, crie et chante, en cette belle journée de février. Soudain un "krukrukru" tout proche retentit. Un grand oiseau noir passe entre les arbres. On dirait une corneille noire au vol bien bizarre ! D'un tronc, à quelques mètres de moi, me parvient le bruit de griffes sur l'écorce, puis une plainte très sonore, répétée plusieurs fois, me saisit. Le pic noir paraît. Il escalade par bonds vigoureux le tronc d'arbre mort. C'est un mâle très agité, une calotte rouge flamboie sur son crâne. Je peux voir, à présent, son oeil blanchâtre à la pupille noire, son bec blanc ivoire et ses pattes grises munies de griffes puissantes.

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    Photo: Grégoire Trunet - www.oiseaux.net

    De caractère farouche, notre oiseau s'envole et passe au-dessus de la futaie en émettant, à nouveau, les "krukrukru" caractéristiques signalant ses déplacements.

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    Photo: Jules Fouarge - Aves-Natagora

    Les activités du pic noir sont ponctuées de nombreuses manifestations sonores et variées, portant à près d'un kilomètre. On ne peut pas ne pas les entendre ! Les premières approches nuptiales, assez longues, débutent très tôt et ne sauraient tarder. Dans les prochaines semaines, il y aura de l'activité dans la forêt domaniale toute proche !

     

     

     

  • Des libellules plein les yeux (Quatrième note).

    Ces notes sont consacrées aux libellules observées de juin à septembre 2010, sur la Commune d'Yvoir.

    L'aeschne bleue (Aeshna cyanea) est une espèce assez commune dans notre région. Elle vole de juin à la première décade d'octobre, avec un pic d'apparition au mois d'août. Cette grande libellule fréquente les eaux stagnantes de tout genre. Elle semble préférer les mares et les étangs de petites tailles, y compris les petites pièces d'eau des jardins. On peut l'observer loin des points d'eau, à l'orée d'un bois et près d'un chemin forestier, où elle chasse à faible hauteur. Au crépuscule, il arrive parfois qu'elle pénètre à l'intérieur d'une maison, si une fenêtre est ouverte.

    Vers le mois de juillet, les mâles adultes volent alors, à la recherche de femelles, sur les bords des milieux aquatiques, souvent en vrombissant sur place. Après l'accouplement, les femelles déposent leurs oeufs dans le sol des berges, généralement au-dessus du niveau de l'eau, mais aussi dans les bois flottants, dans les végétaux morts ou les mousses. Les larves mènent une vie aquatique pendant deux ou trois ans avant de se tranformer en insectes adultes.

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    Femelle pondant dans un bois pourrissant, sur les bords d'une mare, dans un jardin à Godinne (Août 2010).

    Photos: Nadine Thonnard.

     

      

     

  • Un héron dans la rivière.

    Le jour s'est levé depuis environ une heure. Je regarde la rivière de ma fenêtre. Un grand oiseau au manteau gris bleu et au long cou mince, souligné de traits sombres, semble à l'affût. Son bec harpon plus ou moins orangé est impressionnant. Il pénètre, à pas mesurés, dans l'eau peu profonde du cours d'eau. Quelles longues pattes !

    Il se penche progressivement en avant, le cou oblique, la tête et le bec à l'horizontale. Il scrute l'eau claire de son oeil fixe. Pendant au moins dix minutes, il reste dans cette position, se redressant de temps en temps, mais toujours avec une extrême lenteur.

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    Photos: Fr. Hela, Yvoir (Bocq), le 8 février 2011.

     

    Après quinze minutes, avec un élan maladroit et plutôt comique, il prend son envol. Gagnant de l'altitude, son cou tendu vers l'avant se courbe et ses pattes se tendent vers l'arrière. Avec des battements d'ailes amples, le héron cendré (Ardea cinerea) disparaît en silence derrière les arbres.

  • Partez à la découverte de l'hellébore fétide (Helleborus foetidus) !

    Dans notre belle région, au bord de petites routes ou de sentiers, cherchez, parmi les broussailles et les prunelliers, l'hellébore fétide ! Vous la découvrirez aux endroits bien exposés. Cette Renonculacée se développe tout l'hiver. Vous apercevrez tout d'abord ses feuilles découpées, sombres et luisantes. Ensuite, dès janvier et, surtout, en février, apparaissent ses fleurs verdâtres dont les tépales sont souvent bordés de rouge.

