Mammifères

  • Observation fortuite d'un Muscardin (Muscardinus avellanarius), à Durnal (Yvoir) !

    Un layon dans une chênaie-frênaie à Durnal, le 31 décembre 2015:

    Une grosse machine broyeuse, très bruyante, élargit celui-ci en déchiquetant des ronciers et autres buissons situés en lisière. Catastrophe ! Les restes d'un petit nid globuleux sont au sol après le passage de l'engin infernal ! Tout penaud, un petit rongeur roux et aux yeux noirs brillants gît à ses côtés ! Capturé aisément, je l'examine. Ouf ! Aucunes traces de blessures, seulement une grande frayeur ! Il devient plus actif dans mes mains réchauffantes. Je l'emporte et le dépose dans une caisse en bois, le temps de trouver une solution pour le relâcher dans un environnement plus calme. Le petit rongeur est un Muscardin de la Famille des Gliridés dans laquelle on trouve aussi le Lérot (Eliomys quercinus) et le Loir (Glis glis).

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    Photo: Fr. Hela, Durnal, 31 Décembre 2015

     

    C'est la première fois que j'en observe dans la région ! Il faut dire que la probabilité de le rencontrer est faible. Ce petit mammifère arboricole est difficile à surprendre, d'autant que ses moeurs sont principalement nocturnes et qu'il hiberne 6 à 7 mois par an ! 

    A cette période de l'année, notre petit Muscardin devrait être en plein "sommeil" hivernal, mais vu la douceur anormale de ces dernières semaines, il semble assez réveillé. Pour certains auteurs, dès que la température descend en-dessous de 15° ou 16°, en général au mois d'octobre, le petit rongeur entre en hibernation. Ses fonctions vitales sont alors extrêmement ralenties. "Il est presque froid et on peut le manier sans le réveiller, ..."  nous dit Robert Hainard (1988). D'après A. Butet (2002), l'hibernation vraie du Muscardin est plus liée à l'accumulation de graisse qu'à la diminution de la température ou à la réduction des ressources alimentaires. Les jeunes doivent peser 15-20 g et les adultes jusqu'à 40 g pour survivre à 5 ou 6 mois d'hibernation ! Comme l'animal ne stocke pas de provisions à l'intérieur du nid, l'accumulation des réserves adipeuses pendant l'automne est cruciale. Lors de l'hibernation, le Muscardin se met en boule pour éviter toute déperdition de chaleur et les battements de son coeur ainsi que la respiration ralentissent de 90%. La température du corps passe de 38°C, son niveau normal, à 5°C, suivant, avec quelques degrés de décalage, la chute de la température ambiante. Toujours d'après cet auteur, la température interne peut descendre jusqu'à 0,3°C, mais reste maintenue au-dessus du niveau de congélation.

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    Photo: Zdenèk Hromàdko - www.naturefoto2000.com

     

    Cet état léthargique dure normalement jusqu'en avril au moins, dans un nid d'hiver aux parois épaisses et construit dans l'environnement plus tempéré de la forêt dense. Celui-ci, généralement au sol, est dissimulé dans la litière, entre les racines d'un arbre et sous un tapis de feuilles. On le trouve parfois dans un ancien nid d'oiseau (celui d'un Troglodyte est souvent apprécié), à l'intérieur d'un tronc creux et même dans un nichoir.

    Certains auteurs signalent que l'hibernation de notre petit mammifère est interrompue régulièrement par divers types de réveil. Des "réveils réguliers" ont lieu lors des redoux, lorsque la température est au-dessus de 2°C. Au cours de ces périodes, l'animal sort de sa torpeur, sans sortir du nid. Sa température peut alors atteindre 32°C pour retomber en moins de cinq heures à 2 ou 3°C ! Des "réveils complets" sont aussi observés au cours desquels l'animal peut quitter le nid pour aller se nourrir, si les conditions le permettent. Ces observations décrites pourraient expliquer l'état assez actif de notre Muscardin découvert le 31 décembre 2015, date à laquelle la température était plus que clémente pour la saison !

