Scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria)

  • La Succise des prés (Succisa pratensis) dans la vallée du Bocq

    La Succise des prés, aussi appelée Mors du diable, est une plante de la Famille des Dipsacacées dans laquelle on trouve la Scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria), la Knautie des champs (Knautia arvensis), mais aussi le Genre Dipsacus représenté chez nous par le Cabaret des oiseaux (Dipsacus fullonum) et la Cardère velue (Dipsacus pilosus). Toutes ces plantes sont présentes sur le territoire de la commune d'Yvoir (B).

     

    Succisa pratensis Durnal 16-09-14 A.JPG

    La Succise des prés, plante vivace de 30 à 100 cm dont les bourgeons d'hiver se développent au niveau du sol (hémicryptophyte), fleurit, en général, de juillet à octobre.

    Photo: Fr. Hela, Durnal (zone forestière de l'Herbois), 16 Septembre 2014

     

     

    Scabiosa columbaria Warnant (Salet) 27-07-13.jpg

    La Scabieuse colombaire, Dipsacacée thermophile des pelouses sèches et parfois des rochers, préfère les substrats calcaires. Elle fleurit aussi de juillet à octobre.

    Photo: Fr. Hela, Anhée-Onhaye (Carrière des Roches de Salet et Dazia), 27 Juillet 2013

     

     

    Knautia arvensis Yvoir (Tricointe) 6-06-12.jpg

    La Knautie des champs fleurit de juin à septembre dans les prairies, les friches et sur les talus. C'est une espèce thermophile plutôt calciphile (croissant de préférence sur des substrats contenant du calcaire).

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Tricointe), 6 Juin 2014

     

     

    Dipsacus fullonum Fleurs.jpg

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Août 2014

    Dipsacus pilosus J.jpg

    Photo: Fr. Hela, Evrehailles (vallée du Bocq), Juillet 2014

    Le Genre Dipsacus fait aussi partie de la Famille des Dipsacacées. La première photo montre le Cabaret des oiseaux (Dipsacus fullonum) et, la deuxième, la Cardère velue (Dipsacus pilosus).

     

    D'après M. Tanghe (2000), Succisa pratensis fait partie du groupe socio-écologique appelé Molinion caeruleae qui comprend des prairies fauchées, non amendées, ni fertilisées, sur sols à régime hydrique alternatif sec-humide, minéral ou tourbeux, et oligotrophes (pauvres en azote minéral et surtout en phosphore).

     

    Succisa pratensis yvoir 10-09-11.jpg

    La tige de la Succise des prés est dressée et se ramifie dans le haut. Elle est pleine, de section ronde, et poilue.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir (Forêt domaniale de Tricointe), 10 Septembre 2013

     

    En Wallonie, toujours d'après cet auteur, la Succise des prés est une composante d'une association végétale des prairies assez maigres sur substrats argileux (argilicole) qui supporte des sols dont la teneur en eau est fluctuante (poïkilohygrophile). Cette association manifeste une tendance pour des substrats acides ou pour des sols à pH neutre (acido-neutrocline). Ces prairies moyennement hautes et fermées sont constituées de graminées ou de plantes ayant le port de celles-ci (Joncacées, Cypéracées), mais riches en Dicotylédones à la floraison voyante (Astéracées, Fabacées, Apiacées, ...).

     

    Succisa pratensis Gesves (Bois de Gesves) 24-08-14 A.JPG

    Photo: Fr. Hela, Gesves (Bois de Gesves), 24 Août 2014

    Les feuilles de la Succise des prés sont opposées, avec une base engainante (par soudure des deux bases opposées). Elles sont simples, entières, lancéolées ou oblongues, pétiolées avec une base en coin. Le limbe est mince, avec un bord irrégulièrement denté et un sommet pointu. Les deux faces sont poilues. Celles de la base sont en rosette.

     

    Succisa pratensis Durnal 5-06-12.JPG

    Photo: Fr. Hela, Durnal (Herbois), 5 Juin 2012

     

    Cependant, on peut aussi rencontrer la Succise dans les coupes ou au bord des sentiers forestiers, surtout sur des sols imperméables et acides, souvent en compagnie de la Molinie (Molinia caerulea), Poacée formant des touffes (cespiteuse), entre autres, dans les tourbières en voie d'assèchement, sur le plateau fagnard par exemple. A Yvoir, Succisa pratensis se rencontre çà et là en bordure de chemins forestiers, notamment en forêt domaniale de Tricointe et dans la zone forestière de l'Herbois à Durnal, mais jamais en grand nombre. C'est une espèce héliophile et donc présente, en forêt, aux endroits ensoleillés ou de demi-ombre.