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     Photo: Fr. Hela, Bouvignes, février 2010.

     

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    Photo: Fr. Hela, Bouvignes, février 2010.

    Cette plante mystérieuse est une "cousine" de la rose de Noël (Helleborus niger) que vous plantez dans vos jardins et dont les fleurs blanches ou rosées s'épanouissent aussi en hiver. L'hellébore fétide est une plante thermophile que l'on rencontre aussi dans les forêts bien exposées, les bois clairièrés et les lisières forestières. Elle apprécie les sols caillouteux, un peu secs, et généralement calcaires. Elle est pollinisée par les insectes et ses graines sont dispersées par les fourmis.

  • Des becs-croisés des sapins (Loxia curvirostra) dans les mélèzes.

    Ce samedi 5 février, Charlotte et moi empruntons un chemin herbeux sous l'Airbois, à Tricointe. A notre droite, une zone en pente, plantée de mélèzes, domine la rue du Tricointe située en contrebas. A notre gauche, un tout autre paysage se présente à nous. C'est une ancienne coupe forestière à forte inclinaison, envahie de ronces et parsemées çà-et-là de petits arbres et d'arbustes colonisateurs.

    Des bouvreuils pivoines (Pyrrhula pyrrhula) émettent de petits sifflements très doux. Une femelle est perchée au sommet d'un sureau à grappe (Sambucus racemosa). Elle s'envole vers les mélèzes de l'autre côté du chemin. Dans le bois de conifères, retentissent d'autres petits sons identiques. Apparemment, les bouvreuils apprécient le coin. D'ailleurs, il y a une quinzaine de jours, j'observais un beau groupe de ces fringilles au même endroit. Certains d'entre eux se nourrissaient d'inflorescences sèchées de ronces et de graines de patiences à feuilles obtuses (Rumex obtusifolius). Ce ne sont pas moins de trente oiseaux qui circulent à présent devant nous, dont de magnifique mâles arborant leurs poitrines d'un rouge écarlate éblouissant.

    Dans le bois de mélèzes, une mésange huppée  (Lophophanes cristatus) circule sur une branche. Un roitelet huppé (Regulus regulus) explore un autre arbre. Une sittelle torchepot (Sitta europaea) escalade un tronc et une mésange noire (Periparus ater) apparaît. Il y a enfin de l'animation lors de cette journée sombre et venteuse !

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    Mésange huppée (Lophophanes cristatus)

    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

     

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    Mésange noire (Periparus ater)

    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Un oiseau robuste d'une taille un peu supérieure à celle d'un pinson se suspend à un cône de mélèze. Celui-ci se détache. L'oiseau s'envole, décroche cette fois un autre cône. Il l'emporte et le décortique sur une branche proche de nous, en le maintenant d'une patte. Son bec imposant se croise à l'extrémité, les mandibules pointues s'écartent à gauche et à droite. Cet instrument est particulièrement efficace pour extraire les graines des cônes ! Ses ailes ainsi que sa queue courte et fourchue paraissent gris sombre. Le rouge brique aux nuances orangées de sa tête, de sa poitrine et de son croupion nous émerveille. C'est un bec-croisé des sapins mâle. Quel spectacle ! Maintenant, six oiseaux se laissent admirer dont trois femelles au plumage gris vert olive et au croupion jaunâtre.

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    Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra): La femelle en haut et le mâle en bas.

    Photos: René Dumoulin - www.oiseaux.net

    Au même moment, un busard Saint-Martin (Circus cyaneus) arrive soudainement. C'est une femelle ou un oiseau immature. Il passe en vol au-dessus de nos têtes, perd de l'altitude à la coupe forestière et se dirige vers les paysages plus dégagés de l'Airbois.

    Quelles émotions ! C'est sûr, on n'oubliera jamais ces moments que la nature nous offre ! 

     

     

     

     

  • Une bécasse des bois (Scolopax rusticola) victime de la bêtise des humains.