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    Photo: Fr.Hela, Durnal, 31 décembre 2015

     

    De la taille d'une souris, mais d'aspect plus trapu et plus rond, le Muscardin provoque d'emblée la sympathie. Son corps mesure environ 11 à 16 cm de longueur, la queue comprise (5 à 8 cm). Son poids, de 15 à 40 g, est très variable au cours de l'année, spécialement avant et après la période d'hibernation. Sa queue, de la même couleur que le dos et la tête, est très touffue et couverte de poils de même longueur jusqu'à son extrémité. La couleur roux orangé de son pelage, paraissant presque doré, est caractéristique et lui a valu le nom de "rat d'or" ! Notons toutefois que la gorge et le menton sont de couleur blanche, ainsi que le ventre qui est légèrement plus pâle que les flancs et le dos. Il présente des oreilles arrondies non poilues et de grands yeux noirs légèrement saillants. Ses mains sont sans pouces alors que les pattes postérieures en possèdent (gros orteils chez nous). Ces derniers sont opposables aux autres doigts ce qui fait de ses pieds de véritables organes préhensiles. C'est, en effet, un animal arboricole d'une très grande agilité !

     

  • J'ai vu l'hermine danser !

    " J'ai vu le loup, le renard et la belette. J'ai vu le loup, le renard danser ". Ce refrain traditionnel me vient en tête, lorsque j'observe ce petit carnivore et ne me demandez pas pourquoi. En cette lumineuse journée du mois de mars de cette année, les odeurs printanières m'inondent. Ce jour-là, point de loup, ni de renard, mais une hermine et une belette m'ont fait danser !

    A Evrehailles, la petite route menant aux ruines de Poilvache débute près du nouveau cimetière. Celle-ci, d'abord ombragée et parallèle à la grande route assez bruyante, prend de l'indépendance en traversant des prairies où haies et bosquets ne manquent pas. Je m'arrête un instant pour scruter les alentours. Tiens, un petit piquet de quelques centimètres que je n'avais pas remarqué, au milieu de la pâture ! Je fixe l'objet avec mes jumelles. Juste ciel ! C'est une hermine aux aguets, dressée de toute sa hauteur !

     

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    Photo: J.M. Poncelet, Remagne, 24 Août 2009.


    Ce petit carnivore, au corps mince et allongé, ne me remarque pas. J'approche avec précaution et me retrouve au milieu du pré. L'hermine est toujours là.  Elle me regarde !

     

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    Photo: Geoffrey Raison, Lantin, 4 0ctobre 2011.


    Elle court maintenant en tous sens, revient sur ses pas, suit la clôture sous le museau des vaches étonnées. A tout moment, elle se dresse ou s'assied pour mieux voir. De ses petits yeux noirs et brillants, elle m'observe avec effronterie puis disparaît brusquement derrière une taupinière pour reparaître de façon inattendue à quelques mètres de moi.

     

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    Photo: Pierre Melon, Houtain-Le-Val, 4 Septembre 2008.


    Pendant plus de vingt minutes, sa vivacité, ses mouvements décidés, son agilité, sa souplesse et son activité débordante me déconcertent. Elle file au ras du sol comme une flèche au vol saccadé. Ses quatre pattes touchent terre en même temps et se jettent en arrière parallèlement pour la propulser, tandis que la queue au bout noir fouette l'air nerveusement.


     

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    L'hermine file au ras du sol.

    Dessin de Robert Hainard (1906-1999)


    Tout à coup, elle n'est plus là ! Le petit fantôme est entré dans une galerie souterraine et, tel un diablotin, sort sa tête parmi les herbes à un endroit imprévu. J'ai cru devenir à moitié fou, car la suivre aux jumelles relève de l'exploit !

    Un peu plus loin, une petite bête surgit des fourrés, s'arrête quelques instants sur la petite route et se fond dans les hautes herbes. Sa tête émerge de temps en temps et, dans des ouvertures, je peux alors bien la détailler. Il s'agit cette fois d'une belette (Mustela nivalis) !

     

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    La belette (Mustela nivalis)

    Photo: René Dumoulin, Harzé, 13 Avril 2012.


    Ses attitudes, son corps tout en longueur, doté de courtes pattes, sa petite tête triangulaire et assez plate, ses oreilles petites et rondes, ainsi que ses yeux noirs brillants, légèrement saillants, montrent une grande similitude avec l'hermine (Mustela erminea). D'ailleurs, celle-ci est souvent confondue avec la belette.