     

    Succisa pratensis Durnal 16-09-14.JPG

    Les fleurs de la Succise des prés sont regroupées en capitules isolés ou en groupe lâche. En faitce qui paraît être une fleur unique est en réalité un amas de fleurs élémentaires, regroupées sur un plateau (le réceptacle). Elles sont mauves, rarement roses ou blanches, toutes semblables entre elles, groupées en capitules hémisphériques. Les fleurs possèdent des corolles en tube à 4 lobes bien marqués et 4 étamines saillantes, soudées à la corolle.

    Photo: Fr. Hela, Durnal (Carrières du Cul du Four), 16 Septembre 2014

    Succisa pratensis Couthuin 24-09-13 Ph. Vanmeerbeeck.jpg

    Les fleurs de la Succise peuvent être blanches, mais cela semble rare.

    Photo: Ph. Vanmeerbeeck, Couthuin, 24 Septembre 2013

     

    Dans notre commune, les stations les plus remarquables et plus ou moins étendues se situent dans la vallée du Bocq (Durnal) et, plus précisément, dans le fond de certaines carrières désaffectées (Carrières du Cul du Four), sur sols siliceux, argileux ou caillouteux, dont le degré d'humidité est variable. Le substrat géologique semble être constitué de grès du Famennien.

     

    Succisa pratensis Durnal 16-09-14 C.JPG

    Photo: Fr. Hela, Durnal (Carrières du Cul du Four), 16 Septembre 2014

     

     

    Les beautés naturelles de notre région sont variées et, parfois, rares. C'est à nous, naturalistes, de les inventorier afin de mettre au point une action de protection et de sensibilisation. Et puis, on peut rêver peut-être au retour d'un papillon qui, en Wallonie, est considéré comme "en danger critique" et dont la chenille, dans les milieux humides, se nourrit principalement de la Succise des prés ! Je n'ose ici le nommer. C'est le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia) !

     

    800px-Euphydryas_aurinia J. REIS.jpg

    Photo: J. Reys

     

    Documents consultés

     

    Goffart Ph.: "Le Damier de la succise Euphydryas aurinia (Rottemburg, 1775)", in Bulletin de la Société Royale Forestière de Belgique - 2005.

    Lambinon J. et Verloove F.: "Nouvelle Flore de la Belgique, du G.-D. de Luxembourg, du Nord de la France et des Régions voisines " Ptéridophytes et Spermatophytes - Sixième Edition du Jardin botanique national de Belgique - B-1860 Meise, 2012.

    Rameau J.-C., Mansion D. et Dumé G.: "Flore forestière française" - 1 Plaines et collines - Ed. Institut pour le développement forestier (F), 1989.

    Tanghe M.: "Groupes socio-écologiques des formations herbacées et sous-arbustives de la Wallonie" - Inédit, 2000.

    Tanghe M., Godefroid S. et Vancraenenbroeck M.: "Flore et végétation des bords de routes en Wallonie" Ed. Région wallonne (DGRNE et DNF) - Travaux n°28, 2005.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Un Aster méridional rare, à Houx-sur-Meuse: Aster linosyris.

    Les chiffres entre parenthèses dans le texte invitent le lecteur à prendre connaissance d'informations complémentaires en fin de note.

    En cette journée de mi-septembre, je décide d'examiner attentivement les quelques plantes encore en fleurs croissant sur les zones rocheuses calcaires, à proximité du cimetière de Houx-sur-Meuse. En cette fin d'été, quelques Oeillets des chartreux (Dianthus carthusianorum) (1), des Herbes à l'esquinancie (Asperula cynanchica) (2) et des Scabieuses colombaires (Scabiosa columbaria) (3) colorent l'endroit. Là, le rocher est couvert de capitules jaune or ! C'est un beau peuplement d'Asters linosyris !