    Il est 16h30. On frappe à ma porte, alors que je suis sur le point de me rendre à la carrière, proche de chez moi, pour aller écouter les grands-ducs d'Europe. Une connaissance, de passage dans la région, vient me saluer et nous décidons d'aller explorer ensemble.

    A la lisière de la forêt, quelque chose s'agite dans les ronces. Intrigués, nous nous approchons lentement et je découvre une bécasse des bois au sol, visiblement empêtrée dans un amas de fils et de déchets divers. Avec précaution, j'immobilise l'oiseau et je m'aperçois qu'une de ses pattes reste accrochée. Après une dizaine de minutes, avec délicatesse et patience, je parviens à délivrer l'oiseau. Je le confie à mon compagnon pour prendre une photo.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, le 3 février 2011

    Après l'avoir examiné attentivement, nous décidons de lui rendre la liberté. Il semble en bonne forme et il n'y a pas de blessures. C'est dans la chênaie proche que la bécasse prendra son envol avec une rapidité qui nous laissera pantois quelques secondes. Une grande joie nous envahira devant la beauté de cet oiseau souvent victime de la bêtise des hommes !

  • Des canards carolins (Aix sponsa) visitent l'île d'Yvoir.

    Cette espèce n'appartient pas à notre avifaune. Elle a été introduite et niche localement à l'état sauvage. Le canard carolin est une espèce américaine du même genre que le splendide canard mandarin (Aix galericulata), originaire d'Asie orientale.

    Ces canards mâles sont des merveilles. Ils glissent sur la Meuse avec élégance et atteignent l'embouchure du Bocq. Ils ne sont restés en ces lieux qu'un seul jour.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Meuse), Janvier 2011.

     

     Voici le canard mandarin mâle.

     

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    Photo: Fr. Hela, Jambes (Meuse), Décembre 2010.

  • L'hiver est encore bien là, mais la nature se réveille petit à petit.

    L'hiver est encore bien là, il est vrai. Le froid piquant nous enveloppe ces derniers jours. Cependant ceux-ci s'allongent progressivement et l'hypophyse, glande endocrine située à la base du crâne et rattachée au cerveau, commence à travailler en sécrètant plusieurs hormones. Ce processus déclenche, parmi la gente ailée, des comportements pré-nuptiaux.

    C'est ainsi que la grive draine (Turdus viscivorus), omniprésente cet hiver dans les arbres couverts de guis de la région, entonne son chant mélancolique dans le silence hivernal de la forêt. Les notes mélodieuses et limpides émises par l'oiseau sont d'une grande douceur et apaisent l'âme de celui qui prend le temps de les écouter. Chaque année, à partir de la fin du mois de janvier, j'attends cette musique avec impatience et elle me surprend toujours.

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     Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Lors des rares moments ensoleillés de ces dernières semaines, on pouvait entendre les premiers chants des mésanges charbonnières, bleues et noires, ainsi que ceux de l'accenteur mouchet, du rouge-gorge, du troglodyte et du grimpereau des jardins.

    A l'île d'Yvoir, les hérons cendrés (Ardea cinerea), très agités, sont de retour aux nids, depuis une dizaine de jours. Allez les voir et vous assisterez à un spectacle impressionnant qui va s'accroître de jour en jour! Cris divers, parades, transports de branches et délimitations de territoire sont les prémices d'une grande aventure qui s'annonce.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net

     

     

     

  • Quelques merveilles mycologiques de ce mois de janvier 2011.

    Même lors des jours sombres où on a l'impression que le soleil a totalement disparu, sous la grisaille et la bruine, il y a des merveilles colorées à découvrir. Ce sont de véritables petites lumières qui vous réchauffent le coeur!

    La collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) est l'une de celles-la. Resplendissante et survivant souvent au gel, cette collybie pousse en touffes parfois importantes sur le bois mort des feuillus, du printemps à l'automne.

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, le 21 janvier 2011.

     

    L'oreille de Judas (Hirneola auricula-judae) aime particulièrement les branches et le tronc des vieux sureaux noirs (Sambucus nigra). C'est un champignon gélatineux au sporophyte lobé, presque en forme d'oreille.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), le 27 janvier 2011.