     

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    Les attitudes de la belette sont très semblables à celles de l'hermine.

    Photo: Pierre Melon, Mellet, 9 Septembre 2012


    L'hermine et la belette font partie de la Famille des Mustélidés, comme le putois (Mustela putorius), la martre (Martes martes), la fouine (Martes foina), la loutre (Lutra lutra) ou encore le blaireau (Meles meles). La majorité de ces carnivores sont nocturnes ou crépusculaires. Nos deux petits mammifères observés sont aussi actifs de jour. Les termes "Mustela" et "Mustelidés" sont issus du latin "mustela" ou "mustella" qui signifie "belette". Le nom latin d'espèce de la belette "nivalis" signifie "de la neige". Cela vient du fait qu'elle a été décrite pour la première fois à partir d'un spécimen provenant du Västerbotten, au nord de la Suède. En effet, dans ces contrée froides, elle peut devenir presque blanche comme neige en hiver (Saint Girons et Moutou, 1998). Chez nous, ce changement de couleur du pelage n'est pas connu. Le mot "belette" vient de "bel", "beau" auquel on a adjoint un diminutif. Cette idée de beau se retrouve dans plusieurs langues. En vieil anglais, la belette se nomme "fairy" (jolie et fée), "Schöntierlein" (belle petite bête) en bavarois, "den kjoenne" (la belle) en danois, ...Michel Desfayes (2000) note les racines bel (blanc) dans le mot français "belette", animal devenant blanc en hiver et r-m, arm (roux) dans "ermine" ou "hermine", animal ainsi nommé pour son pelage roux, mais qui devient blanc en hiver ! On peut se rendre compte ici que le contenu sémantique des mots montre bien la confusion ancienne qui existe entre les deux espèces. La différence est donc plutôt taxinomique.

     

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    Dans nos régions, seule l'hermine peut devenir toute blanche en hiver.

    Photo: Didier Vieuxtemps, Nassogne, 29 Janvier 2011.


    L'hermine et la belette sont les plus petits animaux de l'Ordre des Carnivores qui se ressemblent beaucoup. Bas sur pattes, ils ont en commun un corps allongé et une petite tête triangulaire, assez plate. Les oreilles rondes sont petites et les yeux noirs brillants sont légèrement saillants. Chez les deux espèces, la queue est courte ou n'excède guère la moitié de la longueur du corps (tête comprise). A la belle saison, le ventre blanc à jaunâtre pâle contraste avec le pelage brunâtre clair ou plus ou moins foncé du dos.

    La reconnaissance des deux espèces n'est pas toujours commode sur le terrain. Voici quelques indications morphologiques pour les distinguer.

    L'hermine mesure de 30 à 42 cm (10 à 12 cm pour la queue) et son poids varie de 100 à 300 gr. Les femelles sont plus petites que les mâles. La belette a une longueur totale du corps de 17 à 25 cm (4 à 6,5 cm pour la queue) et son poids varie de 70 à 130 gr (femelle: 40 à 75 gr). Chez l'hermine, les individus ont tendance à être plus petits au sud de l'aire de répartition, tandis que chez les belettes, c'est le contraire: elles y sont plus grandes qu'au nord. A âge égal, le poids des hermines est donc de deux à trois fois supérieur à celui des belettes !

     

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    La belette possède une courte queue sans poils noirs en pinceau à l'extrémité

    Gravure: Robert Hainard (1906-1999)


    La queue d'une hermine est plus longue (une douzaine de centimètres) et est toujours terminée par un pinceau de poils noirs, que ce soit en pelage d'été ou d'hiver !

    Les taches brunes des joues de la belette n'existent pas chez l'hermine.

    En pelage d'été, la ligne de séparation entre la partie dorsale et ventrale du corps est sinueuse chez les belettes de nos régions et rectiligne pour l'hermine.

    Le crâne de la belette paraît minuscule: L = 3,1 à 3,5 cm et l = 1,8 à 2 cm, en moyenne. Celui de l'hermine est un peu plus grand: L = 4,3 à 5,3 cm et l = 2,6 à 3 cm. Si on trouve un crâne, la taille de celui-ci est donc déterminante pour distinguer les deux espèces.

