Pic mar (Dendrocopos medius)

  • Un pic mar (Dendrocopos medius) à Tricointe (Airbois), ce 29 décembre 2010.

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    Photo: Didier Collin - www.oiseaux.net

    De la Ferme de l'Airbois, je me dirige vers le hameau de Tricointe. Sur la droite du sentier, le brouillard enveloppe progressivement le bois en pente. Des branches sombres émergent çà-et-là entre les chênes et les frênes. Quelque chose bouge sur cette branche plus claire et des tapotements irréguliers m'arrivent aux oreilles. C'est probablement une sittelle qui a l'habitude de coincer, dans des écorces rugueuses, des noisettes, des faînes ou d'autres fruits secs, afin d'en extraire, à l'aide de son bec, les éléments nutritifs. Soyons plus attentif et observons ! 

    Bien en évidence, sur une branche morte plus ou moins horizontale, un pic explore de son bec les mousses, les lichens et les anfractuosités, probablement à la recherche  de petits invertébrés. Contrairement au pic épeiche (Dendrocopos major) avec lequel il a beaucoup de ressemblance, le pic mar est un oiseau très discret et passe souvent inaperçu.  J'ai de la chance !  

    Je peux l'admirer pendant quelques minutes sans le déranger. A peu près de la taille d'un merle noir, ce pic bigarré possède une calotte rouge sur l'entièreté de la tête. Il a de grandes joues blanches dans lesquelles les yeux se détachent comme de sombres perles. Celles-ci ne sont pas enfermées dans un cadre noir comme chez le pic épeiche. Ses flancs sont striés de rayures foncées sur un fond blanchâtre et son bas-ventre ainsi que les sous-caudales sont teintés de rose. Cette couleur diminue progressivement en dégradé vers la poitrine. Le bec me paraît plus fin que celui du pic épeiche.

    D'après de nombreux auteurs, l'habitat typique du pic mar correspond aux forêts feuillues, dominées par les chênes d'une hauteur maximale de 15 mètres. Celles-ci sont régulièrement parsemées de gros et vieux arbres, aux troncs bien fournis en mousses et lichens, à écorces crevassées et présentant des branches mortes. Ces conditions idéales pour notre oiseau existent bien dans la forêt domaniale toute proche.