     

    Le tramète versicolore (Trametes versicolor), dont le chapeau mince présente des zones concentriques claires et foncées d'un plus bel effet, croît en colonie sur le bois mort de feuillus.

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, le 21 janvier 2011.

     

    La trémelle mésentérique (Tremella mesenterica) garnit les vieilles branches d'un noisetier de ses sporophytes jaune d'or presque orangés.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), le 27 janvier 2011.

     

    L'amadouvier des pins, appelé aussi unguline marginée (Fomitopsis pinicola) est un très beau polypore. Il est commun surtout sur les résineux vivants ou morts. Ici, il pousse sur une souche de conifère.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Forêt domaniale de Tricointe), le 21 janvier 2011.

  • Rencontre avec les nains à plumes !

    Rien ne bouge à la lisière d'un petit peuplement d'épicéas. Des susurrements ténus me parviennent. Ces sons, parfois difficiles à détecter, annoncent la présence d'un roitelet. Un petit oiseau sort de l'ombre et papillonne quelques secondes sur place devant l'extrémité d'une ramille. Sans cesse actif, il explore maintenant les recoins des branches. Il apparaît, puis disparaît dans la verdure sombre des conifères. Après beaucoup de persévérance pour le suivre, je peux enfin l'observer un petit moment, dans un rai de lumière. Un roitelet à triple bandeau (Regulus ignicapilla) !

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

    Un peu plus loin, un autre nain s'agite dans les branches pleines d'aiguilles. De son petit oeil noir, il me regarde un instant, puis continue ses explorations. Voici, cette fois, le roitelet huppé (Regulus regulus).

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    Photo: René Dumoulin - www.oiseaux.net

     

    Sur le bord du sentier, une petite souris disparaît sous une grosse branche au sol. Elle grimpe à présent sur la branche et se met à chanter dans la grisaille. Elle est faites de plumes ! C'est un troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes).

     

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net 

  • Des goélands leucophées (Larus michahellis) sur l'île d'Yvoir.

    Deux grands goélands survolent majestueusement la Meuse, en poussant des sons nasillards et plus ou moins graves, rappelant les cris de goélands bruns (Larus fuscus). On se croirait au littoral, en cette journée assez grise ! En vol, ces deux Laridés, aux ailes assez longues, sont impressionnants. La tête, le cou, le ventre et la queue sont d'une blancheur qui contraste avec le dos et le dessus des ailes gris foncé. Les primaires externes sont noires parsemées de petits miroirs blancs. Ils se posent maintenant, avec élégance, au milieu de quelques grands cormorans qui se reposent sur les blocs de pierres émergées, à la pointe de l'île. Je peux remarquer d'emblée les pattes jaunes et le bec de même couleur, fort et crochu, marqué d'une grande tache rouge sur la mandibule inférieure débordant un peu sur la supérieure. Ce sont deux goélands leucophées adultes.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

     

    Quelques minutes plus tard, deux autres goélands apparaissent, mais ceux-ci sont assez mouchetés. Ce sont des immatures. Le bec des deux oiseaux est noir, la tête et le dessous du corps sont assez pâles. En vol, je peux remarquer le croupion pâle et la nette barre noire de la queue. Ils se posent à côté des adultes. Leurs tailles sont similaires, par contre, les pattes sont roses. Quatre goélands leucophées, ce n'est pas mal !

    Le Goéland leucophée est très proche du goéland argenté (Larus argentatus) qui est régulièrement observé sur la Meuse en hiver. D'origine sud-européenne, c'est une espèce en augmentation qui s'est répandue le long de la côte atlantique française et dans l'intérieur des terres en Europe centrale. Des apparitions de ce Laridé au nord-ouest de l'Europe et dans la Baltique sont de plus en plus fréquentes.

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    Photo: Yvon Toupin - www.oiseaux.net 

     

  • Des libellules plein les yeux (Troisième note).

    Ces notes sont consacrées aux libellules observées de juin à septembre 2010, sur la commune d'Yvoir.

    Le gomphe vulgaire (Gomphus vulgatissimus) une espèce rare dans notre région !