     

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    Les crânes d'une belette (4) et d'une hermine (5), parmi d'autres crânes de Mustélidés de nos contrées, d'après  Ph. Nihoul (Forêt Wallonne, n°34, Janvier- Février, 1998).


    Du point de vue physiologique, la différence la plus notable concerne la reproduction. Chez l'hermine, l'accouplement a lieu de mai à juillet mais la mise bas n'intervient que 7 à 12 mois plus tard en raison d'une implantation différée de l'embryon. Elle n'a donc qu'une portée par an. Ce phénomène n'existe pas chez la belette. Lorsque les proies sont abondantes, elle peut mettre bas une seconde portée.

     

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    Une hermine dans une friche.

    Photo: Pierre Melon, Houtain-Le-Val, 4 Septembre 2008.


    Les deux espèces occupent une grande diversité de milieux, depuis les bords de mer jusqu'à la haute montagne. On les rencontre dans les dunes colonisées par la végétation, à la lisière des bois, dans les paysages entourés de haies ou de broussailles (champs, vergers, prairies, friches, ...). Elles visitent les fossés, les talus, les murets, les parcs boisés et même certains jardins. Les zones boisées sont aussi occupées, de préférence par l'hermine. Les boisements caducifoliés, les forêts mixtes ou les ensembles de conifères sont particulièrement utilisés à condition qu'une végétation herbacée ou un sous-bois même faible y croisse (Th. Lode, 2000). L'hermine semble avoir un goût particulier pour les zones humides (les roselières des marécages, les berges des ruisseaux, rivières et étangs), tandis que la belette les évite.

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    L'hermine chasse souvent près des cours d'eau et des étangs

    Photo: Pierre Melon, Houtain-Le-Val, 4 Septembre 2008.


    La belette est pratiquement le seul carnivore sauvage de nos régions à survivre dans les grandes étendues cultivées sans aucune végétation naturelle, mis à part certains talus herbeux. Les remembrements sévères lui ont été moins défavorables, ce qui n'est pas le cas de l'hermine qui est absente de ces plaines de cultures intensives, véritables aberrations écologiques. La belette se maintient dans ces "déserts", profitant de son aptitude à se glisser dans les galeries de rongeurs des champs ouverts, pullulant véritablement certaines années. Elle passe une bonne partie de son temps sous terre, y chasse, s'y réfugie à la moindre alerte et y établit même son gîte, en l'absence des abris fournis par les haies et les murets (Saint Girons et Moutou, 1998).

     

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    La belette sortant d'une galerie de rongeur.

    Photo: Pierre Melon, Mellet, 9 Septembre 2012.


    Aux endroits où ils ne sont pas persécutés idiotement, les deux Mustélidés s'enhardissent et s'approchent des habitations humaines, fréquentant alors les jardins et occupant parfois un trou dans un vieux mur, un monticule de pierres ou un tas de bois; Leur fréquence en ces lieux est souvent déterminée par la présence ou non du chat domestique, très nuisible pour l'ensemble de la petite faune sauvage !

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    L'hermine s'approche parfois des habitation.

    Photo: Philippe Piron, Ciney, 13 Septembre 2012.


    Les deux espèces sont présentes depuis le niveau de la mer jusqu'aux altitudes élevées des montagnes (la belette monte jusqu'à 2700 mètres et l'hermine est encore abondante à 2000 mètres). Leur répartition se chevauche en beaucoup de régions. L'hermine a une distribution nordique dans le monde. Elle est présente au Canada, dans le nord des Etats-Unis, au Groenland et dans la plus grande partie de l'Asie septentrionale. En Europe, son aire de répartition descend vers le sud jusqu'au nord de l'Espagne, du Portugal et de l'Italie. En France, on note son absence sur la frange méditerranéenne et en Corse.

    La belette a une répartition naturelle très vaste et englobe toute la région holarctique. C'est ainsi que l'on nomme les régions froides et tempérées de tout l'hémisphère nord. On trouve ce petit mustélidé dans le nord de l'Asie, depuis le Japon jusqu'à l'Oural et à la Méditerranée, en Afrique du Nord, ainsi qu'en Egypte. Elle est présente dans presque toute l'Europe, à l'exception de l'Irlande et de l'Islande. En Amérique du Nord, elle s'observe depuis le Canada septentrional jusqu'au centre des Etats-Unis. L'espèce a été introduite en Océanie (Nouvelle Zélande).

