Néflier (Mespilus germanica)

  • Le Néflier (Mespilus germanica), un arbuste qui n'est pas si rare dans notre région.

    Dans le texte, les chiffres entre parenthèses invitent le lecteur à prendre connaissance des informations complémentaires, en fin de note.

     

    Le néflier (1) se rencontre çà et là dans les haies, les fourrés et en lisière, souvent bien exposée, de certaines zones boisées. Parfois, on le trouve aussi près des villages, à l'emplacement d'anciens vergers. C'est une espèce méditerranéo-atlantique. Il serait réparti naturellement dans les Balkans ainsi qu'au Proche-Orient. Il est présent en Europe méridionale et orientale ainsi que dans le Sud-Ouest de l'Asie. En Europe occidentale et médiane, il est considéré, par certains auteurs, comme une relique d'anciennes cultures.

     

    Mespilus germanica Rivière 17-10-11 C.JPG

    Photo: Fr. Hela, Godinne, 17 Novembre 2011.

     

    Pour A. Noirfalise (1984), le néflier est lié à la chênaie sessiflore à luzule blanche (Luzulo-Quercetum) avec climat atlantique marqué (ph du sol compris entre 4,5 et 5,7). Un sol sec ou à drainage ralenti peut lui convenir. Il supporte un faible ombrage. Dans notre région, la chênaie sessiflore à luzule blanche peut constituer, par endroits, la forêt semi-naturelle sur les terrains gréseux ou gréso-schisteux, sur des sols superficiels, caillouteux et secs. Cette formation forestière est assez répandue dans les forêts rurales et communales du grand Yvoir. Le chêne rouvre ou sessile (Quercus petraea) y est souvent l'essence dominante. Le chêne pédonculé (Quercus robur)  y est irrégulièrement représenté. Celui-ci est plus abondant dans des stations plus humides, où coexistent souvent des populations hybrides des deux chênes (Quercus xrosacea). C'est aux endroits les plus lumineux ou en lisière de ces forêts qu'on a le plus de chance de rencontrer le néflier et le pommier sauvage (Malus sylvestris subsp. sylvestris). D'autres essences accompagnatrices y croissent, comme le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), le peuplier tremble (Populus tremula) ou la bourdaine (Rhamnus frangula).

     

    Arbuste à feuilles caduques, de taille modeste (2 à 4 m), le néflier croît sur des sols plus ou moins acides. Son tronc est souvent peu marqué et ses branches sont tordues, étalées, portant des épines (2). Ses grandes feuilles alternes elliptiques sont entières et duveteuses à la face inférieure. Elles ont une teinte s'approchant du vert mat.

     

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    Photo: Fr. Hela, Profondeville, Mai 2010.

     

    En mai et juin, l'extrémité de ses rameaux courts arbore de grandes et jolies fleurs blanches (3-4 cm de diamètre) à cinq pétales.

     

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    Photo: Fr. Hela, Annevoie-Rouillon, Juin 2011.

     

    Les fruits toniques et astringents, appelés nèfles, couronnés par le calice persistant, sont comestibles. Les nèfles se récoltent blettent, après les premières gelées (3).

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe: Forêt domaniale), Octobre 2011.

     

    De nos jours, on mange de moins en moins de nèfles, même à la campagne, et on ne cultive plus guère le néflier qui avait pourtant le mérite de fournir en hiver des fruits riches en tanins, mucilages et matières grasses, ainsi qu'en acide citrique et malique. Ils étaient utilisés jadis, en raison de leur astringence, pour combattre les diarrhées. On  préparait des décoctions de feuilles pour soigner les aphtes et les inflammations de la gorge (J. Brosse, 2001). Le mot nèfle, anciennement nesfle, s'écrivit d'abord mesple ou mesle selon l'étymologie. A Evrehailles, il paraît qu'il y a un lieu nommé  "terre au mespelier" ou "mesplier" (G.H. Parent,2003). Le néflier y poussait-il dans le temps ou le cultivait-on?

     

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    Photo: Fr. Hela, Godinne, 29 Octobre 2011.

     

    (1) Le néflier fait partie de la Famille des Malacées (Malaceae) comme les pommiers, les poiriers, les aubépines, les sorbiers ... Les Malacées sont parfois réunies aux Rosacées (Rosaceae) avec rang de Sous-Famille.

    (2) Certains néfliers cultivés aux fruits plus gros sont inermes, c'est-à-dire sans épines.

    (3) Jadis, le néflier était cultivé pour ses fruits. On en faisait des gelées, des confitures, des pâtes de fruits, du sirop et même une petite boisson légèrement alcoolisée.