    Sur les bords du Bocq, une libellule, dont les couleurs dominantes sont le noir et le jaune verdâtre, est posée à plat sur une feuille de pétasite officinal (Petasites hybridus). Elle reste immobile assez longtemps pour que je puisse la prendre en photo, en utilisant le zoom de mon appareil. Le soir, en examinant les clichés, je m'aperçois que cette libellule ne doit pas être très courante et j'encode l'observation sur le site http://Observations.be, avec la mention "Gomphus spec.". Le 5 juillet, je reçois un message de Grégory Motte me disant qu'il s'agit du gomphe vulgaire. Il ajoute que cette observation est une première mention de l'espèce pour la vallée du Bocq !

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Propriété Dapsens - Bocq), le 30 juin 2010.

     

    Le gomphe vulgaire est considéré comme rare dans notre pays. Il est lié aux eaux courantes et, dans la plupart des cas, on le trouve sur les ruisseaux et le cours moyen des rivières dont les rives sont, en grande partie, couvertes d'arbres et de buissons. Les larves de cette espèce vivent enfouies dans les sédiments sablonneux ou limoneux des zones plus calmes des cours d'eau.

    Chez nous, la période de vol s'étend du début du mois de mai à la mi-août. Après l'accouplement, la femelle se sépare du mâle et se pose près de l'eau où elle émet ses oeufs qui forment alors une masse globuleuse à l'extrémité de son abdomen. Elle s'envole ensuite et libère ceux-ci en frappant la surface de l'eau.

    Cette espèce semble avoir été plus abondante autrefois. Sa régression serait due aux modifications et aux pollutions des cours d'eau qu'elle fréquentait.

    Les renseignements à propos de cette espèce proviennent des ouvrages cités ci-dessous.

    Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord par J. d' Aguilar, J.-L. Dommanget et R. Préchac (Ed. Delachaux et Niestlé, 1985.

    Les Libellules de Belgique: Répartition, tendances et habitats par Ph. Goffart, G. De Knijf, A. Anselin et M. Tailly (Publication du Groupe de Travail Libellules Gomphus, 2006).

     

  • Des libellules plein les yeux ! (Deuxième note)

    Ces différentes notes concernent des observations de libellules au printemps et en été 2010, sur la commune d'Yvoir. 

     

    La Famille des Libellulidae comprend, entre autres, les libellules du Genre Sympetrum. Les tailles des espèces sont moyennes ou assez petites. Elles présentent un dimorphisme sexuel très net: la couleur générale du corps étant le plus souvent rouge chez les mâles et brun jaunâtre chez les femelles. Les larves, qui se développent le plus souvent dans les eaux stagnantes, se tiennent sur la vase ou les plantes aquatiques. Leur croissance est relativement rapide. La femelle dépose ses oeufs soit dans l'eau libre, encombrée ou non de végétation, soit sur la vase du bord des pièces d'eau ou dans les prairies marécageuses submergées en hiver. Pour pondre, elle vole au-dessus de l'endroit choisi, puis frappe l'eau avec l'extrémité de l'abdomen de nombreuses fois, lâchant, à chaque contact, quelques oeufs. Le mâle l'accompagne, en restant lié à celle-ci ("tandem") ou en évoluant à proximité. Il la quitte parfois avant qu'elle n'achève d'assurer la génération future.

    Le sympétrum sanguin (Sympetrum sanguineum).

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    Les mâles sont vifs et très farouches par temps chaud. Ils se posent souvent sur une tige de massette ou une branche morte, d'où ils chassent leurs proies.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

     

    Le sympetrum sanguin occupe les étangs et les marais ouverts et bien ensoleillés, avec des niveaux d'eau variables. Il aime aussi les zones d'atterrissement.

     

    Le sympétrum strié (Sympetrum striolatum) occupe tous les milieux aquatiques stagnants. Il semble assez indifférent à la structure de la végétation, mais évite toutefois les plans d'eau ombragés. Il colonise souvent les pièces d'eau récemment créées, presque entièrement dépourvues de végétation.

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    Sympetrum striolatum mâle, Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

    Photo: Fr. Hela.

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    Sympetrum striolatum - Accouplement -Yvoir (Domaine d'Ahinvaux), Août 2010.

    Photo: Fr. Hela.