     

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    Une des habitudes commune aux deux espèces est la manie d'explorer toutes les cavités et galeries qu'elles rencontrent sur leur domaine vital: terriers, tas de pierres et de branchages, galeries de taupes ou de rongeurs, canalisations artificielles diverses (drains, caniveaux, ...).

    Leurs manières de se déplacer et leurs allures sont fort proches. Les deux Mustélidés nerveux, rapides et prompts à disparaître dans un trou à la moindre alerte, se déplacent au sol à petite vitesse ou à la course de manière assez semblable. A allure rapide, l'hermine effectue des bonds caractéristiques, les deux paires de pattes se rabattant simultanément en arrière.

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    A allure rapide, l'hermine effectue des bonds caractéristiques.

    Photo: Jules Fouarge, Remagne, 4 Mars 2012.


    La position du "chandelier" qui consiste à se dresser assez fréquemment à la verticale pour examiner les alentours s'observe également chez ces deux mammifères. Grimpant parfaitement bien sur les murets et les éboulis, l'hermine sait nager et paraît capable de plonger, d'après Thierry Lode (2000).

     

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    Gravure de Robert Hainard (1906-1999).


    Nos deux Mustélidés sont aussi diurnes que nocturnes, cependant le temps passé hors du gîte par la belette est influencé par la température et l'humidité atmosphérique. Elle n'aime ni le froid, ni la pluie. L'utilisation du vocable "puants" pour désigner notamment les Mustélidés est du au fait que ces animaux possèdent des glandes anales qui secrètent un liquide dont l'odeur est assez forte, surtout lorsque ceux-ci sont en rut ou en situation de stress. On a fortement exagéré les descriptions de ces odeurs dans les milieux cynégétiques. L'odeur émise par l'hermine rappelle de loin celle de l'ail et n'a rien d'insoutenable ! Dans les zones exploitées pour les ressources alimentaires, celle-ci dépose quantité de traces olfactives. Le domaine vital est donc structuré par ces bornes odorantes.

     

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    Photo: Jules Fouarge, Tillet, 20 Août 2011.


    Le rôle indéniable que jouent ces redoutables chasseresses en réduction dans la régulation des populations de rongeurs, qui peuvent pulluler certaines années, doit être souligné. Ce sont, entre autres, d'excellentes auxiliaires pour le cultivateur ou le jardinier ! Qu'on se le dise !

     

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    Littérature consultée:

    Bouchardy Ch. et Moutou Fr.: "Observer les Mammifères sauvages" Ed. Bordas, 1989.

    Bouchner M.: "Guide des traces d'animaux", Ed. Hatier, 1988.

    Desfayes M.: "Origine des noms des oiseaux et des mammifères d'Europe", Ed. Pillet, 2000.

    Frechkop S.: "Faune de Belgique: Mammifères", Ed. patrimoine de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, 1981.

    Hainard R.: "Mammifères sauvages d'Europe" Tome 1, Ed. Delachaux & Niestlé, 1989.

    Lode Th.: "L'hermine", in "Le Courrier de la Nature" n°186, Juillet-Août 2000.

    Mayot R.: "Petit guide de reconnaisssance de 30 crânes de mammifères" Ed. La Gazette des Terriers, 1994.

    Nihoul Ph.: "Vues insolites sur nos Mustélidés", in "Forêt Wallonne" N°34, Janvier-Février 1998.

    Rommes J.: "Belles chasseresses", in Magazine Natagora 24, Juillet-Août 2012.

    Saint Girons M.-CH. et Moutou Fr.: "La Belette", Ed. Eveil Nature, 1998.

    Schilling D. Singer D. et Diller H.: "Guide des Mammifères d'Europe", Ed. Delachaux & Niestlé, 1986.


     

     





     





     



     


  • Le castor en bord de Meuse, à Godinne !

    Voici quelques photos de traces récentes prises les 27 novembre et 3 décembre 2010.

    Photos: Fr. Hela.

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