Orthoptères (Criquets, sauterelles, ...)

  • La Grande Sauterelle verte (Tettigonia viridissima), un grand insecte musicien !

    La Grande Sauterelle verte, appelée dans certains coins de Wallonie "coq d'aousse", compte parmi nos plus grands Orthoptères. La longueur du corps atteint 28 à 46 mm suivant le sexe, la femelle étant la plus grande. Sa grande taille, sa couleur d'un beau vert clair avec, en général, une bande dorsale brune, ses ailes dépassant longuement le corps et ses très longues antennes permettent de la reconnaître facilement.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), Septembre 2011.

     

    Adulte en été et en automne, la Grande Sauterelle verte est plutôt active l'après-midi et la nuit durant laquelle les mâles stridulent. Leurs émissions acoustiques très puissantes consistent en sons assez stridents qui paraissent distinctement hachés, audibles à environ 50 mètres. Chez nous, cette sauterelle est assez courante. C'est une espèce peu exigeante quant aux milieux de vie. On la trouve dans les friches, les jardins, les champs, aux bords des chemins ensoleillés, dans les pelouses sèches ou parmi les buissons, les broussailles et les arbustes. En général, elle grimpe lentement sur les végétaux, saute peu et vole aisément.

     

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), Septembre 2011.

     

    Le Grande Sauterelle verte est surtout entomophage. Les insectes et leurs larves essentiellement sont ses proies favorites. Les matières végétales constituent apparemment une nourriture d'appoint. Ce régime alimentaire souvent ignoré en fait un insecte très utile, notamment dans les jardins !

    La grande tarière lisse, en forme de sabre un peu courbé, longue de 27 à 32 mm, qui prolonge l'abdomen de la femelle, est impressionnante pour le profane, qui l'assimile à un dard vulnérant. En fait, il s'agit d'un organe pour pondre les oeufs dans le sol, appelé oviscapte. La  Grande Sauterelle verte peut mordre si on la manipule, mais elle est tout-à-fait inoffensive !

     

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    Oviscapte d'une femelle trouvée morte dans le centre d'Yvoir.

    Photo: Fr. Hela, 21 Septembre 2011.

     

    Les Orthoptères sont des insectes possédant généralement deux paires d'ailes très réticulées à nervation complète; la paire antérieure est plus ou moins durcies et protége les larges ailes postérieures servant au vol.

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    Tettigonia viridissima: Ailes (détails).

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, 21 Septembre 2011

     

    Les pattes postérieures plus longues que les autres leur permettent d'effectuer de grands bonds, d'où le nom de Saltatoria (du latin saltare, sauter) qu'on donne parfois à ces insectes. La grosse tête arrondie avec une face souvent verticale, le pronotum en forme de selle et la présence de pièces buccales orthognathes broyeuses sont également des caractéristiques de cet Ordre.

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    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Août 2011.

     

    Chez ces insectes, l'oeuf constitue généralement le stade de résistance à l'hiver. Les larves, qui ne se développent qu'au printemps suivant, ressemblent aux adultes si ce n'est leur taille inférieure, l'absence d'ailes et d'organes reproducteurs. Ceux-ci apparaîtront progressivement au cours des mues successives. Les Orthoptères sont donc ovipares et appartiennent au groupe d'insectes dits à métamorphose incomplète.

     

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    Grande Sauterelle verte: Stade juvénile.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe) Juin 2011.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • L'oedipode turquoise ou criquet bleu (Oedipoda caerulescens) à Yvoir.

    Les Orthoptères (criquets, sauterelles, grillons, courtillières, ...) sont des insectes qui affectionnent particulièrement la chaleur. La plupart vivent dans les régions subtropicales et tropicales. En Belgique, on n'en compte environ 70 espèces. Plus on va vers le nord, plus le nombre d'espèces se raréfie. Ce sont des insectes qui se caractérisent par leurs métamorphoses incomplètes. L'oeuf livre un insecte juvénile, réplique minuscule et aptère* du futur adulte. Celui-ci subit plusieurs mues avant de parvenir à l'état imaginal (insecte parfait). Les criquets portent des antennes courtes et épaisses. Ils sont dépourvus d'ovipositeur* ensiforme*.

    Cet été 2010, j'ai pu observer des oedipodes turquoises sur le site de Champalle et, même, sur la voie 2 de la gare d'Yvoir. C'est une espèce rare en Belgique et fort localisée. Sa taille varie de 14 à 27 mm, la femelle étant légèrement plus grande que le mâle. La coloration de cet Acridien est fort variable; les bandes foncées des élytres* sont parfois peu apparentes.

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    Oedipoda caerulescens, Yvoir (Rochers de Champalle), Juillet 2010.

    Photos: Fr. Hela. 

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    Oedipoda caerulescens se dissimule grâce à ses couleurs cryptiques. Ainsi, à Champalle, les insectes fréquentant les blocs calcaires des pelouses arborent une livrée gris pâle, tandis que ceux évoluant sur le sol meuble et brunâtre, entre les plantes, montrent une teinte ochracée.

    Au sol, le criquet bleu se déplace lentement. On le décèle surtout lorsqu'il s'envole. Alors, il déploie soudainement ses ailes postérieures bleu turquoise portant une bande marginale noire. Cela crée un effet de surprise qui ne dure pas très longtemps, car l'insecte, terminant sa trajectoire en décrivant un brusque crochet, atterrit, "disparaissant" à nouveau dans son milieu. 

    Il faut un oeil exercé pour distinguer ces insectes. Ils se confondent parfaitement avec l'aspect et la couleur du substrat où ils vivent. On les trouve habituellement dans les endroits secs, rocailleux et bien exposés au soleil.

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    Une chance ! Le criquet bleu se pose sur un arbuste nain.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Rochers de Champalle), Juillet 2010.

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    Sur le quai de la voie 2, en gare d'Yvoir !

    Photo: Fr. Hela, Juillet 2010.

     

    * Aptères: Sans ailes

    * Ovipositeur (oviscapte ou tarière): Organe de ponte situé à l'extrémité de l'abdomen.

    * Ensiforme: En forme de lame de sabre ou d'épée.

    * Elytres: Ailes antérieures étroites et rigides recouvrant les ailes postérieures   membraneuses et le corps, lorsque l'insecte est au repos.