Pics

  • Le pic noir (Dryocopus martius), une expression des forces primitives de la forêt.

    Par sa forte taille, son plumage noir, ses cris puissants et extraordinaires, le géant de nos pics exerce chez moi un attrait particulier. Cet oiseau est une expression des forces primitives de la forêt sauvage, nous dit Paul Géroudet.

    Sur le chemin caillouteux montant du hameau de Tricointe à l'Airbois, je suis attentif à tout ce qui bouge, crie et chante, en cette belle journée de février. Soudain un "krukrukru" tout proche retentit. Un grand oiseau noir passe entre les arbres. On dirait une corneille noire au vol bien bizarre ! D'un tronc, à quelques mètres de moi, me parvient le bruit de griffes sur l'écorce, puis une plainte très sonore, répétée plusieurs fois, me saisit. Le pic noir paraît. Il escalade par bonds vigoureux le tronc d'arbre mort. C'est un mâle très agité, une calotte rouge flamboie sur son crâne. Je peux voir, à présent, son oeil blanchâtre à la pupille noire, son bec blanc ivoire et ses pattes grises munies de griffes puissantes.

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    Photo: Grégoire Trunet - www.oiseaux.net

    De caractère farouche, notre oiseau s'envole et passe au-dessus de la futaie en émettant, à nouveau, les "krukrukru" caractéristiques signalant ses déplacements.

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    Photo: Jules Fouarge - Aves-Natagora

    Les activités du pic noir sont ponctuées de nombreuses manifestations sonores et variées, portant à près d'un kilomètre. On ne peut pas ne pas les entendre ! Les premières approches nuptiales, assez longues, débutent très tôt et ne sauraient tarder. Dans les prochaines semaines, il y aura de l'activité dans la forêt domaniale toute proche !

     

     

     

  • Un pic mar (Dendrocopos medius) à Tricointe (Airbois), ce 29 décembre 2010.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    De la Ferme de l'Airbois, je me dirige vers le hameau de Tricointe. Sur la droite du sentier, le brouillard enveloppe progressivement le bois en pente. Des branches sombres émergent çà-et-là entre les chênes et les frênes. Quelque chose bouge sur cette branche plus claire et des tapotements irréguliers m'arrivent aux oreilles. C'est probablement une sittelle qui a l'habitude de coincer, dans des écorces rugueuses, des noisettes, des faînes ou d'autres fruits secs, afin d'en extraire, à l'aide de son bec, les éléments nutritifs. Soyons plus attentif et observons ! 

    Bien en évidence, sur une branche morte plus ou moins horizontale, un pic explore de son bec les mousses, les lichens et les anfractuosités, probablement à la recherche  de petits invertébrés. Contrairement au pic épeiche (Dendrocopos major) avec lequel il a beaucoup de ressemblance, le pic mar est un oiseau très discret et passe souvent inaperçu.  J'ai de la chance !  

    Je peux l'admirer pendant quelques minutes sans le déranger. A peu près de la taille d'un merle noir, ce pic bigarré possède une calotte rouge sur l'entièreté de la tête. Il a de grandes joues blanches dans lesquelles les yeux se détachent comme de sombres perles. Celles-ci ne sont pas enfermées dans un cadre noir comme chez le pic épeiche. Ses flancs sont striés de rayures foncées sur un fond blanchâtre et son bas-ventre ainsi que les sous-caudales sont teintés de rose. Cette couleur diminue progressivement en dégradé vers la poitrine. Le bec me paraît plus fin que celui du pic épeiche.

    D'après de nombreux auteurs, l'habitat typique du pic mar correspond aux forêts feuillues, dominées par les chênes d'une hauteur maximale de 15 mètres. Celles-ci sont régulièrement parsemées de gros et vieux arbres, aux troncs bien fournis en mousses et lichens, à écorces crevassées et présentant des branches mortes. Ces conditions idéales pour notre oiseau existent bien dans la forêt domaniale toute proche.