     

    Aster linosyris Houx-sur-Meuse 17-09-11 H.JPG

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    Cet Aster est une espèce thermophile (4) des pelouses sèches et des rochers, souvent en des lieux riches en calcaire. Généralement abondant dans ses localités, Aster linosyris (5), originaire d'Europe méridionale et médiane, est une espèce rare à très rare en Belgique. La Commune d'Yvoir compte plusieurs stations bien fournies dont celles situées sur le site des Rochers de Champalle.

     

    Aster linosyris Houx-sur-Meuse 17-09-11 G.JPG

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    De nombreux Asters sont cultivés pour l'ornement des jardins. Ils sont mieux connus du grand public. Certains se rencontrent parfois dans la nature à l'état subspontané (6) ou naturalisé (7). La plupart d'entre eux sont originaires d'Amérique du Nord. Il existe aussi de nombreux cultivars, souvent d'origine horticole.

     

    Aster cultivé Yvoir 19-09-11.jpg

    Un Aster originaire d'Amérique du nord, souvent cultivé dans les jardins.

    Photo: Fr. Hela, Yvoir, Septembre 2011.

     

    Dans notre pays, les Asters croissant spontanément sont rares. Avec l'Aster maritime (Aster tripolium) des vases et prés salés du littoral et Aster linosyris, nous avons fait le tour du Genre en Belgique. Aster linosyris fleurit assez tard. D'août à novembre, certains rochers se parent de centaines de fleurs jaunes. En regardant attentivement une "fleur", on peut s'apercevoir qu'il s'agit d'un ensemble de petites fleurs tubulées réunies sur un réceptacle commun, appelé capitule. Notre Aster fait partie de la grande Famille des Astéracées (anciennement Composées) comme les marguerites, les pissenlits, les centaurées, les épervières, les carlines et bien d'autres.

     

    Aster linosyris Houx-sur-Meuse 17-09-11.JPG

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    La plante d'une hauteur de 30 à 50 cm à des tiges ramifiées dans la partie supérieure et des feuilles linéaires (8), nombreuses et rapprochées, larges au maximum de 2mm.

     

    Aster linosyris Houx-sur-Meuse 17-09-11 F.JPG

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    (1) Parce qu'il aurait été cultivé en Chartreuse où il ornait les jardins d'un prestigieux monastère, cet oeillet porte un nom évocateur. Aujourd'hui, cette plante égaye les pelouses calcaires et les rochers ensoleillés de la Haute-Meuse de ses quelques fleurs d'un rose rouge intense.

     

    Dianthus carthusianorum K.jpg

    L'oeillet des Chartreux (Dianthus carthusianorum)

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    (2) Petite Rubiacée, proche parente des gaillets et de l'aspérule odorante, l'herbe à l'esquinancie (Asperula cynanchica) abonde à certains endroits dans nos pelouses sèches et nos rochers. C'est une espèce qui aime les sites ensoleillés et chauds, croissant de préférence sur un substrat contenant du calcaire.

     

    Asperula cynanchica Yvoir 25-07-11.jpg

    L'herbe à l'esquinancie (Asperula cynanchica)

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    (3) La scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria) est assez répandue dans notre région. Elle fleurit de juillet à octobre dans les pelouses sèches et parfois sur les rochers. C'est une espèce thermophile qui pousse exclusivement sur des substrats contenant du calcaire.

     

    Scabiosa columbaria Houx-sur-Meuse 9-08-11.jpg

    La scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria)

    Photo: Fr. Hela, Houx-sur-Meuse, Septembre 2011.

     

    (4) Une plante thermophile croît de préférence dans des sites chauds et ensoleillés.

    (5) Une forme naine et trapue d' Aster linosyris pousse sur quelques falaises rocheuses maritimes battues par les vents, en Bretagne; le port de la plante exprime son adaptation à un biotope où la forme typique d'Aster linosyris ne pourrait survivre. Elle semble génétiquement fixée et a reçu le nom d'Aster armoricanus (Aline Raynal-Roques, in "La botanique redécouverte" - Ed. Belin, 1994, page 87).

    (6) et (7) Une plante subspontanée est une plante cultivée, échappée des jardins, des parcs ou des champs, ne persistant souvent que peu de temps dans ses stations ou du moins ne se propageant pas en se mêlant à la flore indigène. Si c'est au contraire le cas, elle sera dites naturalisée ou en voie de naturalisation. 

    (8) Une feuille linéaire est une feuille  longue et très étroite, à bords plus ou moins parallèles.